Après Les Indes fourbes, Alain Ayroles récidive avec panache ! Poursuivant la tradition épistolaire des Liaisons dangereuses, il orchestre un vertigineux jeu de dupes dans un XVIIIe siècle brillamment dessiné par Guérineau (Le Chant des Stryges).
Vice d'un homme, vice d'un ordre, vice d'une époque. Découverte dans les tiroirs secrets d'un secrétaire à cylindre, la correspondance du chevalier de Saint-Sauveur court sur tout le XVIIIe Siècle et dessine l'effarant portrait d'un malfaisant. En exposant les turpitudes de l'infâme libertin et la constance de ses infortunes, la publication de ces lettres participera, espérons-le, au triomphe de la Vertu.
Alain Ayroles is the author of De Cape et de Crocs (published in German as Mit Mantel und Degen, in Italian as La Piuma e l'Artiglio and in Dutch as Sabels en Galjoenen) and Garulfo (published in German as Vom Teich ins Schloss), as well as other comics.
PT Parece que este autor tem um fraquinho por vigaristas — já é a segunda obra dele que leio com um trapaceiro no centro da história. Ainda assim, ao contrário do anterior, este vigarista tem uma natureza bastante menos gentil.
A narrativa é construída através de uma troca de cartas entre personagens, uma sucessão epistolar que vai revelando os acontecimentos. Supostamente, estas cartas foram encontradas mais tarde, mas a existência real do cavaleiro de Saint-Sauveur é motivo de debate. Terá mesmo existido ou será pura ficção? Para o efeito da história, pouco importa.
O mundo está cheio de vigaristas — pessoas que recorrem a artimanhas e esquemas para benefício próprio — e o cavaleiro de Saint-Sauveur é apenas mais um exemplo disso.
Gostei bastante da primeira parte da história. Sem entrar em spoilers, o seu primeiro golpe é engenhoso e surpreendeu-me até a mim. Já na segunda parte, vemo-lo a tentar ascender na corte real, mas aqui as coisas não lhe correm tão bem, e o desfecho deixa tudo em suspenso para o que virá a seguir.
É, sem dúvida, uma obra interessante e divertida. Devorei a primeira parte; a segunda não me cativou tanto, mas o conjunto tem potencial e estou curioso para ver como evolui.
Quanto à edição: irrepreensível. Um trabalho de altíssima qualidade, como a Ala dos Livros já nos habituou.
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EN It seems this author has a soft spot for swindlers — this is the second work of his I've read that centres on a con artist. Still, unlike the previous one, this swindler has a far less gentle nature.
The story is told through a series of letters exchanged between characters — an epistolary sequence that gradually reveals the events. These letters were supposedly discovered later, though the actual existence of the knight of Saint-Sauveur is up for debate. Was he real or fictional? It doesn’t really matter for the story itself.
The world is full of swindlers — people who use tricks and schemes for their own gain — and the knight of Saint-Sauveur is just one more.
I really enjoyed the first part of the story. Without giving away any spoilers, his first con is clever and even managed to surprise me. In the second part, we see him trying to gain influence at the royal court, but things don’t go as smoothly, and it all builds up to the ending of this first volume.
It’s definitely an interesting and entertaining read. I devoured the first part; the second didn’t grab me as much, but the overall work has promise, and I’m curious to see how it develops.
As for the edition itself: flawless. A top-quality production, as we've come to expect from Ala dos Livros.
Bien que j'aime particulièrement les récits du XVIIIe et que j'ai une tendresse particulière (si on peut dire ça) pour Les Liaisons Dangereuses que j'ai aimé lire dans mon adolescence, je n'ai pas vraiment trouvé mon compte dans cette BD qui m'a parue un peu décousue dans sa narration, et pas extrêmement originale côté graphisme (de mon point de vue).
Je n'ai pas détesté, mais je n'ai pas particulièrement aimé, donc pas sûre de lire la suite, si elle paraît...
En plein XVIIIe siècle, le chevalier de Saint-Sauveur ne mérite pas son nom. Il est tout le contraire d'un saint et il est loin de sauver quiconque, à part peut être sa propre peau. Son but est avant tout de jouir des plaisirs de la vie, en particulier le libertinage et il espère s'attirer les faveurs du roi pour obtenir titres et richesses. Malgré ses efforts, il échoue à assurer sa position, ce qui le force à se tourner vers le Nouveau Monde pour démarrer une nouvelle vie. Car à force de commettre des actes odieux, on inspire aucune loyauté et on se fait beaucoup d'ennemis.
