Comment aurais-je pu résister à une couverture pareil ? Ce petit chat à l'air bien curieux n'est pas celui que l'on rencontre dans le livre, mais la personnalité bien particulière de Grendel était tout de même bien amusante. Mais cette histoire, c'est celle de Maggie, une trentenaire qui après une défaite professionnelle, cherche encore ce qu'elle pourrait bien faire de sa vie. Pas très proche de ses parents, elle a bien des amis, comme Dizzy, ami d'enfance et ancien collègue de travail et aussi Hugo, ce gentil monsieur à l'âme bohème, voisin et propriétaire d'une librairie de livres usagés. Grande amoureuse de la lecture, Maggie passe son temps à flâner au Dragonfly, en attendant de trouver des réponses qu'elle n'est pas tant pressée de connaître. Fan de romance, elle a bien eu quelques aventures, mais elle n'attend pas le prince charmant et on pourrait même dire que l'amour lui fait un peu peur ou la rend perplexe. Lorsqu'elle découvre une correspondance amoureuse dans les pages d'un livre, c'est ainsi que sans le savoir, son histoire à elle prendra des chemins inattendus.
Outre le chat sur la couverture, c'est tout de même le résumé qui m'a convaincu de lire ce livre. Ça me semblait parfait pour une amoureuse de la lecture comme moi. Quand j'ai débuté le récit, j'ai cru que j'allais adorer ce livre. Probablement parce que je me suis reconnue dans cette jeune femme qui ne sait pas toujours comment gérer ses émotions et qui adore lire des romans d'amour. Puis, au milieu du roman, lorsque j'ai compris que les choses n'allaient pas se dérouler comme je l'avais espéré, j'ai commencé à penser que finalement, j'allais être déçue, bien que la lecture était agréable. Et ensuite sont arrivés les moments de surprise et aussi de tristesse, mais qui sont généralement utiles pour faire avancer les personnages et alors, j'en ai finalement conclu que ce bouquin avait fait son travail : celui de faire éprouver des émotions au lecteur/lectrice. On sent l'amour des mots et de la lecture dans l'écriture de l'auteure. Ma critique pourrait laisser croire que je suis indécise sur mon appréciation du livre, mais après avoir terminé la dernière page, je n'avais plus de doute ; à la fois charmant et touchant, avec une petite touche d'humour, Le Coeur Entre Les Pages a ce petit je-ne-sais-quoi que l'on ne retrouve que dans les livres, tout en nous proposant une romance (et des amitiés) bien ancrée dans la vraie vie.
"La couverture était illustrée d'une rousse flamboyante dont la poitrine débordait d'une robe élisabéthaine. Un homme torse nu avec une coupe de cheveux à la Bon Jovi millésime 1996 se tenait en retrait et la fixait d'un oeil menaçant. Ou passionné ? Je vous jure, parfois j'étais incapable de trancher."
"À la télé, des gens en larmes quittent leur boulot au milieu des étreintes et des adieux en emportant un carton d'où dépasse une plante verte. Dans la réalité, vous arrivez un beau matin et trouvez un chèque de deux semaines de salaire avec votre nom écrit de travers et un vigile qui inspecte votre sac à la sortie."
"Il me fallait en général sept ou huit pages pour effectuer le trajet entre le Dragonfly et mon appartement, soit deux de moins qu'il n'en faut pour se faire servir un Savage Hammerhead Mocha au Cuppa Joe, et trois de plus pour qu'arrive une commande de porc moo shu à emporter au petit chinois du coin."
"Les mots semblaient s'étirer et se contracter dans l'écriture de Henry et de Catherine, des mots semblables à ceux des romans que j'avais lus toute la journée au Dragonfly. Étreinte, désir, attente... Des mots de livres, pas des vrais mots comme en utilisaient, ou n'en utilisaient plus, les vrais gens."