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132 pages, Paperback
First published January 1, 1904
La première nuit à la caserne fut une triste nuit pour moi, habitué à coucher dans les meules de foin et de paille, dans les étables ou dans des lits clos. Je trouvais bien étroit mon lit militaire et aussitôt que je voulais m'endormir, il me semblait que je roulais dans un précipice ;
Le caporal, quoique connaissant parfaitement la cause du phénomène, n'en avait jamais vu, sinon de petits tourbillons d’air comme on en voit partout, soulevant la poussière et quelquefois même de petits tas de paille et de foin. Les Bretons appellent ces tourbillons guerven et croient qu'ils sont produits comme les tempêtes par les âmes des méchants riches.
Le vieux Rospart avait pris Marie-Yvonne, sa nièce, par le bras, la poussa vers moi, en lui disant :
« Tiens ma nièce, voilà ton bon ami, qui sera mon neveu, n'est-ce pas vrai mon sergent ? »
La fille, qui savait bien qu'elle ne pouvait choisir le mari qui lui conviendrait, répondait dans ce langage moqueur particulier aux Bretons, que c'était bien moi qu'elle avait toujours vu dans ses rêves. Si elle n'était pas encore mariée, c'était parce qu'elle m'attendait.