Après "Les Indes Fourbes" qui était un coup de coeur, le même duo revient avec une nouvelle fresque historique où l'on s'attend à retrouver les mêmes éléments qui ont fait le succès de leur collaboration précédente. Parmi ces éléments on retrouve l'idée que les êtres humains sont des créatures complexes, difficiles à cerner et à catégoriser entre bons et méchants. On retrouve également l'idée que dans la réalité, les "gentils" ne gagnent pas toujours et les "méchants" ne sont pas toujours punis. Ce sont ces thèmes qui se mêlent à cette atmosphère de cour du XVIIIe siècle qui met en avant ses frivolités tout en contrastant avec la sombre réalité du reste de la société telles que la pauvreté, l'inégalité, la faim, ou l'injustice qui ne semblent sauter aux yeux de personne hormis un indigène ramené d'Amérique du Nord. Saint-Sauveur opère dans ce monde où il est prêt à tous les coups pour atteindre son but. Il piège une femme mariée pour la posséder, il envoit ses hommes de main pour déclencher des duels dont il profitera, il apprend à tricher aux jeux pour amasser une fortune. Malgré son ingéniosité, il a souvent tendance à avaler de trop gros morceaux et cela se retourne contre lui. On méprise Saint-Sauveur mais il nous amuse et on demeure curieux de découvrir par quel stratagème grotesque mais sans doute malin il va retourner sa situation.
Enfin, le décor est magnifiquement planté par le dessin qui retransmet bien l'idée que l'on se fait du monde de la noblesse française du XVIIIe siècle. Les couleurs sont vives et la mode des coiffures, costumes, et maquillage semblent conformes à la réalité. Un aspect légèrement enfantin donne la légèreté qui sied au ton du récit.
Pour découvrir la suite il faudra attendre le prochain tome, ce qui est bien dommage quand on sait que Les Indes Fourbes est sorti en un seul tome assez copieux. On aurait aimé que la même formule soit reprise ici. Maigre consolation, le format de l'ouvrage est luxueux et grand, ce qui offre une lecture très agréable.
Comment ne pas penser aux "Liaisons Dangereuses" en lisant cette BD ! L'entrée en matière est déroutante tant par la "note de l'éditeur" que par le "prologue" qui nous met en garde contre le mystérieux chevalier de Saint-Sauveur. Je découperait ce tome en deux parties : tout d'abord nous avons le premier jeu de dupe où le chevalier s'est donné pour but de "perdre" une femme mariée (et où on fait le rapprochement avec les Liaisons Dangereuses). Dans la deuxième partie on se recentre sur le chevalier et sur ce qu'il traverse. Là les choses vont bien plus vite. Malheureusement on ne comprend pas forcément très bien le pourquoi de ces actions. Parfois il est difficile d'identifier les personnages et le temps est difficile à appréhender. Sur la fin, le chevalier embarque pour le Nouveau Monde dans une tentative de se faire une renommée et une richesse accompagné d'un indien et de son fidèle serviteur (dont on se demande bien ce qu'il fait là ! Question justement posée par l'Indien).
Si le thème m'a plu, probablement car j'ai aimé le roman épistolaire précédemment cité, j'ai parfois été déroutée par les personnages que je n'arrivais pas à situer/identifier, par les timelines confuses et surtout par le chevalier. Le prologue et le début de l'histoire sont très différents et on a du mal à comprendre l'un et l'autre. Petit à petit j'ai compris que le début servait à donner au lecteur un aperçu du caractère du chevalier et de ce qu'il peut mettre en oeuvre pour arriver à ses fins. Mais il m'a manqué la raison de ses actions, le pourquoi de ce qu'il décide. Le format graphique peut avoir joué, permettant certes une belle immersion dans l'histoire, mais brouillant également la construction des personnages.
Au final je peux le recommander en lecture complémentaire au collège ou au lycée pour ceux qui étudie les romans épistolaires et l'époque, mais il faudra attendre plusieurs tomes sinon je doute qu'on y trouve suffisamment. Pour ma part je m'interroge encore et si je suis curieuse sur le fait de lire la suite, je doute d'investir personnellement. J'attendrais qu'il sorte à la bibliothèque.
