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The Origins of Totalitarianism #1-3

Les Origines du totalitarisme / Eichmann à Jérusalem

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Librarian note: Alternate cover edition of ASIN 2070758044

"Les origines du totalitarisme", ouvrage paru en trois volumes en français chez trois éditeurs différents, réunis ici en un seul volume comme dans l'édition américaine, constitue le coeur de l'oeuvre de Hannah Arendt. Le texte est accompagné d'un dossier critique, d'oeuvres complémentaires et de correspondances.

1632 pages, Paperback

First published January 1, 1963

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About the author

Hannah Arendt

407 books4,902 followers
Hannah Arendt (1906 – 1975) was one of the most influential political philosophers of the twentieth century. Born into a German-Jewish family, she was forced to leave Germany in 1933 and lived in Paris for the next eight years, working for a number of Jewish refugee organisations. In 1941 she immigrated to the United States and soon became part of a lively intellectual circle in New York. She held a number of academic positions at various American universities until her death in 1975. She is best known for two works that had a major impact both within and outside the academic community. The first, The Origins of Totalitarianism, published in 1951, was a study of the Nazi and Stalinist regimes that generated a wide-ranging debate on the nature and historical antecedents of the totalitarian phenomenon. The second, The Human Condition, published in 1958, was an original philosophical study that investigated the fundamental categories of the vita activa (labor, work, action). In addition to these two important works, Arendt published a number of influential essays on topics such as the nature of revolution, freedom, authority, tradition and the modern age. At the time of her death in 1975, she had completed the first two volumes of her last major philosophical work, The Life of the Mind, which examined the three fundamental faculties of the vita contemplativa (thinking, willing, judging).

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Profile Image for Yves S.
49 reviews9 followers
December 21, 2023
Je ne m’engagerai pas à résumer la totalité de cette œuvre, qui contient trois œuvres à part entière : l’Antisémitisme, l’Impérialisme et le Totalitarisme (Je ne couvrirais pas Eichmann ici). Ce serait impossible. Je dirais simplement que cette œuvre est sans conteste un monument majeur de la pensée du vingtième siècle, le siècle bien sûr ou ces trois « ismes » ont atteints les sommets de leur influence et de leurs monstruosités.
Je me contenterais alors simplement de rapporter quelques réflexions que je fis en traversant l’immense ampleur de cette œuvre maitresse.

Tout d’abord sur la France et sa destinée.

La France a cessé d’être une grande nation en 1918. La Révolution française, les idées de liberté qu’elle portait, ont tenus de 1789 à 1918. L’affaire Dreyfus fut le moment ou la foi en l’égalité des citoyens face a la loi fut ébranlée et, avec elle, celle en la République qui était la représentation de cette égalité. A ce moment clé de l’histoire française deux clans, qui existaient déjà depuis au moins la Révolution se sont consolidés autour de l’Affaire : les défenseurs de la République devenus les dreyfusards et défenseurs de l’aristocratie et du clergé devenus les anti-dreyfusards, ces derniers, anti-républicains, anti-démocratiques et antisémites. Tous les maréchaux qui firent plus tard l’histoire honteuse de la France en 1914-1918 (Foch, Pétain, Lyautey, Fayolle et Joffre) ont été crées par cet antidreyfusisme clérical et anti-républicain.

De ce fait les péripéties judiciaires de l’affaire Dreyfus prirent une dimension historique, lourde de conséquences, excédant de beaucoup une défection du système judiciaire. C'était la manifestation, le « coming out » devrais-je dire, d'un antisémitisme profondément enraciné dans la société française et qui avait traversé toute l'histoire de ce pays depuis le Moyen Âge mais qui avait toujours été caché et n'avait jamais aussi publiquement montré son affreux visage.

Ensuite l’impérialisme américain.

D’après Hannah Arendt ce qui distingue l’impérialisme américain de l’impérialisme des nations européennes issue du colonialisme c’est que celui des nations européennes était poussé par le besoin d’extension des nations mères dont les ressources métropolitaines ne suffisaient plus au profit de la nation même. L’impérialisme anglais, par exemple, était fondé sur la nécessité d’un contrôle mercantile, un contrôle du profit.

