Ce roman est une plongée au cœur de la société française des années 90, les années SIDA. Le narrateur est une journaliste, Elizabeth, qui raconte la vie de trois hommes, Dominique Rossi, homosexuel, journaliste également et militant de la premier heure de la cause homosexuelle et surtout de la prévention au sein de la communauté ; Jean-Michel Leibowitz, hétérosexuel, philosophe et auteur juif de renom, ayant des liens avec Israël ; et enfin, William Miller, jeune homme paumé, sans réelle compétence hormis une formidable capacité à provoquer les gens et leur haine.
La narratrice est plutôt effacée, dans sa vie comme dans son récit. Elle raconte leur vie, peu la sienne. Elle est l'amie/collègue de Rossi, la maîtresse de Leibowitz (marié, deux enfants) et elle aide Willie à trouver un travail.
Le cœur du roman est constitué par les relations conflictuelles entre les trois hommes, à travers leur propre relation avec Elizabeth.
Autant le dire tout de suite, j'ai eu beaucoup de mal à me mettre dans ce roman. L'absence totale de personne auxquelles m'identifier, l'exaspération que certains personnages m'inspirent, le sujet qui, c'est triste car c'est pourtant le quotidien de beaucoup de gens et un réel enjeux de santé publique, m'est lointain, mais, surtout, ce style décousu, brouillon, quelque chose qui se veut moderne car ça s'apparente à l'écriture d'un langage parlé, mais par quelqu'un qui parle mal! Ça se tient quand il s'agit des dialogues avec Willie qui n'est pas très éloquent, mais le reste du temps... Les phrases, ou plutôt les morceaux de phrase, peuvent s 'enchaîner sans réelle logique, sans qu'on puisse leur donner un sens clair. Cela m'a particulièrement frappée au début, moins vers la fin, alors est-ce parce que je me suis habituée (ce qui m'inquiéterait) ou bien est-ce que l'auteur a enfin réussi à mettre ses idées dans un ordre correct? Je ne saurais le dire. Je sais juste que j'ai fini ce livre pour le finir, sans réelle satisfaction.