" C'est à ce moment que Joachim, qui, sur le perchoir du perroquet, n'avait jamais perdu de vue la lueur de sa foi en l'homme et en Dieu dans les ténèbres de la souffrance, avait abandonné tout espoir, parce qu'il avait réalisé que la perversion absolue ne résidait pas dans l'extrême de la cruauté et de la douleur, mais dans les mots, sur lesquels il avait fondé son existence. "
Michel Rio is a french writer born in Brittany and who spent his childhood in Madagascar. He lives in Paris.
He studied semiology and published his first novel in 1972.
With more than twenty novels published, is body of work spans genres such as crime fiction, theater, essays, and short stories. His absolutely literary work, translated from the start in the United States, is now published in more than twenty languages.
Michel Rio has won several prizes (Prix du Roman and Grand Prix du Roman by the Société des Gens de Lettres, Prix des Créateurs, Premier Prix du C.E. Renault, Prix Médicis).
"Le Perchoir du perroquet", un des premiers livres publiés par Michel Rio en 1983, semble au premier abord être un essai habillé de fiction. Pourtant c'est bien un roman. Il commence par un sermon, prononcé dans un monastère de l'ouest de la France par le frère Joachim, un ecclésiastique invité permanent de la communauté monastique. On comprend petit à petit et dans le désordre qu'il est originaire d'un pays d'Amérique latine, probablement le Chili, et que pour avoir embrassé les revendications du peuple, il a subi l'arrestation et la torture de la part des séides de la dictature. Le titre, "Le perchoir du perroquet", explicité dès l'épigraphe, désigne un dispositif de torture dont le nom, atroce métaphore, est lié à sa réputation de faire parler les victimes. Supplicié pour avoir défendu une cause juste, Joachim a senti vaciller, non pas au moment de la torture elle-même mais à celui de l'interrogatoire, d'abord sa foi en l'humanité, puis sa foi en Dieu. Ainsi sa vocation et tout son parcours de vie deviennent-ils absurdes à ses propres yeux. Après avoir prononcé son homélie, Joachim regrette d'avoir parlé ; le roman va l'accompagner tout au long des vingt-quatre heures qui suivent. On voit qu'ainsi présenté, le problème posé par "Le Perchoir du perroquet" ne paraît pas tout à fait inédit. Le discours introductif de Joachim et un bon nombre des réflexions qui lui viennent par la suite font notamment écho, entre autres problèmes philosophiques et théologiques, à l'oeuvre de Camus : que faire lorsqu'il apparaît que l'existence humaine n'a aucun sens a priori ? Et pendant environ les deux tiers du récit, la pensée de Joachim semble proposer une variation sur celle de l'auteur du "Mythe de Sisyphe". Michel Rio ne le laisse pas soliloquer et lui propose deux rencontres : tout d'abord celle du père abbé, qui l'a écouté parler avec une sympathie que Joachim n'attendait pas, puis une éclusière à qui il vient en aide et qui lui offre un café (l'atmosphère est si camusienne que je l'ai volontiers imaginée sous les traits de Maria Casarès) ; elle aussi l'a entendu parler le matin même. Le premier l'aborde avec tout son savoir et sa diplomatie ; la deuxième avec toute sa simplicité. Mais pour Joachim il n'y a pas que le sens qui ait disparu : les mots même ont trahi. Le langage ne lui apparaît presque plus que comme un piège sophistiqué, indépendamment presque de la volonté de qui l'utilise : dès lors, la bienveillance même du supérieur de la communauté peut n'être perçue que comme un moyen d'étouffer le scandale et de faire prospérer ses petites affaires. C'est ici que "Le Perchoir du perroquet" est un roman aussi autonome de la pensée qui s'y déploie que peut l'être "L'Etranger". L'errance de Joachim lui fait parcourir des paysages sereins puis grandioses, aussi indifférents à son bouleversement que peut l'être un paysage de Poussin au drame qui s'y joue ; le Breton Michel Rio évoque même avec une tendresse certaine ces espaces où la campagne rejoint le bord de mer. La bienveillance même de l'abbé et de l'éclusière - dont le récit suit un bref instant le point de vue, s'éloignant symboliquement de Joachim - témoigne du fait que le prêtre torturé n'est pas absolument le porte-parole de l'auteur, et que si ses arguments se tiennent, ils sont d'abord l'intellectualisation de son angoisse et de sa souffrance. Qu'ils se tiennent, que Rio les mette en avant, rien de plus évident. D'ailleurs, Joachim dénonçant la part de voyeurisme et de sadisme qui sous-tend bien des discours apparemment humanistes et véritablement pervers sur la torture et la violence, Rio lui emboîte le pas en refusant de raconter par le menu ce qu'il a subi, laissant les lecteurs responsables de leur propre imagination, sans chercher à les fasciner. Mais le romancier a glissé suffisamment d'espace entre lui et son protagoniste pour qu'on puisse considérer que Joachim, qui se plaint de l'incapacité des autres à penser le néant (qui le fascine), ne soit pas lui-même tout à fait exempt de sophismes à ce sujet. Le contraste entre la violence de l'argumentation et la tendresse des descriptions fait toute la force de ce bref roman peu chargé en action, et qui parvient à sommer les lecteurs de se poser les questions drastiques qui tourmentent Joachim, sans les contraindre à partager ses réponses.
