Fille d’un prince roumain, héroïne du Paris aristocratique du début du siècle, Anna de Brancovan, comtesse de Noailles, est l’auteur de neuf recueils de vers, de trois romans et de poèmes en prose dont on trouvera ici le meilleur. Sa poésie, très autobiographique, est d’une sensibilité universelle. Elle nous permet de partager son amour de la nature, mais aussi les élans et les tourments d’une femme passionnée, aux enthousiasmes communicatifs. Par la magie d’une langue musicale et racée, Anna de Noailles nous touche au cœur. Son œuvre, éblouissante, est une partie de notre mémoire, de notre vie.
Born Princess Anna Elisabeth Bibesco-Bassaraba de Brancovan in Paris, she was a descendant of the Bibescu and Craioveşti families of Romanian boyars. Her father was Prince Grégoire Bibesco-Bassaraba, a son of Wallachian Prince Gheorghe Bibesco and Zoe Mavrocordato-Bassaraba de Brancovan. Her Greek mother was the former Ralouka (Rachel) Mussurus, a musician, to whom the Polish composer Ignacy Paderewski dedicated several of his compositions. Via her mother, Anna de Noailles is a great-great-granddaughter of Sophronius of Vratsa, one of the leading figures of the Bulgarian National Revival, through his grandson Stefan Bogoridi, caimacam of Moldavia.
In 1897 she married Mathieu Fernand Frédéric Pascal de Noailles (1873–1942), the fourth son of the 7th Duke de Noailles. The couple soon became the toast of Parisian high society. They had one child, a son, Count Anne-Jules de Noailles (1900–1979).
So popular was Anna de Noailles that various notable artists of the day painted her portrait, including Antonio de la Gandara, Kees van Dongen, Jacques Émile Blanche, and the British portrait painter Philip de Laszlo. In 1906 her image was sculpted by Auguste Rodin; the clay model can be seen today in the Musée Rodin in Paris, and the finished marble bust is on display in New York's Metropolitan Museum.
She died in 1933 in Paris, aged 56, and was interred in the Père Lachaise Cemetery. She was a cousin of Prince Antoine Bibesco, Princess Martha Bibescu and Elena Văcărescu.
Anna de Noailles was the first woman to become a Commander of the Legion of Honor, the first woman to be received in the Royal Belgian Academy of French Language and Literature, and she was honored with the "Grand Prix" of the Académie Française in 1921.
J’ai trop lutté, je me résigne. Quelle circonstance était digne De tant de souffrances insignes? Certes les malheurs éclatants Du corps, de l’âme, sont autant De témoignages et de signes Qui parent l’être courageux.
Sache élever au-dessus d’eux La noblesse d’un col de cygne.
Être ainsi que la lune et le soleil levant Les hôtes du jour d'or et de la nuit limpide; Être le bois touffu qui lutte dans le vent Et les flots écumeux que l'ouragan dévide!
La joie et la douleur sont de grands compagnons, Mon âme qui contient leurs battements farouches Est comme une pelouse où marchent des lions... J'ai le goût de l'azur et du vent dans la bouche.
Et c'est aussi l'extase et la pleine vigueur Que de mourir un soir, vivace, inassouvie, Lorsque le désir est plus large que le cœur Et le plaisir plus rude et plus fort que la vie... »
Exaltation
« … Mourir baignant ses mains aux fraîcheurs du feuillage. Joignant ses yeux aux yeux fleurissants des bois verts, Se mêlant à l'antique et naissant univers Ayant en même temps sa jeunesse et son âge.
S'en aller calmement avec la fin du jour; Mourir des flèches d'or du tendre crépuscule, Sentir que l'âme douce et paisible recule Vers la terre profonde et l'immortel amour.
S'en aller pour goûter en elle ce mystère D'être l'herbe, le grain, la chaleur et les eaux, S'endormir dans la plaine aux verdoyants réseaux, Mourir pour être encor plus proche de la terre... »
La mort fervente
« Nuits où meurent l'azur, les bruits et les contours, Où les vives clartés s'éteignent une à une, Ô nuit, urne profonde où les cendres du jour Descendent mollement et dansent à la lune.
Jardin d'épais ombrage, abri des corps déments, Grand cœur en qui tout rêve et tout désir pénètre Pour le repos charnel ou l'assouvissement, Nuit pleine des sommeils et des fautes de l'être. »
À la nuit
« La lune aux belles joues ? »
Paroles à la lunes
« …
L'herbe fleurie était à la hauteur des mains, On était près du champ, du sable, des insectes; Le buisson de lilas que la rosée humecte Laissait pleuvoir sur nous ses bourgeons et son eau, On était un feuillage où chantaient des oiseaux;
… »
La nature et l’homme
« …
Pendant les soirs d'hiver, pour mieux sentir la flamme, Nous tâcherons d'avoir un peu froid tous les deux, Et de grandes clartés nous danseront dans l'âme À la lueur du bois qui semblera joyeux. Émus de la douceur que le printemps apporte, Nous ferons en avril des rêves plus troublants. — Et l'Amour sagement jouera sur notre porte Et comptera les jours avec des cailloux blancs. »
Autres coups de cœurs du recueil : Les parfums, la journée heureuse, les paysages, la vie rustique.
« … Pourquoi est-on si triste encor Quand le destin est favorable, Et pourquoi cette inéluctable Inclination vers la mort... »
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Je chiale c’était trop incroyable chaque mots chaque rimes chaque petites choses… Je me suis tellement reconnu dans plusieurs de ses poèmes.
Les thèmes super intéressant et important.
Chaque poème avait le pourvoir de me rendre toute triste ou comblé de bonheur car Anne de Noailles décrit les choses tellement bien qu’on ne peut que la comprendre et s’identifier à ses expériences.