Quelle belle lecture !!
Doan Bui, journaliste spécialisée dans les sujets d'immigration, dresse ici un portrait intimiste de sa famille, et plus particulièrement de son père, dont le passé mystérieux est lié à la guerre du Vietnam et aux problématiques du déracinement.
Le livre m'a été conseillé par d'autres descendants vietnamiens de 2e génération, et il semble que l'image du père distant est assez commune dans la culture de la diaspora. Comme eux, j'ai retrouvé des traits de ma propre famille dans cette courte fresque de l'immigration vietnamienne en France. Les questions de la quête identitaire, le fait de se sentir à la fois complètement en décalage avec ses origines et en même temps de passer sa vie à essayer de les retrouver, le racisme latent tut et intériorisé, la culture du travail jusqu'à en devenir toxique... La description de l'atmosphère du Vietnam était également très poétique et vibrante. J'ai particulièrement aimé les passages décrivant sa relation avec ses filles, et aussi la relation entre ses filles et leur grand-père qui est des plus touchantes.
Si je peux reprocher une chose à Doan Bui, c'est peut être ces trop fréquents et peu subtiles rapprochements entre sa vie et des grands classiques de la littérature française. L'intention est intéressante mais dans l'exécution, ces passages faisaient assez peu de sens et avaient l'air forcés, comme si l'autrice avait une liste de titres à caser dans le récit afin de donner de la légitimité à son propos.
Néanmoins je ne peux que recommander ce petit livre, court mais rempli d'émotions, qui analyse avec amour et poésie les relations familiales au sein de la diaspora vietnamienne.