Le secteur du bien-être est florissant et puissant mais souffre d'un manque de légitimité. L'auteure interroge les raisons d'une telle déconsidération par les milieux politiques progressistes, dénonce le rejet du care et démontre que les pratiques du bien-être peuvent conduire à l'émancipation si elles sont accompagnées d'un projet à visée révolutionnaire.
Un livre très intéressant qui a le mérite de remettre l’église au centre du village si je peux dire. Ces derniers temps fleurissent nombre de vidéos, comptes Instagram etc qui nous exhortent à grands renforts d’argent à être la meilleure version de soi-même et par moment je ne peux m’empêcher de penser et si la meilleure version de moi-même était une connasse avant de débourser de l’argent en complément alimentaire en soin se reconnecter à soi me semble primordial, un livre qui pose des questions et dont la lecture peut ouvrir le débat.
Ça avait bien commencé, la première partie critique sur l’industrie du bien-être et du développement perso et ses liens avec le néolibéralisme était super intéressante et bien sourcée, mais j’ai terminé le livre vraiment déçue par la seconde partie où l’autrice donne l’impression de se déculpabiliser et de se justifier le caractère ok des mêmes pratiques qu’elle critiquait 50 pages avant. En effet, elle est prof de yoga donc ce sont des pratiques qui sont son gagne-pain, des pratiques qu’elle affectionne elle-même, qui font partie de son quotidien ainsi que celui de son entourage de praticiens et praticiennes. On a vraiment une impression de promotion personnelle : Sissy Mua et le jus de céleri c’est mal mais mon yoga et mes ateliers c’est bien. :/
J'ai beaucoup aimé ce court essai, qui se lit assez bien et vite, et aborde le milieu du bien-être avec un œil critique et avec pragmatisme (face aux dérives de ce secteur où le néoliberalisme est roi), mais qui envisage aussi un "futur du bien-être" inclusif et bienveillant pour de vrai.
J'ai corné plein de pages, et c'est bon signe : ça veut dire que j'ai aimé et envie de retenir ce que j'ai lu.
Et pour ne rien gâcher, je trouve les propos de Camille Teste très bien articulés et écrits, c'était assez plaisant à lire !
En somme, un essai pertinent et intéressant, qui pourra plaire à quiconque s'intéresse au bien-être de près ou de loin. À découvrir !
Politiser le bien-être est un essai de Camille Teste, ancienne journaliste et désormais professeure de yoga. Il a été publié en avril 2023 par l’éditeur et studio de podcasts Binge Audio, c’est d’ailleurs en écoutant l’un des podcasts de ce studio que j’ai découvert ce livre dont la description m’avait tout de suite donnée envie :
Vous avez trop de travail ? Faites du yoga ! Vous allez mal ? Devenez la meilleure version de vous-même !
Méditation, sport, coaching, thérapies, massages, yoga : prendre soin de soi s’inscrit souvent dans une logique néolibérale de consommation et de perfectionnement inatteignable. Coûteuses et normatives, les pratiques de bien-être ne s’adressent souvent qu’aux personnes jeunes, blanches, riches ou valides. Elles prétendent apporter des solutions individuelles à des problèmes collectifs ; or les petits gestes ne changeront pas le monde.
Pourtant, il n’y a rien de mal à vouloir se sentir bien. S’occuper de sa santé mentale et physique est même d’autant plus nécessaire quand on est affecté·e par les injustices.
Alors que faire ? Peut-on être révolutionnaire et faire du yoga ? Méditer et se battre pour sa planète ? Prendre soin de soi, est-ce de l’égoïsme ou une autre façon de lutter ? Dans cet essai documenté, Camille Teste propose de hacker les pratiques de bien-être pour en faire de puissants outils d’émancipation et de changement politique.
L’ouvrage est composé de deux grandes parties :
Dans la première partie, Camille Teste commence par déconstruire l'industrie du bien-être qui promeut et est promue par l'idéologie dominante, le néo-libéralisme. Elle montre notamment comment, au-delà de l’aspect purement mercantile de certaines approches, l’industrie du bien-être passe sous silence certaines oppressions et promeut une vision hyper-individualiste du bien-être. Elle décrit également comment le bien-être est mal perçu dans les milieux militants progressistes et révolutionnaires, tout en le regrettant et en appelant à remettre en cause certains aprioris.