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📖📖📖 Η βέργα του παπαγάλου. Μισέλ Ριο. "Για μένα ή είναι άλλος θεός ή δεν είναι". "Επειδή ο συγγραφέας ήταν αριστερός και ιδιαίτερα συμπαθής στην αριστερά, κανένας δεν πρόσεξε ότι επρόκειτο για φασιστική λογοτεχνία". Η βέργα του παπαγάλου ανήκει στο κατεξοχήν φιλοσοφικό μυθιστόρημα. Επενδύει στην πολυσημία της γλώσσας, τροφοδοτώντας την με ζωοποιό νόημα ( ιδιαιτέρως συμπυκνωμένο στην αφαιρετικότητα της σκέψης του Ριό) αλλά και συγκίνηση και αισθησιασμό. Η πλοκή είναι σχεδόν ανύπαρκτη. Η ιστορία βασίζεται στον εσωτερικό διάλογο του ήρωα που βρίσκεται στο κέντρο μιας τρομερής αμφισβήτησης, η οποία ξεκινά με την έκφραση της εξομολόγησής του και καταλήγει στην αναμέτρησή του με την ίδια την άβυσσο της συμπαντικής δημιουργίας.
Ο Χοακίν πιστεύει πως ο άνθρωπος έφτιαξε τον Θεό κατ'εικόνα και ομοίωσή του, προσαρμόζοντας τον στη δική του σκληρότητα και διαστροφή, γι' αυτό και η αντίληψη για το Θεό φέρει ακριβώς αυτά τα χαρακτηριστικά. Καταγγέλει με μια εξορθολογισμένη επιχειρηματολογία, που ταράσσει τον απόλυτο χαρακτήρα της πίστης, τον ακαδημαϊσμό μιας θρησκείας αποδυναμωμένης από την ίδια της την παιδαριώδη αλληγορία, την απελπισμένη πειθαρχία της σε αναχρονιστικές, νεκροζώντανες φορμαλιστικές ακολουθίες μιας κενόδοξης τελετουργίας. Ο Ριό μοναδικός στοχαστής- φιλόσοφος επανακαθορίζει το περίγραμμα της θρησκείας και της πολιτικής καταδεικνύοντας τη διχαστική αντίληψη της κοινωνίας, τον ασυνδύαστο αλλά παρόλαυτα συνδυασμό της ετερόκλητης συνύπαρξης της διαμαρτυρίας για το ιδωμένο από τη μια και της ηδονοβλεψίας από την άλλη. Θύτης-θύμα, αγάπη-μίσος, έκσταση- φρίκη. Πάνω σε αυτή την διπολικότητα και την αμφισημία τους στήνεται η θρησκευτική λύτρωση. Η έλλειψη ενός ευδιάκριτου συστήματος διαχωρισμού των ανωτέρω εννοιολογικών ζευγών που εξαιτίας του ασαφούς ιδεολογικού τους προσδιορισμού προκαλούν σύγχυση, μετατρέπει τον άνθρωπο από δημιουργό του κοινωνικού σε επικαθοριζόμενο από το δημιούργημά του ον, το οποίο συγκρούεται σφόδρα μέσω της συνείδησής του με την αντιφατική παραλογία της ίδιας του της αποκάλυψης, οδηγώντας σε αποσύνθεση ολόκληρο το αξιακό του σύστημα.
The Parrot’s Rod. Michel Rio
“For me, either he is another god, or he is not.”
“Because the author was left-wing and particularly well regarded by the Left, no one noticed that this was, in fact, fascist literature.”
The Parrot’s Rod belongs emphatically to the tradition of the philosophical novel. It invests in the polysemy of language, infusing it with vitalising meaning, especially concentrated in the abstraction of Rio’s thought, while also sustaining emotion and sensuality. Plot is almost entirely absent. The narrative rests on the protagonist’s inner dialogue, as he stands at the epicentre of a terrifying questioning that begins with the utterance of confession and culminates in a confrontation with the very abyss of cosmic creation.
Joaquín believes that humanity fashioned God in its own image and likeness, adapting Him to its own cruelty and perversion; for this reason, the very conception of God bears precisely these traits. With a rigorously rational argumentation that unsettles the absolute nature of faith, he denounces the academicism of a religion weakened by its own childish allegory, as well as its desperate submission to anachronistic, undead formal sequences of a vain ritualism.
Rio, a singular thinker-philosopher, redefines the contours of religion and politics alike, exposing the divisive perception of society and the paradoxical, yet coexisting, fusion of heterogeneity; protest against what is seen on the one hand, voyeuristic indulgence on the other. Perpetrator and victim, love and hatred, ecstasy and horror, upon this bipolarity and its inherent ambiguity, religious redemption is constructed.
The absence of a clearly articulated system for distinguishing between these conceptual pairs, whose vague ideological determination generates confusion, transforms the human being from creator of the social realm into an entity determined by its own creation. Through consciousness, this being collides violently with the contradictory absurdity of its own revelation, a collision that ultimately leads to the disintegration of its entire value system.
Ce livre a été ma première lecture en français, donc je peux donner seulement un jugement partiel, puisque mon niveau n'est pas encore à la hauteur de formuler un commentaire trop développé. Je l'ai trouvé un peu répétitif et trop drastique, mais en gros c'est un bon livre pour commencer.
Αυτο το βιβλίο ειναι ενα φιλοσοφικό μυθιστόρημα (που σημαίνει πως ο συγγραφέας δεν ενδιαφέρεται τοσο για την πλοκή και την υπόθεση οσο για τις ιδέες που θελει να περάσει). Παρότι δεν είμαι φαν του είδους αυτο μου φάνηκε πόλη ενδιαφέρον στις αναλύσεις του για το σώμα, την θρησκεία και τον πόνο. Ο Ριο εχει κανει πολυ προσεκτική δουλειά και για εαυτό το είδος φτάνει μέχρι και να ειναι συναρπαστικό.