«Je vous rêve, madame, sans vous imaginer totalement. Je n''entends que votre rire qui me rend fou. » C''est à madame T., la femme aimée, sublimée mais jamais rencontrée, que s''adressent les lettres réunies dans ce magnifique carnet de voyage. De l''Amazonie aux bordels de Manille en passant par les planches des théâtres parisiens, Bernard Giraudeau arpente le monde et cultive son amour rêvé. Personnages légendaires et simples quidams se côtoient dans un récit poétique et cru, intime et flamboyant. «Bernard Giraudeau poursuit sa quête de l''instant de grâce à travers les océans. » - Le Monde des livres Prix Pierre Mac Orlan 2009
Préface très belle. Malheureusement on s’ennuie vite car il n’y a pas vraiment d’intrigue. Les phrases sont floues, on ne sait pas trop ou l’auteur veut nous emmener et on s’ennuie. J’ai arrêté au tiers du livre.
« Avec le temps l'espace entre vérités et mensonges se dissipe doucement et vous me pardonnerez si parfois j'ai repoussé cette frontière pour être au plus près de l'indicible. Je soupçonne votre sourire à certains passages, votre joue légèrement froissée, appuyée sur votre main, l'autre tournant lentement les pages, sans voracité, laissant un doigt sous la précédente comme si vous alliez la relire, mais que vous abandonnez pour la suivante. Je vous espère parfois jalouse, un peu mordue par les mots, mais jamais douloureuse. Je vous aime depuis si longtemps, depuis avant le début, voyez-vous. Ces récits sont des voyages au pays des hommes. Voyager, on n'en revient jamais. Je vous écris pour prolonger l'instant, en garder une trace, tordre le cou à la fugacité, à l'oubli, à l'« impermanence », ceci sans succès bien sûr puisque c'est vouloir figer l'éphémère et j'aime l'éphémère, nul n'est parfait. Le prendrez-vous ce temps de me lire, pour me prolonger un peu en vous ? »
« Machinalement vous avez regardé votre montre et les secondes ridicules qui vous échap- paient. Vous étiez revenue à la réalité de ce petit temps étriqué sans beauté, sans ailes, un temps qui soudain a heurté la roche, le tronc rugueux, et s'est désagrégé, inutile. Alors vous avez caché votre poi- gnet, vous êtes revenue dans l'éternité et les secondes se sont évanouies comme flocons de neige sur la pierre chaude. J'ai pris votre main, j'ai frissonné. »
« Je ne vous écris pas ces voyages par nostalgie de l'exotisme, d'un ailleurs rédempteur, mais pour retenir des instants, des visages, des circonstances humaines et géographiques parce que là où le soleil se lève les hommes ont le même souci de vivre, de comprendre, de sourire à l'autre, d'effacer la souffrance et de donner un sens à leur existence. Les voir, les observer, les entendre est une richesse inouïe que nul ne conteste »
« Le voyage est une aube qui n'en finit pas. Comme Jim Harrison, je trouve que c'est beau, l'aube, les aubes du monde, à Saint-Pétersbourg, au Kenya, au Mexique, partout, que ce soit avec l'éléphant qui boit, les usines qui fument, les Andes poudrées, Paris la brume derrière Belleville. C'est l'aube qui est belle parce qu'elle embellit. C'est l'annonce de l'éblouissement, la naissance de la vie incompréhen- sible. Tu regardes l'aube, mon amour, non, tu la vis, tu es en elle, tu t'abîmes pour renaître. Le bonheur du voyage, c'est de faire tout pour la première fois. »
« Ce que l'imaginaire propose est plus libre, dites-vous, plus déraisonnable. Il peut prolonger la naissance du jour comme le coucher du soleil, c'est si bref la réalité, si éphémère »