Dans la seconde partie, l’autrice tente ensuite de proposer des façons de se ré-approprier le bien-être au sein des espaces militants progressistes et révolutionnaires. Cela passe d’abord par la remise en cause de certains présupposés conscients ou inconscients de la part des « praticiens », dans des démarches inclusives et horizontales. Dans cette partie, Camille Teste illustre son propos de nombreux exemples concrets avec des pratiques qu’elle a eu l’occasion d’expérimenter et qu’elle nous présente de façon très claire.
J’ai commencé ce livre en me disant que le thème m’intéressait mais sans trop savoir à quoi m’attendre, et je dois dire que j’ai été épaté par la qualité du texte. Le propos est clair et très pertinent, parfaitement documenté, riche en exemples. J’ai été totalement convaincu par le plaidoyer de Camille Teste.
J'ai tellement adoré ce livre. Hyper simple à lire et très facile à comprendre, j'ai été totalement absorbé. Ce livre m'a fait prendre conscience de pleins de choses que nous subissons tous les jours et qui ne sont pas normales... Merci mille fois Camille !
Pas mal du tout. Bien construit et intéressant. Elle traite de divers sujets autour du bien-être et plusieurs réflexions m’ont intéressée. Je pense que je vais continuer à m’intéresser au sujet de façon plus profonde car j’ai envie d’en savoir plus. J’ai eu le sentiment parfois qu’elle effleurais trop les choses. Étrangement j’ai eu soif de plus de radicalité / prise de position. Je dirais que c’est excellent pour débuter ses réflexions et prendre conscience qu’il y a des racines tentaculaires dans le milieu du bien-être. Certaines sont pourries et appelle à un changement. J’aime l’idée générale que notre réalité corporelle - aspect physique, besoins physiologiques, émotions - dois être incluse à nouveau pour un futur plus équilibré et tourner vers le bien-être : le nôtre mais aussi celui de la société.
Vraiment passionnant et bien foutu. Alors certes, c’est parfois, sur certains sujets, plus une ébauche de réflexion qu’une analyse fouillée mais je trouve justement ça très bien.
L’autrice en est consciente, elle exprime clairement son intention, elle nous indique aussi dès le début depuis quel point de vue elle parle et documente suffisamment ses sources (avec à la fin encore plus de ressources à dispo sous des formes variées, pas uniquement littéraire, ce que j’ai trouvé top !) pour comprendre qu’elle ne se considère pas non plus a même de traiter de tous les sujets aussi profondément que possible. (Les questions de racisme et de validisme notamment).
Vraiment un livre qui fait du bien dans toutes les perspectives et les réflexions qu’il amène!
J’ai trouvé la première partie sur l’industrie du bien être, cela permet de donner vraiment du contexte. Par contre j’ai beaucoup moins été convaincu par la deuxième et troisième partie. On sent que l’autrice participe à cette industrie et donc qu’elle ne peut donc pas totalement la dézinguer, cela donne un propos sur le fil en permanence. J’ai trouvé pertinente certain début de réflexion (par exemple le faire de réhabiliter des pratiques dites de bien-être européennes anciennes et oubliées) mais elle ne va jamais au bout de ces réflexions. Bref je me suis sentie une peu frustrée à la lecture de cet essai.
Politiser le bien-être, un titre percutant et qui m'a grandement interpelée. Les deux mots semblent ne pas aller vraiment ensemble et pourtant ! C'est ce que va démontrer Camille Teste dans cet essai. Nous ne pouvons pas décorréler le mal-être des gens (et donc leur besoin de bien-être) de la société dans laquelle ils vivent. Nous ne sommes pas que des corps ou que des esprits, nous sommes les deux et nous sommes soumis à ce qui se passe autour du nous. Alors comment faire pour aller mieux dans un monde où même le bien-être est utilisé comme outil de productivisme ?! C'est ce que propose d'expliquer Camille : dans un premier temps, en réalisant le bilan de ce qui se passe actuellement pour mieux déconstruire ce bien-être ancré dans le néolibéralisme et, dans un deuxième temps, pour chercher des pistes de reconstruction afin de proposer un bien-être qu'elle appelle "révolutionnaire". Cet ouvrage m'a énormément touchée, il m'a permis (encore une fois) de me remettre en question en tant que personne mais aussi (et surtout) en tant que professionnelle du bien-être (cela m'a d'ailleurs amenée à modifier la page de mon site sur laquelle que je propose des cours en entreprise). J'ai trouvé cet ouvrage très intéressant, il aborde un sujet qui nous touche tou·te·s et qui est parfois un peu trop pris à la légère sur les réseaux sociaux (et dans une partie de la sphère du développement personnel) où sur de belles photos, nous pouvons lire des phrases qui nous expliquent que notre bien-être ne dépend que nous. Spoiler alert: c'est faux puisque nous vivons dans une société qui n'est clairement pas étrangère au mal-être de nombreuses personnes. En bref : si vous voulez bousculer un peu vos idées reçues sur le bien-être, c'est l'ouvrage parfait. Attention, ça pique parfois mais c'est nécessaire !
