Le côté sombre de l’Amérique
Je me suis lancée dans cette lecture parce que Besson est un auteur chouchou d’une amie. Et j’ai bien fait de lui faire confiance.
Vivre vite, c’est dans un premier temps la biographie de James Dean, ce super beau gosse qui a crevé l’écran américain, et qui restera éternellement jeune, puisqu’il est mort dans un tragique accident de voiture.
Il n’y a pas à dire : l’histoire est bien écrite, vient nous serrer un peu le cœur, bref un bon petit roman. Mais si cela ne tenait qu’à cela, j’aurais été déçue.
Dans un deuxième temps, la vraie force de Besson vous frappe : les émotions sont fortes, brutales, sans aucune fioriture. Le beau, le moins beau, le laid. La rapidité, la lenteur, l’inertie. Tout est là, balancé devant nos yeux de lecteur sans nous demander notre avis.
On redevient ce gamin qui voulait se faire une belle vie, et à qui on n’a donné que des miettes.
Finalement, Vivre vite, c’est aussi ce poison. Le poison du rêve américain qu’on nous a tous vendu. Toujours la même chose : beaucoup d’appelés mais peu d’élus. Et même lorsqu’on est l’élu, le chemin pour y parvenir est tellement toxique qu’une fois arrivée, on ne peut plus profiter.
Bref, Besson sait utiliser les émotions, prendre un chemin de traverse et nous propose, sous couvert de biographie hollywoodienne, une dore critique du capitalisme.