L’impérialisme américain que nous connaissons aujourd’hui (ou du moins en 1967 lorsque Arendt écrivait sa préface a l’Impérialisme) est fondé sur la nécessité d’un contrôle politique au-delà d’un contrôle du profit. Et de fait les Etats Unis sont à peu près la seule nation pouvant se permettre d’assurer à perte ce contrôle politique. Ses interventions budgétaires par-delà le monde ne sont pas profitables car elles génèrent des dettes que les pays en développement contractent et ne peuvent pas, et ne pourront jamais, payer. Mais seulement ces dettes, rendant ces pays redevables, représentent un atout clé a la domination politique et géopolitique mondiale.

Finalement la transformation de la société.

La lecture de l’œuvre d’Arendt, que par coïncidence je faisais presque simultanément avec celle de Julien Benda La Trahison des Clercs, me conduisirent à apercevoir un concept visant à envisager la transformation de la société européenne depuis les grandes révolutions, d’une base éternelle ou universelle a une base individuelle. Arendt s’étend aussi beaucoup là-dessus dans La Condition De L'Homme Moderne (French Edition) by Hannah Arendt.

Par le biais de la littérature Julien Benda dénonce farouchement le nouveau culte de l’individu qui revient en gros à perdre le message universel que l’œuvre littéraire devrait apporter.

Depuis le XVIIIe siècle il se peut que l’humanité soit arrivée à maturité. La nature est explorée rationnellement et les mythes et les superstitions anciens qui formaient la base, les limites et d’une certaine manière la stabilité de l’humanité sont irrémédiablement détruits. L’Homme découvre que tout est possible car il est le seul maitre de ses droits, de sa destinée et, en ce qui concerne les régimes totalitaires, de l’horreur et du meurtre qu’il peut infliger à ses semblables.

La stabilité des mythes divins qui a précédé cette prise de conscience, donnait une limite au possible, la colère et la peur de Dieu donnait la plupart du temps une limite aux aspirations tyranniques. L’Homme a découvert que cette limite était factice. Voilà ce que l’antisémitisme, l’impérialisme et leur couronnement, le totalitarisme nous ont fait comprendre depuis le milieu du 19e siècle jusqu'a son apogée au 20e siècle.

En conséquence de sa découverte qu’il est le seul maitre de sa destinée, l’Homme a découvert les camps de concentration. Il a aussi découvert la bombe atomique et donc le moyen d’être maitre de sa destinée jusqu’à sa propre destruction totale et instantanée. Aucunes peurs du divin ou de l’absolu ne peut plus mettre un frein a ses actions.

Il découvre aussi de nos jours, qu’une part de son contrôle total, veut dire qu’il est aussi maitre de son environnement sur lequel il a le pouvoir de vie ou de mort. La seule et unique chose qu’il ne contrôle pas encore c’est ce contrôle même et rien ne laisse paraitre qu’il saura arrêter à temps cet inexorable course à sa propre perte.

Car notre survie est désormais une course contre la montre désespérée, une course entre, d'un côté, l'érosion dans tous les domaines conduisant à la lente (ou peut-être pas si lente) extinction de l'humanité et de sa planète hôte et, de l'autre côté, la reconquête par l'humanité d'une maîtrise positive et constructive de son propre destin. Cela ne peut et ne doit être fait que par l’Homme lui-même, aucun Dieu ou créature divine d’aucune sorte ne le fera pour lui. Seule la race humaine peut mettre un terme à cette autodestruction. Un effort prométhéen pour nous tous Sisyphes des temps modernes.
Profile Image for Louis Chatelet.
111 reviews
November 28, 2018
Hannah Arendt, philosophe juive d'origine allemande, réfugiée aux États-Unis et auteur d'un livre sur Les Origines du totalitarisme, offre au journal The New Yorker d'agir comme envoyée spéciale pour couvrir le procès d'Adolf Eichmann, criminel de guerre nazi, auquel elle assiste à Jérusalem en 1961 et 1962. L'accusé n'est pas comme elle s'y attendait ; c'est un homme « insignifiant ». Le procès fait une large place aux « isme », nazisme et antisémitisme mais, elle, veut comprendre le rapport entre l'homme et ses propres actes. Ainsi, dans une série d'articles elle soutient que Adolf Eichmann a abandonné son « pouvoir de penser » pour n'obéir qu'aux ordres, il a renié cette « qualité humaine caractéristique » qui consiste à distinguer le bien du mal, et, en n'ayant « aucun motif, aucune conviction (personnelle) », aucune « intention (morale) » il est, dit Arendt, devenu incapable de former des jugements moraux. D'un point de vue philosophique, ce qui est en cause dans les actes affreux qu'il a commis n'est donc pas tant sa méchanceté que sa « médiocrité » - d'où l'expression « banalité du mal ».