« Celui qui visualise peut voyager de l'Arctique aux pentes du Kilimandjaro dans la seconde et tout ainsi, sans opacité, sans peur, sans départ ni retour glauque, tiède, avec un goût de nostalgie. Se déplacer dans le monde avec le monde en soi. Le voyage inaccompli de Pessoa, le plus beau des voyages. Peut-être, cher Fernando, mais si les yeux clos je regarde sur l'écran frontal le soleil se dés- habiller lentement et me laisser dans des doigts verts et mauves, des cuisses pourpres, entre des seins de nacre éclatée, il me manquera la chair voyez-vous, la sensualité, le toucher, la morsure du soleil, le visage renversé sous la pluie, la lèvre au bord de la coupe ou sur d'autres lèvres, la peau sur la peau. Il me man- quera le partage, l'émotion, le regard troublé, le rire, ce quelque chose au ventre qui vous bouffe avec bon- heur et cette larme dans le coin de votre œil qui ne veut pas glisser sur votre joue. Même la réalité s'invente, elle est au-delà de votre imaginaire. Il en faut des voyages, des hasards, pour que le regard change. Mon caractère était une lame et j'avais la conscience ébréchée. Je voulais tout voir et je n'ai rien vu, ou si peu, jusqu'au jour où je vous ai imaginée. »
Un carnet de voyage ou un journal intime, un peu des 2. Du coup, il n'y a pas vraiment de trame ni d'histoire et toujours ces mots adressés à ce "cher amour" imaginaire. Il la tutoie et la vouvoie selon les moments et on ne sait rien de l'origine de cet être rêvé qui est sans doute le substitut d'un réel confident.
J'ai lu pour vous le premier chapitre afin que vous vous fassiez votre opinion. Retrouvez cet extrait sonore de quelques minutes afin de l'acheter ou l'emprunter en connaissance de cause.
Différentes histoires de pérégrinations de par le monde. un peu décousu mais poétique. Le tout est assez long car il manque un fil conducteur autre que "cet amour" à qui il s'adresse. Lecture très différente de ce que je lis d'habitude ce qui me laisse un peu mitigée.
pas aimé, trop descriptif et sans émotion, et je ne suis pas entrée dans le dialogue avec une femme imaginaire et rêvée. Uniquement émouvant à la fin du livre quand il aborde sa fin de vie.
Je vous ai moi aussi aimé le temps de cette magnifique (mais trop brève) aventure littéraire. Vous avez tant cherché, et j'ai tant attendu. Vous, le marin de toutes les mers, l'acteur de tous les théâtres, pourfendeur des esprits obtus et confinés par une société frileuse, éternel voyageur qui cherche et se cherche, vous m'avez bouleversé par la profondeur et la beauté de votre âme, par cette vision du monde que vous m'avez fait partagée. J'ai aimé Manille, je l'ai pleuré aussi, tout comme ce Cambodge frémissant encore de toute cette peur engrangée et encore latente sur un sol ravagé par la cruauté et la guerre et où les enfants au "rire de cristal" comme vous aimiez tant le qualifier, paient pour l'ignominie d'hommes sans âme, et qui ont voulu renier l'histoire en même temps que son enseignement. Les planches parisiennes, comme vous les avez aimées, et redoutées aussi. Il y a un point sur lequel vous vous trompiez, cher amour. J'ai assisté aux représentations, visage parmi la foule, spectateur d'une histoire en train de prendre forme, de destins en train de se dénouer. Richard III, Henri... Leclerc. Vous échangiez les masques comme d'autres changent de chemises. Etiez-vous entrain de fuir, ou cherchiez-vous quelqu'un? Vous, peut-être, ancien marin de 17 ans, voguant sur les mers, étendues sans fin et pleine de promesses. Des milliers de visages, et vous n'en cherchiez qu'un. Vos mains portent la marque de toutes celles que vous avez saisies et étreintes, aux quatre coins du monde, immense carte d'un monde si vaste, plein de couleurs, de chants et de vies. Vous avez aimé les femmes, une femme, et surtout vous avez aimé l'Amour, plus que tout. Un père aimant sa fille au coeur d'une forêt souvent menaçante, berçant délicatement dans ses bras cette tête aux cheveux d'or. Cet amour nostalgique pour La Jeanne, camarade inlassable de vos jeunes années, pour Inès de Suarez, femme parmi les femmes, indomptables, fière et forte, bravant les défis et les mers, pour l'humanité entière. Vous avez aimé l'Homme et pour cela, je ne peux faire autrement que de vous aimer. Je ne suis qu'un visage parmi tant d'autres, celui de quelqu'un qui, je l'espère, a su vous lire et vous entendre.
