Ce n’est pas la première fois que je lis une 4e de couverture en me demandant si la personne a lu le livre dont elle parle. Ce que j’attendais du livre, à la lecture de cette présentation, c’est une famille heureuse, joyeuse, inhabituelle, avec des personnages hauts en couleur. Ce que j’ai eu, pendant 486 pages, c’est le vide et l’ennui.
Passons en revue ce qui m’était promis :
« cette famille passablement excentrique et farouchement globe-trotteuse »
Des blancs d’Afrique qui déménagent en Angleterre puis aux États-Unis, qui rencontrent des expatriés où qu’ils aillent dont ils ne se démarquent en rien, malgré ce qu’ils voudraient croire.
« Howard, le père spécialiste ès tuyauteries, rêve d'irriguer le Sahara et d'emmener toute sa petite famille en Afrique »
Howard, ingénieur incapable de faire un calcul de charges, faux rêveur mais vrai égoïste à l’identité si fragile qu’il sombre dans la dépression quand il lui faut faire face à ses responsabilités, quand sa femme s’affirme non seulement comme un être humain mais également comme la seule des deux qui essaye de maintenir leur famille à flots et la nourriture sur la table.
« Julia, sa femme, rebelle à l'éducation bourgeoise et artiste à ses heures »
Julia, femme au foyer désespérée devenue executive woman, sans avoir développé la moindre personnalité dans l’intervalle. Difficile de la qualifier de rebelle, quant à bourgeoise c’est une information donnée dans les premières pages qui n’a plus le moindre intérêt le reste de l’histoire.
Ce à quoi on ajoute les « trois petits diables » :
Will, le fils aîné, le seul à bénéficier d’une personnalité. Dommage que cette dernière soit plate.
Les jumeaux, Julius et Marcus, moins des personnages que des accessoires pour l’histoire, moins mal élevés que pas élevés du tout.
Ni l’évènement marquant du début du livre ni l’évènement marquant de fin du livre n’a d’intérêt. L’auteur l’a fait parce qu’il pouvait le faire, indépendamment de savoir si ça faisait une bonne histoire ou pas. La réponse est non. Le livre réussit cependant l’exploit d’être long sans développer une vie intérieure à ses personnages, sans leur donner une personnalité propre, sans les rendre attachants.