Une nouvelle BD adaptée d’un classique de Tolstoï est franchement plutôt bien réussie. Alors on se retrouve certes dans notre monde, mais la Sibérie du XIXe siècle, c’est tout nouveau pour moi et (j’imagine) la plupart des lecteurs. On découvre au travers de cette BD une période complexe et un monde particulier qu’est la Sibérie. Au travers des dessins de l’auteur on découvre de nombreux paysages différents, avec des éléments spécifiques qui offrent un écrin particulièrement juste à cette histoire. En effet, les dessins sont marqués par un style particulier qui offrent un cadre sympa et fixe dans notre esprit l’univers qui nous est proposé. De ce fait, si on explore que peu l’univers, puisqu’on ne voyage pas beaucoup, on se retrouve tout de même propulsés dans cette histoire avec aisance.
L’histoire qui nous est présentée est assez simple et directe, mais ne manque pas d’élégance. En effet, l’intrigue n’est pas des plus complexes, mais elle reste agréable à suivre : les pérégrinations d’un homme qui cherche à obtenir plus de terres pour lui et sa famille et donc s’enrichir qui découlent sur une conclusion des plus terre à terre. J’ai trouvé par ailleurs le final excellent car c’est à ce moment là que toute l’ironie qui réside dans le titre de la BD se déploie. En outre, les actions qui parsèment le récit permettent d’apporter un rythme agréable qui motive le lecteur à poursuivre sa lecture. Il n’y a certes qu’une seule intrigue, mais elle reste assez intéressante pour ne pas ennuyer le lecteur avant le final.
Les personnages sont par ailleurs plutôt bien réussis, bien qu’ils ne soient pas nombreux. On découvre pas mal de personnages au fil de la série, mais la plupart semblent peu développés : puisqu’il n’y a pas vraiment d’intrigue secondaire, seul le personnage principal compte, ce qui donne pour les autres une impression d’être uniquement des pantins utilisés en faveur du personnage principal. Ce dernier est certes assez bien façonné, même si j’ai eu du mal à m’attacher à ce dernier. Sa personnalité est peu présente en profondeur, mais elle a tout de même le mérite d’être présente. De plus, aucune relation ne se tisse au fil de la lecture, puisque tous les personnages se connaissent, mais elles ont au moins le mérite d’évoluer quelque peu face aux actions de cet homme et surtout face à ses aspirations.
La plume de l’auteur est également particulière. D’abord, il est important de garder à l’esprit qu’il s’agit d’une adaptation d’une nouvelle déjà écrite par Tolstoï, ce qui laisse peu de place à l’improvisation dans ce cas présent. Néanmoins, il arrive à donner vie à cette histoire grâce à ses dessins. Alors ils sont peut-être particuliers avec ce style bien à lui, mais ça ne m’a pas dérangée outre mesure. De plus, j’ai plutôt bien aimé la façon dont il arrive à mettre en place une atmosphère chaleureuse mais adaptée au roman et aux actions qui sont présentées. Elle arrive à englober le récit et le lecteur afin de le faire s’immerger dans cette lecture au plus profond et de leur permettre de poursuivre sans aucun soucis la lecture de ce livre.
Une bonne adaptation d’un classique russe