Je ne vois pas de meilleure façon de commenter ce magnifique ouvrage de Bernard Gireaudeau qui ne cessera jamais de m'émerveiller. Je conseille à tout le monde de le lire. Il me faut toujours plusieurs jours pour quitter ses livres. Ils me hantent, et me ravissent.
"Cher amour" est la correspondante anonyme et imaginaire à qui Bernard Giraudeau raconte ses longs périples entre l'Amérique Latine et l'Asie, en passant par la planche de Paris. Des voyages vécus "à la rude" (on n'est pas dans un all-in!), des contrées traversées qu'il décrit à Madame T., et qu'il agrémente de pans historiques lié à des autochtones, hommes et femmes, au destin un peu particulier. Ce carnet de voyage est écrit d'une manière "poétique". A travers des envolées littéraires, Bernard Giraudeau nous donne à voir les tableaux de ses différents périples. On regarde à travers ses yeux, on voit ce qu'il voit. On découvre à travers ses lettres des contrées lointaines, des paysages et des histoires. Par contre, je pense que je suis restée à quai. Le style d'écriture est agréable à lire, mais il m'est arrivé de décrocher et de me perdre dans les mots, le regard dans le flou. Je n'ai pas accroché au voyage et le livre m'est un peu tombé des mains avant la fin. J'avais envie de découvrir le Bernard Giraudeau-écrivain. Le fait que le bouquin était un carnet de correspondances m'avait bien tenté. Malheureusement, la sauce n'a pas pris avec moi. Je vais le faire tourner vers ma maman qui avait entendu parlé du livre et que voulait le lire... j'espère qu'elle sera plus entrainée dans le récit que moi!
Quoi qu'il en soit, je remercie BOB et les éditions Points qui m'ont permis de découvrir le livre par un partenariat.
Un carnet de voyage, une lettre d'amour, des rêveries, des souvenirs... Ce livre est tout ça à a fois. Bernard Giraudeau nous offre un beau récit, à la plume épurée, douce-amère. Avec lui, les paysages prennent forme, on sent le vent, la chaleur, la moiteur. Ses récits descriptifs se ponctuent de ses pensées à son amour, un amour idéal et idéel. Car si personne n'attend ses lettres et ses pensées, seul le lecteur s'en délecte. Nous emmenant successivement en Amazonie, en Patagonie, aux Philippines..., l'auteur délivre avec une superbe plume un appel aux voyages, aux rêves. Que ce soit dans les tourments de la jungle ou à bord de la Jeanne, le navire sur lequel il sera écrivain, Giraudeau n'a de cesse de ponctuer son récit de souvenirs, d'anecdotes, reliant le présent et le passé. Puis, c'est le portrait d'un homme aussi, comédien, qui apparait entre les lignes, qui emporte avec lui Richard III, alors même que le voyage l'appelle. Un bel ouvrage , que j'ai lu avec une pointe de tristesse, sachant que ce serait le dernier qu'il écrirait...
Un seul conseil, n'hésitez pas à embarquer, vous ne le regretterez pas.
Bernard Giraudeau is definitely a talented man. I already knew he was an amazing actor and a good film-maker, but with "Cher Amour" he shows everybody that he is a very good writer and a wonderful storyteller.