Autour des îles Tangerines, brume et mystère s'épaississent. Armand Raynal de Maupertuis et Don Lope de Villalobos y Sangrin échappent de justesse à l'appétit des féroces cannibales de l'archipel. Ils se lancent à la poursuite des pirates qui, entraînant avec eux la belle Hermine, marchent à grands pas vers le trésor. Mais la route est semée d'embûches : bêtes monstrueuses, chausse-trappes et ponts branlants mèneront nos héros jusqu'aux entrailles d'un volcan. Ces cavernes que hantent de bien étranges créatures leur révèleront les rouages d'une inquiétante machination...
Alain Ayroles is the author of De Cape et de Crocs (published in German as Mit Mantel und Degen, in Italian as La Piuma e l'Artiglio and in Dutch as Sabels en Galjoenen) and Garulfo (published in German as Vom Teich ins Schloss), as well as other comics.
Comme d'habitude excellent. Je trouve le final dans le théâtre lunatique particulièrement inspiré, puisqu'il met en abîme la farce jouée sur scène et la farce des combats. En bonus, la pièce de théatre en postface, qui reprend certains éléments de Cyrano de Bergerac commence à laisser sous-entendre le virage qu'on verra de façon plus évident dans les tomes suivants : en quittant l’Europe pour les îles Tangerine, nos héros quittent aussi Molière et la littérature classique pour le monde plus incertain de la littérature classique d'aventure.
Lecture avec Petit Chou 4/13 Je publie des citations sorties de leur contexte, mais les péripéties sont, elles, derrière les balises spoilers.
Nouveaux mots : vendu à l'encan, pilastre, archivolte, pagure, basalte, fariboles (souscrire à ces), pétroglyphe, disert, accorte, badelaire, "peu me chaut". Moins de mots dans ce tome, car Bombastus ferme beaucoup plus son clapet.
Morceau(x) de bravoure : outre LE clou du tome (qui se reconnaîtra), ceci :
Mais également une mention spéciale à :
Citation choisie : "Ah pendard ! Ah coquin ! Ah perfide ! On roucoule ? On paonne ? On piétine mes allées ?" (Don Lope)
Meilleur personnage : la pléthore de mimes ! Mention spéciale pour le perroquet poulet.
On laisse tomber : les histoires de mise en abîme par la représentation théâtrale, on verra ça plus tard.
Note 4.5 Pour l'instant c'est le tome qui m'a le moins plus mais si j'aime beaucoup quand même !! J'ai un peu moins accrochée à la partie théâtrale, sinon le reste était très bien. Les dessins toujours au top, et les aventures de nos acolytes toujours aussi rocambolesques !!
Encore un volume foisonnant, entre jungle, cité engloutie et machines mystérieuses. De nouveau, quantité de références et d'influences que le lecteur peut collecter au fil des pages. On est tour à tour dans une aventure à la Indiana Jones, sur les planches pour interpréter une farce façon Molière ou encore dans monde marin peuplé de créatures géantes. Toujours aussi divertissant et plaisant à lire, un vrai régal !
Le voyage continue! Nos compagnons débarquent sur une île et le mystère s'épaissit encore plus. Tout est étrange, même la nature environnante a sa part de mystère. Avec des dessins de qualité et des répliques toujours haute en couleurs, cette série n'a pas fini de nous séduire.
Un quatrième tome qui retrouve l'excellence des deux premiers, grâce au théâtre. Evidemment, "De capes et de crocs" est tout entier un projet de faire du théâtre du XVIIe siècle en BD. Mais dans ce tome, de par la mise en abîme finale, c'est toute la quintessence du théâtre qui est transposée, passant des planches aux planches, en quelque sorte.
Le récit reprend assez lentement, et le personnage du "sauvage éduqué" me laisse quelque peu de marbre. Par contre, dès que l'exploration du cratère commence, en compagnie de Theophrastus Bombastus qui annone ses théories "scientifiques", c'est un pur régal qui rappelle parfois Jules Verne pour le coup. Mais alors que nos héros suivent leur carte au trésor, on voit la machination, la mise en scène oserais-je dire, et c'est en cela qu'on est presque un spectateur au théâtre, les rouages nous étant visibles, les personnages s'adressant directement à nous (ce qui manque encore dans cette série, mais peut-être cela viendra-t-il), et ce n'en est que plus réjouissant.
La scène double avec le perroquet/ poulet et les pirates est formidable: je suis ébahi par un tel sens à la fois du comique et de la narration. C'est vraiment excellent. D'ailleurs, ce sens du récit se retrouve dans les pistes que Ayroles s'amuse à tracer avec, par exemple, cette histoire de botte "secrète" de Don Lope qui va bientôt resurgir...
Le final est une petite merveille de burlesque, de comique, d'action et de mise en scène.
Et, comme d'habitude, les références abondent. Les alexandrins pleuvent (l'ouverture de l'album lors des deux premières planches est très bonne pour cela et on se prend à rêver que tout le tome soit en alexandrins). Enfin, le lien entre le tome 3 et le tome 4, par le biais des dialogues dans le noir de la marmite: un pur bonheur!
De même, il faut parler de "L'Impromptu du tome quatre", cette "farce héroïque en un acte" qui est une des meilleures choses qui soit arrivé à la BD récemment. Un auteur qui nous gratifie d'une pièce de théâtre! C'est ce qui fait que De Capes et de crocs est l'une des meilleures séries (avec la Nef des fous): elle développe un univers qui emprunte à la littérature, au théâtre, à la musique (La Chanson des Sélénites du tome 5), à la peinture de l'époque dont elle est inspirée pour proposer un pastiche inventif, original et drôle.
Je dirai que c' est à partir de là que ça commence à perdre en qualité par rapport aux premiers tomes. Même si on lit avec plaisir les aventures de nos héros à pattes, on retrouve un peu moins de cet esprit "comedia dell arte" Reste une savoureuse scène de théâtre en fin de tome (à moins que je me trompe et que ce soit dans le cinq ?)
Je n'ai pas été déçue. Incroyablement surprise par la belle langue, les beaux dessins, la belle histoire assez féérique. On a envie de rêver, et on se laisse bien volontiers entraîner dans l'aventure.
Relu avec mon fils... toujours aussi drôle. Les mimes sont terrifiants. Et que dire d'Eusèbe qui dit adieu à la pieuvre ?! Le personnage de Sabado est aussi délicieux.