Une bonne synthèse qui donne corps aux agacements et inquiétudes qu'on peut ressentir devant qn qui va mal et se tourne vers les médecines alternatives, les start-uppeurs qui vantent le miracle morning (difficile à faire si on a trois heures de transport pour aller au taf et qu'on ne délègue aucune tâche domestique pour peu qu'on ait une famille), les injonctions des influenceur·euses à devenir la meilleure version de soi-même (plus musclée, plus ferme, plus mince, plus heureuse)...
C'est quoi le pb avec l'industrie du bien-être ? Ne pas prendre le bien-être de haut : c'est une industrie énorme -4 400 milliards de dollars dans le monde, GWI, 2019-22, 133 milliards de $ en Fr) qui connaît une croissance sidérante (8-12% / an). Le monde brûle, c'est la guerre, les droits sociaux régressent, l'inflation sévit : normal qu'on se tourne vers le "self care" marchand quand le collectif a été autant déboulonné. Saisir sa dimension politique : c'est une émanation du néo-libéralisme qui ne se contente pas de régir nos économies mais aussi nos rapports sociaux et à nous-mêmes. Nous sommes les managers de notre propre vie, notre bonheur dépend de nous et c'est nous qui en d��tenons la clé. Avec suffisamment d'efforts et de discipline, nous atteindrons le bonheur (strictement individuel). Donc c'est pratique, si on se sent mal au travail, c'est peut-être qu'on ne fait pas preuve d'assez de gratitude ou qu'on devrait se mettre davantage au yoga, pas parce que la pression productiviste n'a fait qu'augmenter, que des départs n'ont pas été remplacés, que l'open space est oppressante, le management paternaliste... Et en plus : le lien bien-être et new age avec les idéologies d'extrême droite et fascistes (est-ce que c'est une stratégie de leur part pour recruter de nouvelles adeptes ? ).
Comment faire du bien-être un outil au service du progressisme ? Les rapports ambivalents des milieux de gauche // bien-être. L'exemple d'XR qui propose des stages de bien-être, ce qui a été très critiqué. Le burn-out militant, le virilisme, la figure de moine-soldat. L'autrice donne de nombreux exemples de pratiques - practicien·nes (plus) inclusives, qui -réfléchissent à la place donnée au consentement et à l'agentivité des personnes qui vont les voir - à la manière dont elles adaptent/pensent une pratique pour des corps pas forcément blancs, minces, valides, jeunes - à ce qu'elles doivent à des cultures non-occidentales. Réflexion sur l'appropriation culturelle et la manière dont l'occident s'est coupé de sa propre spiritualité pour asseoir sa domination colonialiste (c'est à ce prix qu'on s'érige en figure de la modernité rationaliste)
A quoi ressemble un bien-être révolutionnaire ? - il donne place à la lenteur - il met le plaisir au centre ...
Une bibliographie sympa! - lifting heavy things. Healing trauma one rep at a time, Laura Khoudari - des paillettes sur le compost. Ecoféminisme au quotidien, Myriam Bahaffou - portrait du colonialiste. L'effet boomerang de sa violence et de ses desctructions, J Piolat 21 - Why does patriarchy persist, Carol Gilligan & Noemi Snider plein de comptes instagram
Un essai court mais vraiment très riche. Une multitude de théories sont abordées, ce qui est très intéressant mais peut-être parfois trop vite évoqué pour que l'on ai le temps d'appréhender ces points de vue, opinions, et courants politiques. Les ressources en fin de livre sont vraiment un réel plus. je pense que cet essai devrait être lu par tous les aspirants mais également les profs de yoga, méditation, fitness, sophrologie, etc.