Selon elle, pour Eichmann, il a joué à plein[Quoi ?] à partir de la conférence de Wannsee, en 19421. Arendt rejette complètement l'accusation de ses détracteurs qui l'accusent de défendre Eichmann, car, dit-elle, "comprendre ne veut pas dire pardonner" et, d'ailleurs, il est à ses yeux impardonnable.[réf. nécessaire]

En phase avec les remarques de Victor Klemperer sur le développement des stéréotypes en milieu nazi, Hannah Arendt montre que l'usage des clichés de langage diminuent la conscience des actes. Ces expressions toutes faites, utilisées mécaniquement, empêchent l'imagination, elles entrainent une incapacité à être affecté par ce que l'on fait et, la personne se drapant dans un aspect banal, entretiennent l'absence de pensée.

Ce concept pose des questions essentielles sur la nature humaine : l'inhumain se loge en chacun de nous. Dans un régime totalitaire, ceux qui choisissent d'accomplir les activités les plus monstrueuses ne sont pas si différents de ceux qui pensent en être incapables. Continuer à « penser » (c'est-à-dire s'interroger sur soi, sur ses actes, sur la norme) est la condition pour ne pas sombrer dans cette banalité du mal ou encore dans la « crise de la culture ». Dans un régime totalitaire, cela est rendu plus difficile par l'idéologie, la propagande et la répression.[réf. nécessaire]

Aujourd'hui l'imprégnation idéologique des exécuteurs est considérée comme plus importante que ce qu'en pensait Hannah Arendt dans les années 1960. Les SS étaient persuadés que «le juif » était l'ennemi de l'Allemagne et que si on ne le détruisait pas, c'est l'Allemagne qui serait anéantie. La thèse d'Arendt avait déjà été combattue par des chercheurs comme Max Weinreich dès le Procès de Nuremberg.

Cependant Hannah Arendt comprend l'absence de pensée comme étant, non pas une fatalité imposée de l'extérieur par quelque force insurmontable, mais le résultat d'un choix personnel, de l'ordre de la démission. Penser est une faculté humaine, son exercice relève de la responsabilité de chacun. Eichmann, selon elle, a forcément choisi d’arrêter de penser, voilà pourquoi il reste coupable, l'obéissance mécanique n'étant, dans cette situation, pas une excuse.

La banalité : ce terme indique aussi que le mal est partout dans la société. Toute une société se met, de façon commune, à accepter une étiquette morale sans entretenir de réflexion à son sujet. La société adhère à un système normatif et cesse de comprendre son contenu. Puis, sous diverses pressions, ce contenu évolue, pouvant même devenir l'inverse de ce qu'il était : "tu tueras ton prochain" pour le IIIe Reich,, ou "tu porteras de faux témoignages contre ton prochain" pour l'URSS sous Staline. Cette évolution peut se produire très brutalement : en une nuit, dit Hannah Arendt, et il ne reste plus que l'habitude de tenir fermement à quelque chose. Hannah Arendt a montré pourquoi la pensée humaine était un rempart contre le totalitarisme.

Et la comparution devant un tribunal permet de mettre un terme à cette absence de pensée, à cette banalité du mal, car l'accusé n'y apparait plus et ne s'y pense plus comme un rouage d'un État tout puissant, mais comme un individu pensant qui doit répondre de ses propres actes. L’obéissance à des ordres n'est jamais mécanique, car en politique l’obéissance a le même sens que le mot soutien. Voilà pourquoi, chacun est personnellement redevable, possiblement coupable, de ses actes. Il peut y avoir une responsabilité collective, mais la culpabilité s'examine à l'échelle de chaque individu.
Profile Image for Samuel Croteau.
106 reviews1 follower
August 18, 2025
Je ne m'attendais pas à ce que l'auteure analyse les causes de la Deuxième Guerre mondiale dans les intrigues de romans. Cela m'a incité à lire Proust et Kipling.
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