Dans une maison, derrière une fenêtre, deux femmes parlent. Nous entendons. Elles parlent lentement, entre de longs silences, cherchent leurs mots, les trouvent ou ne les trouvent pas, se taisent encore, essayent d’autres mots, se contredisent, se coupent, oublient le magnétophone, essayent de se souvenir, essayent de parler, avancent, se perdent, se retrouvent, se perdent encore, mais avancent toujours, sans modèle, sans plan, sans prudence et, pour la première fois peut-être, sans la peur du CENSEUR. D’où vient que ces propos soient publiés dans leur état premier ? qu’on les livre sans correction aucune ? qu’on ose proposer à la lecture cette incohérence, ce désordre, cette confusion, cette opacité, ces redites, ce piétinement de la parole ? D’où vient que ce qui n’est pas du tout écrit, remanié, mis en forme, élucidé, fascine à ce point ? Quel est le mystère de cet écrit de la parole ? Est-ce parce qu’il est, enfin, celui de la femme ? celui à venir ? M. D.
Marguerite Germaine Marie Donnadieu , known as Marguerite Duras, was a French novelist, playwright, screenwriter, essayist, and experimental filmmaker. Her script for the film Hiroshima mon amour (1959) earned her a nomination for Best Original Screenplay at the Academy Awards.
Il faut bien connaître l'oeuvre de Duras pour apprécier ce livre. Elle y parle de ses personnages fétiches, de ses lieux favoris dans ses films et ses romans, et de sa vision du monde en général, dans un dialogue avec Xavière Gauthier. Bien que j'ai lu moi-même plus d'une dizaine de livres de Duras, j'ai quand même eu du mal avec le dialogue, entre autre parce que Gauthier tend à idolâtrer sa vis-à-vis, à encenser tout ce qu'elle dit plutôt que de lui donner vraiment la répartie. Ça devient stérile et presqu'indécent à la longue.