Une réflexion vraiment intéressante et approfondie autour du bien être dans notre société occidentale moderne. Sans forcément adhérer à l’ensemble des propos j’ai trouvé cet essai remarquablement intéressant. En quelques bribes: idée selon laquelle notre fascination pour certaines techniques/pratiques de bien être étrangères pourrait provenir de la perte de spiritualité de nos sociétés occidentales, l’appropriation culturelle une culture de la colonisation?, un bien être parfois pas si ouvert qu’il n’y parait, la nécessité de reconnexion passe aussi par la simplicité (marcher pieds nus, le silence etc.), et bien d’autres choses encore.
Bcp plus simple, clair et révolutionnaire que "Contre le développement personnel". Des axes d'études hyper intéressant comme la nécessité de decoloniser les pratiques de bien être, de comment allier le bien être personnel au collectif et au systémique, de l'inclusivite dans le bien être, ...
Comment pratiquer le bien-être non pas pour améliorer l’efficience et servir le capitalisme mais pour s’émanciper, ensemble, des injonctions souffrantes SANS absorber des cultures ?
Pas mal de pistes dans cet essai et c’est pas déprimant. Ça m’aide dans la manière d’envisager ma pratique de sexologue pour ne surtout pas créer de nouvelles pressions (au hasard celle de « désirer à tout prix » à lire dans la même édition)
Et j’adore le podcast de Camille Teste qui permet d’aller encore plus loin dans ce sujet et d’autres
un bon essai qui replace les problématiques actuelles du Bien-être et invite a le reconsidérer sous un angle économique et socio-politique afin d'en faire un véritable outil de bien-être personnel et collectif et non un outil marketing et normé
Très intéressant. Est-ce que c'est le meilleur livre de tout les temps ? Peut-être pas non, et je n'étais pas 100% à fond sur la manière de tout présenter mais le sujet mérite qu'on s'y penche, particulièrement pour des futur.e.s professionnel.le.s de santé ou du soin. En vérité, on a toustes besoin de prendre soin de nous, et de prioriser notre bien-être, mais la manière actuelle qui nous est poussée par les publicités et les réseaux sociaux nous éloigne des véritables avancées qu'on pourrait faire. Et surtout nous divise, en mettant en avant un individualisme tout puissant, alors qu'on attaque des acquis sociaux, qui sont les véritables sujets du bien-être et du bien-vivre (je pense au recul de l'âge de la retraite, mais aussi à la casse de l'hôpital public et plus anecdotiquement, à la glorification toujours très présente de l'alcool dans notre société française comme on a pu en entendre parler cette semaine sur un plateau de télévision publique...). Alors oui, seul on avance plus vite, mais ensemble on va plus loin, on est plus concrets et plus pertinents, et... Peut-on réellement être serein quand les autres autour souffrent?
J'ai beaucoup aimé ce court essai, qui m'a totalement inspiré et porté à la réflexion profonde. Plusieurs passages ont été annotés et imprimés dans mon petit cahier et, et c'est bon signe.
Je dois dire que j'ai eu de la difficulté à lire certains chapitres, je ne possède pas en entièreté le même point de vue que l'autrice. Spécialement le bout sur l'appropriation culturelle qui pour moi possèdent plusieurs contradictions.
Une lecture hyper pertinente pour quiconque touchant de près ou de loin au milieu du bien-être.
J’ai particulièrement aimé la première partie, qui déconstruit notre culture du bien-être au service de l’idéologie néo-libérale et raciste dans laquelle nous vivons. L’essai est documenté mais reste très simple à comprendre et à appréhender car l'écriture de Camille Teste est fluide. J’ai d’ailleurs beaucoup apprécié la simplicité, la clarté et l’efficacité avec laquelle était décrite le néo-capitalisme actuel et comment même les choses que l’on pensait faire “pour soi” sont en fait juste l’expression d’une idéologie qui a été définit par une industrie tentaculaire, qui n'a pas forcément notre véritable bien-être en tête.
Si j’ai lu la première partie très rapidement, j’ai eu plus de mal à lire la seconde partie où l’autrice propose des solutions concrètes pour dépolitiser le bien-être. Pas que le style de l’auteur était moins intéressant, au contraire. Pour que le livre soit pertinent, il était primordial qu’elle propose sa vision de ce que devait être le bien-être. Mais j'ai trouvé ses propositions un peu moins radicales que ce qu'elles auraient pu être, même si elles restaient intéressantes et rafraîchissantes. Ce qui est le plus appréciable est que l'auteur cherche toujours à proposer des idées qui ne sont pas ancrées dans sa position de femme blanche capable de payer pour des pratiques de bien-être.
