What do you think?
Rate this book


236 pages, Paperback
Published April 1, 2024
« Les articles des journaux iraniens de l’époque, ainsi qu’un documentaire de Maziar Bahari, Irano-Canadien, And along came a spider, parlent essentiellement du tueur en série. Il est affirmé que les seize femmes assassinées étaient des prostituées, et quatorze d’entre elles des droguées. Comme preuve, nous avons la parole de l’assassin et le témoignage de deux gamines, huit et dix ans, d’une des victimes : « Ma mère a dit qu’elle sortait pour acheter sa dose. » ».
Il est primordial de savoir que, selon la législation islamique en vigueur en Iran depuis l’instauration du régime khomeinyste en 1979, la prostitution est un crime dont le châtiment est la peine de mort. Et si la prostituée est mariée, elle sera condamnée à la lapidation. Cette loi est écrite noir sur blanc et attribuée, comme toujours, à la volonté d’Allah, sans que l’on ait demandé l’avis de ce dernier. p. 51
Maintenant que, vous, lecteurs, êtes au courant de tout, je reprends la suite de mon roman. Tout en poursuivant le destin de Soudabeh et de Zahra, je vais parler des prostituées assassinées de Mashhad, de Téhéran, de Kerman, de Qom, de Shiraz, d’Ispahan… ou plutôt les faire parler. D’outre-tombe. Je vais nommer ces prostituées, assassinées dans l’anonymat, leur donner la parole pour qu’elles nous racontent leur histoire, leur vie, leur passé, leurs sentiments, leurs douleurs, leurs doutes, leurs souffrances, leurs révoltes, leurs joies aussi. p. 63
On se fait sucer par des putes ou par des bonnes, jamais par la future mère de ses enfants, qu’on respecte, même si on la tabasse parfois ! p. 73
Dans ces milieux pauvres, ces malheurs [conserver l’acte de naissance d’une fille morte pour le donner à la prochaine fille] étaient monnaie courante. Cependant, jamais l’acte de naissance d’un fils ne fut faux. Les mères, fières et heureuses d’avoir accouché du sexe supérieur, veillaient soigneusement à ce que la date de naissance de leur progéniture mâle fût déclarée et enregistrée aussitôt et correctement. p. 116
Naître fille dans ce pays est un crime en soi. Vous êtes coupable parce que pas mâle. Et vous êtes pute parce que fille. Alors autant l’être pour de bon. Une fille peut être vendue moins chère qu’une vache. p. 148
Dans un monde où tout se vend – y compris beaucoup de produits nocifs –, la vente et l’achat du plaisir sexuel sont condamnés. Vous ne trouvez pas ça aberrant ? p. 185
Je pense qu’il faudrait nous nommer les « practiciens du sexe » et favoriser l’accès des femmes aux services sexuels. Ça ferait beaucoup de bien à l’humanité. p. 189