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Bourgeois contre Bohèmes, c'est donc fini, et le troisième millénaire voit l'avènement d'une nouvelle classe dominante : les "bourgeois-bohèmes", ou Bobos. Les Bobos ont réuni en une culture hybride le monde bohème de la créativité et le royaume bourgeois de l'ambition et de la réussite matérielle. Leur maître mot est le plaisir quand il s'agit du travail, et la conscience pour ce qui est du shopping, activité quintessencielle du bourgeois dont les Bobos ont fait une action philosophico-sociale. Ils ont participé à la définition d'un nouveau capitalisme "éclairé" où les hiérarchies sont plus souples et l'ambiance plus détendue. Dans le monde bobo, on travaille les week-ends, mais sans cravate, et on peut amener son chien au bureau.
David Brooks, journaliste américain, se définit lui-même comme un Bobo heureux. Il croque avec brio et une bonne dose d'humour les traits de notre société de communication, faite d'Internet, de stock-options, de meubles ethnico-rustiques et de clubs de sport, où il est "devenu impossible de distinguer un artiste sirotant un espresso d'un banquier avalant un cappuccino".
La cooptation des cultures opprimées est un autre élément de cette pratique. L'ancienne élite a beau avoir copié le style des aristocrates européens ou des maîtres coloniaux, les Bobos préfèrent les victimes coloniales. Si vous visitez une maison super sophistiquée, vous trouverez un curieux mélange d'objets fabriqués qui n'ont rien en commun, à part les représailles qu'ont subies leurs créateurs. Un masque africain se trouvera à côté d'une statue inca sur un tapis de table en tissus samoan, brésilien, marocain ou tibétain.--Maya Kandel
314 pages, Paperback
First published January 1, 2000