Je ne pense pas forcément appliquer toutes ces recommandations mais ce sont des bonnes pistes de réflexions pour construire nous-même nos propres visions du bien-être, loin de tout idéaux rapportés des idéologies dominantes.
Globalement très informatif et plutôt fluide à lire. Quelques longueurs tout de même et beaucoup de répétitions dans la deuxième partie. Mais une dernière partie sur le "pourquoi" au delà du "comment" notre corps peut-il reprendre sa place dans une société patriarcale et capitaliste, est hyper pertinente.
Prendre le temps de ne rien faire, ne plus avoir honte, déconstruire nos pratiques et surtout se poser la question de pourquoi on fait les choses.
"Nous aurions tout intérêt à opter pour des pratiques qui nous permettent de résister au système en nous y "désadaptant". Je m'explique : depuis l'enfance, nous intégrons, dans nos corps, des logiques et des fonctionnements qui nous permettent de nous adapter aux modes de vie contemporains.
Ainsi, dès l'école maternelle, nous apprenons à nous lever très tôt et à demeurer assis.es des heures durant, au mépris de nos besoins physiologiques les plus primaires. Peu à peu, nous apprenons à nos corps l'efficacité et la performance. Le repos devient de la fainéantise, et l'oisiveté, une tare morale. En parallèle, nous apprenons à faire taire nos émotions, à nous tenir à distance de nos paysages intérieurs, à ne plus vivre nos corps autrement que comme des objets servant à produire, à décorer ou à dominer.
Dans une société où le développement personnel et les pratiques de "bien être" sous toutes leurs formes (fitness, yoga, morning routine, homéopathie et compagnie) ont littéralement explosé pour que chacun et chacune puisse devenir une "meilleure version de soi-même", il est temps de poser un œil critique sur un secteur qui peut, en réalité, faire autant de bien que de mal. Du bien, car nous vivons dans des sociétés terriblement anxiogènes, souvent violentes pour les esprits et les corps, et qu'il est plus que jamais nécessaire de prendre soin de soi et des autres. Du mal, car les pratiques de bien-être sont bien souvent inscrites dans une logique néolibérale d'individualisation des problèmes collectifs, de consommation, d'exigence à la performance jusque dans nos loisirs, d'appropriation culturelle et d'inégalités.
Si Camille Teste n'est pas la première à remettre en question l'industrie du bien-être dans une perspective politique, ce livre a l'avantage d'être très dense, clair et bien articulé, tout cela dans un petit format. Plus encore, elle s'intéresse également à la nécessité de la pratique du bien-être dans le milieu militant (celui-là qui "brûle" si souvent les personnes les plus engagées et qui a encore trop tendance à oublier les corps derrière les gens), dans une perspective révolutionnaire, émancipatrice et respectueuse de tous et toutes. Très intéressant.
J'ai vraiment hésité sur les * et si j'avais pu j'aurais sûrement mis 3.5. J'ai trouvé le propos de fond extrêmement pertinent et j'ai apprécié la structure en deux temps du livre - qui laisse la place à des pistes de transformation en plus de la critique -, mais j'ai aussi eu le sentiment que c'est un livre qui aurait eu besoin de quelques années de plus pour murir et s'étoffer. Comme il est court et que l'autrice ambitionne de balayer beaucoup de concepts dans sa partie critique, cette dernière met trop souvent en scène des raccourcis et des explications un peu trop simplificatrices. Si la deuxième partie est stimulante, elle peut aussi être frustrante car on manque encore de recul sur les différentes pistes, qui ne sont qu'effleurées. C'est comme si un podcast de deux heures avait été publié à l'écrit : facile à lire et stimulant, mais frustrant quand on s'attend à un essai approfondi.
Plusieurs problèmes sur la forme et le fond pour moi.
La forme : abuser de l'écriture dite inclusive au point d'écrire "les travailleureuses" ou "penseureuses" rend la lecture pénible. Et les passages en gras me donnent l'impression que je ne suis pas capable de discerner moi-même ce qui est important dans le texte.
