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Les Chants du crépuscule / Les Voix intérieures / Les Rayons et les Ombres

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French

448 pages, Mass Market Paperback

First published January 1, 1835

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About the author

Victor Hugo

6,485 books13.2k followers
After Napoleon III seized power in 1851, French writer Victor Marie Hugo went into exile and in 1870 returned to France; his novels include The Hunchback of Notre Dame (1831) and Les Misérables (1862).

This poet, playwright, novelist, dramatist, essayist, visual artist, statesman, and perhaps the most influential, important exponent of the Romantic movement in France, campaigned for human rights. People in France regard him as one of greatest poets of that country and know him better abroad.

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85 reviews2 followers
January 2, 2025
Il s'agit d'un livre contenant trois recueils d'Hugo, que je vais critiquer de manière séparée.

Les chants du crépuscule :

Il s’agit d’un recueil de poèmes écrits entre 1830 et 1835. Le recueil peut se découper en deux parties : dans la première on trouve essentiellement des poèmes politiques (sur la révolution de 1830, sur Napoléon, sur Canaris, etc…), et dans la deuxième des poèmes sur l’amour (sur la relation de Hugo avec sa femme, et surtout sur sa relation avec sa maitresse, Juliette Drouet).
La thématique centrale du recueil est la situation de fragilité qui est propre à tout changement. Le crépuscule est ce moment où le jour se transforme en nuit, cette situation d’entre deux états. De la même manière, Hugo parle de situations de changements en train de se faire (politiques et amoureux), de passage entre deux états stables, mais où on ne sait pas encore à quoi s’en tenir. Ceci est propre à la situation politique dans ces années là : la monarchie de juillet va durer, mais incarne un système batard, entre la royauté et la république, elle est elle-même un crépuscule.
Si cette métaphore s’applique bien aux poèmes politiques, cela est plus délicat pour la deuxième partie du recueil qui parle de l’amour. Hugo est lui-même dans une situation crépusculaire : entre Adèle Foucher, sa femme, et Juliette Drouet, sa maitresse. Mais la manière dont il parle de cette situation dérange. Adèle est célébrée comme sa femme fidèle, maitresse de maison, mère de ses enfants. Juliette est, elle, le sujet des poèmes d’amour, où il est question de la passion amoureuse. Hugo navigue entre ces deux femmes sans qu’il ne paraisse remarquer l’obscénité de la situation, et célèbre son indécision. Heureusement, sa femme le trompe en même temps avec son meilleur ami, à l’insu d’Hugo, ce qui rééquilibre la balance.
Deux poèmes m’ont particulièrement marqué : d’abord le poème IV « Noces et festins » dans lequel Hugo décrit un banquet obscène où des riches se goinfrent sans se préoccuper du peuple qui meurt de faim derrière la porte. Ensuite, le poème XX « L’aurore s’allume », en pentasyllabes, qui décrit le monde qui se réveille (les hommes, la nature, le poète).

Les voix intérieures :

Le recueil contient des poèmes politiques, mais surtout des poèmes sur la nature, car c'est l'époque où Hugo voyage dans toute la France avec son amante, Juliette Drouet.
Quatre poèmes ont retenu mon attention. Le premier est "A un riche" où Hugo fait une critique de la propriété et de la richesse. Le riche se pense maître de ses propriétés, maître de la nature, mais ne se rend pas compte qu'il ne possède rien. Au contraire, le riche n'est qu'aliéné, car son titre de propriété lui masque les véritables beautés naturelles et humaines.
Le deuxième est "A des oiseaux envolés" où Hugo raconte une scène de vie de famille : il a grondé ses enfants qui, en jouant, ont brûlé certains de ses manuscrits. Mais tout de suite après, Hugo s'en veux et les prie de revenir car il préfère leur vitalité à sa morne solitude. C'est le Hugo papa gâteau qui est toujours très touchant.
Le troisième, "Pensar, dudar, est une apologie du doute. Hugo montre bien que le doute trouble et fait leur, mais qu'il est en même temps salutaire. C'est un beau poème philosophique.
La dernier est "A Eugène", un poème sur le frère disparu de Hugo. Quelle figure tragique qu'Eugène Hugo, fou amoureux d'Adèle Foucher, qui deviendra la femme de son frère cadet Victor. Eugène sombre dans la folie le jour de leur mariage, et meurt à l'asile. Dans le poème, Hugo ne semble pas faire preuve de remords, et raconte plutôt l'enfance des deux frères, et la manière dont ils se sont lancés en littérature. Mais je ne peux pas ne pas penser qu'il devait y avoir une secrète culpabilité dans le cœur d'Hugo, qui a indirectement tué son frère.


Les rayons et les ombres :

Le recueil mêle les poèmes sur l'engagement artistique, les souvenirs d'enfance ou d'amour de Hugo, et les méditations métaphysique sur Dieu et la nature. Le poème le plus connu, "Tristesse d'Olympio" raconte la nostalgie d'un amoureux (Hugo lui même) qui revient seul aux endroits qu'il avait visité avec son amante.

D'autres poèmes m'ont marqué : "Le monde et le siècle" où Hugo se fait nihiliste et dresse un portrait amer de son époque. "Ce qui se passait aux Feuillantines" où il raconte son instruction et son quotidien enfantin tout en portant un regard lucide sur les soucis de sa mère. Enfin le dernier poème du recueil "Sagesse" explique la vision du monde du Hugo de 1840. Il se dit habité par trois voix discordantes : la première est celle des "ombres", elle le pousse à la colère et au dégoût du monde. La seconde est celle des "rayons" de lumière, elle le pousse à l'amour de tout ce qui existe. La dernière fait le dépassement dialectique : qu'importe qu'on aime ou qu'on déteste, la réalité se fiche de notre jugement. Hugo de fait alors l'admirateur de la transcendance divine ou naturelle, les Hommes sont si peu de chose face à l'immensité du monde. Pas très original mais c'est joli.
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