Tout d'abord je remercie les éditions Delcourt et le site Netgalley pour m'avoir permis de découvrir cette bande dessinée.
Je n'ai pas lu Les Indes fourdes alors ces auteurs furent une totale découverte. J'ai eu un peu de mal avec les dessins au début mais le style d'écriture et l'histoire m'ont vite intéressés. Tout comme Les liaisons dangereuses j'aime ce côté manipulation du "héros". Comment va-t'il arriver à ses fins? On ne peut que mépriser un tel personnage mais pour autant on ne peut qu'aimer un tel récit. A lire c'est croustillant. On est vite pris dans le jeu du Chevalier de Saint-Sauveur.
J'appréhendais un peu une lecture épistolaire en bande dessinée mais cela rend très bien. On est vraiment pris dedans et les pages défilent sans qu'on s'en rende compte. Si ce n'est pas un coup de coeur je pense (objectivement) que c'est surtout dû à mon mode de lecture. Je l'ai lu en numérique et j'ai dû agrandir les pages à chaque fois ce qui a ralenti ma lecture et m'a souvent sorti de l'intrigue. Pour l'avoir feuilleté en magasin, je peux dire que c'est un beau livre.
Pour revenir aux dessins c'est plus avec les visages que j'ai eu du mal. Les décors sont superbes et très plaisants à regarder. Mais c'est vraiment les visages qui m'ont un peu dérangés. (Mais comme on dit les goûts et les couleurs ....)
Pour conclure,
Un très bon ouvrage, très bien illustré. Je serais présente pour la suite. Si vous aimez Les liaisons dangereuses, vous allez prendre beaucoup de plaisir à lire cette bande dessinée.
Après les "Indes Fourbes", Alain Ayrolles nous entraîne dans de la vie mouvementée du Chevalier de Saint Sauveur. Ce libertin est prêt à tout pour conquérir la femme qu'il convoite, même si cette dernière est inaccessible. Or cette vie de débauche finit par le ruiner, et il devient impérieux de refaire fortune pour poursuivre sa vie de débauché. L'originalité de cette histoire est qu'elle est narrée à travers la correspondance de Saint Sauveur avec ses concubines ou ses proies éventuelles. La qualité des dessins est superbe et les couleurs choisies reflètent bien l'époque. Il ne reste plus qu'à attendre la suite.
Autant j'ai adoré Les Indes fourbes, autant j'ai admiré cette belle BD mais n'ai pas vraiment adhéré à l'histoire. Le début fait immanquablement penser aux Liaisons dangereuses et on se doute bien de ce qui va arriver. La suite est un peu plus brouillonne, probablement pour aider à mieux cerner le personnage de Saint-Sauveur ?... Quoiqu'il en soit, puisqu'il embarque pour les Amériques à la fin du tome afin de vivre de nouvelles aventures - et de relever un certain défi, j'attends la suite pour me faire une idée définitive de cette série.
J'ai été convaincu par le même auteur que "Les Indes fourbes" que j'ai ADORÉ ! Ici, on suit aussi les aventures d'un hors-la-loi, d'un fourbe libertin qui jeu avec le système pour arranger la réalité à sa faveur... Un personnage très spécial auquel on ne sait pas si on le haït ou si on s'y attache... Mais ici, je ne sens pas le même lien avec le personnage, je trouve la narration par lettres intéressante, mais difficile à suivre.
L'ennemi du genre humain est sans surprise familier des Liaisons dangereuses et porte bien mal le nom de Saint-Sauveur. Ses vices nous sont contés avec toujours le langage désuet et relevé d'Ayroles que l'on retrouve avec bonheur après ses Indes fourbes spectaculaires. Accrochez-vous, les intrigues sont alambiquées, mais savoureuses.
J’aime toujours autant l’univers d’Alain Ayroles, et j’ai apprécié le côté épistolaire. En revanche, cet album ne fait que poser le décors d’une histoire qui n’a même pas commencé. C’est un peu frustrant.
O estilo epistolar não facilita a leitura deste livro. Portanto, primeiro conselho a quem o ler: não interrompam a leitura: tentei ler tudo de seguida, porque se não irão ficar confusos. Ayroles tem uma grande capacidade de criar bons argumentos de BD, mas eate livro não foi aquele que mais gostei do autor. Tantas personagens e alguns saltos temporais deixaram-me um bocadinho confuso. Enfim, quando ler os próximos tomos, já sei que terei de reler este.