Le fond : l'idée d'alerter sur l'abus du bien-être est intéressante mais elle est noyée dans la critique du néolibéralisme (alors que les idées progressistes engendrent aussi des dégâts). Et page 91, elle admet qu'à ses débuts de prof de yoga, elle pensait avoir face à elle uniquement des corps. A quel moment le yoga n'est que le corps ? Quelle formation enseigne ça à ses élèves futurs enseignants ?
Après ça, j'ai lu en diagonale et suis passée avec soulagement à une autre lecture.
Je pense avoir commis l'erreur de me laisser séduire par le charme du titre. Il s'agit bien d'une critique de la société, mais du point de vue d'une femme issue d'une classe sociale supérieure, vivant dans un quartier agréable et pratiquant le yoga. Ce n'est donc pas une critique que je partage, car je pense qu'elle est – presque – toujours hors sujet. Comprendront-ils un jour ce qu'est réellement la lutte des classes ? La domination des riches (leur classe) sur les pauvres ? Ou continueront-ils à nous faire la leçon parce qu'ils ont eu une révélation lors de leur visite au Sri Lanka et, grâce aux privilèges et aux moyens dont ils disposent pour publier un livre, continueront-ils à nous faire la leçon ?
Cependant, les références ne sont pas mauvaises, et je lirai certaines des références citées dans ce livre. À voir.
Intéressant mais extrêmement introductif. Pour quelqu'un qui a peu réfléchi au sujet, ça me semble très pertinent, mais quand on a une réflexion déjà développée que l'on aimerait nourrir plus-avant, on reste un peu sur sa faim. La partie descriptive, déjà pas longue (le livre est assez court) est pourtant plus dodue que la partie prescriptive, dont les pistes sont intéressantes mais que le format et contexte cantonnent forcément à quelque chose d'un peu sommaire et superficiel.
Le texte a le mérite d'exister et je le ferais lire à des personnes qui connaissent peu le sujet, mais pour celleux qui y ont déjà réfléchi, comme je le disais, c'est beaucoup de "hey vous saviez que le ciel est bleu ?".
Un essai complet et facile à lire qui défriche les travers de la culture bien-être moderne et qui propose des pistes d'explorations pour se réapproprier nos corps, l'espace public et nos santés mentales tout en contribuant à un projet de société plus juste. À mettre entre toutes les mains des personnes qui sentent qu'il y a cachalot sous gravier dans l'univers du bien-être sans pour autant comprendre où trouver de quoi il s'agit, celui que j'aurai aimé avoir entre les mains en 2021 quand j'ai commencé à sentir que ça sentait mauvais. Un essai éminemment politique, pour un bien-être situé et conscient.
Une bonne intro qui contractualisé de manière pertinente la notion de politique, l’idée de militantisme dans les milieux de bien être. Hélas, les exemples qui viennent soutenir ses propos sont en effet, comme le disent d’autres lectrices, trop superficiels ou basés uniquement sur son expérience et quelques comptes Instagram. De surcroît quand on me sort Bastide en référence comme une exemple d’un bien être féministe , ça fait bien rire vu les reproches qui lui ont étés faits, une ex salariée qui a d’ailleurs créé un blog dédiée à son burn out due à ladite militante féministe du bien être,
J'ai beaucoup aimé la "première" partie avec la reflexion autour du néolibéralisme et sa critique. Ca m'a permis de mettre un mot sur un concept que j'observais sans pouvoir le nommer.
La "deuxième" partie sur le bien-être politique et révolutionnaire m'a moins parlé mais reste tout aussi important et intéressant.
C'est une lecture que je recommande. Etant entré à pieds joins dans le bien être pour aller mieux, j'y trouve des exercices et des pratiques qui m'aident mais il est important de comprendre le context et la portée de cette nouvelle industrie. Car bien que beaucoup y trouve une force et comme se sentir mieux, ces activités sont à la fois chargées d'histoire et de contexte que cet essai aide à comprendre.
J'ai vraiment beaucoup apprécié cette réflexion sur la manière de lutter contre les oppressions par le bien-être, très loin du New age et de ses dérives individualisantes et finalement très capitalistes. Comment faire de la préservation de nos corps et de nos esprits une manière de lutter contre le système qui cherche à les monétiser ? Une vraie piste à explorer individuellement mais aussi collectivement. À mettre entre les mains, des militant•es fatigué•es comme des adeptes de yoga, sophrologie et autres pratiques "bien être".