« Je suis entrée comme apprentie chez MM. Durand frères. J'avais alors douze ans ». Ainsi commence le témoignage de Lucie Baud (1870-1913), ouvrière en soie du Dauphiné, femme rebelle et oubliée, en dépit de grèves mémorables. Une ouvrière méconnue peut-elle être une héroïne ? Michelle Perrot s'efforce de comprendre son itinéraire en renouant les fils d'une histoire pleine de bruits et d'ombres, énigmatique et mélancolique. Mélancolie d'un mouvement ouvrier qui échoue, d'une femme acculée au départ et peut-être au suicide, de l'historienne enfin, confrontée à l'opacité des sources et à l'incertitude des interprétations.
Michelle Perrot is professor emeritus at Paris VII and one of France’s most distinguished cultural historians. She has received numerous awards and honors in France and abroad for her published histories of work, prisons, private life, and women.
Un petit 4. L’écriture de Michelle Perrot est simple et efficace. Agréable. Je suis un peu déçue par ce petit livre qui ne va pas très loin. Les pages les plus intéressantes sont à partir de la centième à peu près. Peut-être un peu sur la mécanique de la recherche ? Par contre, le sujet est passionnant : une ouvrière du textile dans le Dauphiné fin XIX début Xx qui organise une grève longue et se syndique.
Le style de Michelle Perrot est à la fois agréable à lire et faible en densité conceptuelle. C'est peut-être ce que je reproche généralement à l'Histoire -ou une certaine vision de celle-ci- : trop descriptive.
Que reste-t-il de Lucie Baud, ouvrière de la soie lyonnaise, organisatrice de deux grèves dans le Dauphiné, qui tente de se suicider à trente ans ? De quoi motiver l'écriture d'un livre, publié dans une nouvelles collection consacrée aux héroïnes oubliées de l'Histoire (il fallait donc trouver une figure à la fois obscure mais dont la trajectoire de vie permettait d'éclairer un pan de l'Histoire). Michelle Perrot assume une certaine subjectivité ainsi que le caractère inabouti de son projet : les données manquent sur la vie de cette héroïne, qui demeure insaisissable : est-ce bien elle sur une photo qui la présente comme une matrone décidée ? Il reste d'elle peu de choses : quelques dates et bâtisses dans lesquelles elle a grandi ou vécu.
MP confronte sa perspective méthodologique à celle d'un historien amateur local, Gérard Mingat, qui a initié une recherche autour de la trajectoire de Lucie Baud. L'historienne flâne sur les lieux de vie de Lucie, tente d'imaginer certains pans de sa vie. Lui se fonde uniquement sur les documents et se méfie de l'histoire orale, par exemple.
J'ai abandonné le livre au milieu de ma lecture. J'ai eu le sentiment que Michelle Perrot n'avait pas trouvé suffisamment d'infos sur Lucie Baud pour écrire un essai et qu'elle remplit les pages d'informations annexes qui, personnellement, ne m'ont pas intéressées
Tellement bien écrit et si intelligent. Le suivi de l'enquête est une forme trop cool à suivre et te retient tout du long. Encore une fois, merci de mettre en lumière le rôle des femmes lors du mouvement ouvrier. Ce sont des récits tellement forts et si peu mis en valeur.
Michelle Perrot est l'une de mes idoles. Non seulement elle est l'une des pionnières de l'histoire des femmes en France mais son intérêt pour les déviances, les marginaux et les contrôles de l'état rejoint le mien. J'étais donc très heureux de rencontrer cette historienne qui eu la gentillesse de me dédicacer son nouveau livre. Celui-ci inaugure la collection "Nos Héroïnes" des éditions Grasset constitué grâce à Caroline Fourest et Fiammetta Venner. Cependant, comme l'annonce Michelle Perrot, cette collection ne souhaite pas mettre en place une histoire des grandes femmes comme il y a eu une histoire des grands hommes. Il faut trouver des héroïnes inconnues. Une tâche difficile comme il y en a peu.