Thomas Hogan aura pourtant fait l'impossible pour exorciser ses démons intérieurs - les mêmes qui torturaient déjà son père. À quel moment a-t-il basculé ? Lorsque Paul, l'ami d'enfance, son alter ego, l'a trahi pour rejoindre la bande de Calvin ? Lorsqu'il a découvert le Blue Budd, le poker et l'alcool de poire ? Ou lorsque Donna, l'assistante du Doc', l'a entraîné derrière la scierie maudite ?
Cécile Coulon est née en 1990. Après des études en hypokhâgne et khâgne à Clermont-Ferrand, elle entre à l’Université en Lettres Modernes.
Son premier roman Le voleur de vie et son recueil de nouvelles Sauvages ont paru aux Éditions Revoir.
Outre son goût prononcé pour la littérature, de Steinbeck à Maupin en passant par Tennesse Williams et Prévert, elle est aussi passionnée de cinéma (Pasolini, La nuit du chasseur, The Big Lebowski, L’année dernière à Marienbad, etc..) et de musique (Elvis Presley, Jerry Lee Lewis, Chuck Berry, Ramones).
Une belle découverte que cette auteure dont on parle beaucoup ces temps ci avec la sortie d’ « Une bête au paradis ».
L’écriture très maîtrisée de Cécile Coulon m’a séduit dés le premier chapitre. Tout est dit à mots couverts et suggéré plutôt qu’énoncé, entre ellipses et métaphores, et ce dés le départ : un drame sous-jacent menace une famille de Haven, bourgade perdue de l’Amérique rurale, dans les années cinquante dirait-on, car rien n’est explicite. On pense à Steinbeck assurément et l’on est surpris par l’univers très affranchi, décalé, de Cécile Coulon, et par sa faculté de nous transporter dans un autre pays, à une autre époque.
L’atmosphère sombre et fataliste de ce livre m’a beaucoup plu ainsi que le rapport à une nature sauvage, toujours très présente. Au fil des pages, j’ai ressenti beaucoup d’empathie pour Thomas Hogan, le personnage principal de ce conte, tant le récit de sa brève existence, de sa naissance au drame qui le frappe à l’aube de sa vie adulte, m’a semblé tendu vers l’irrémédiable dénouement. Thomas est né d’un père austère et violent, bourreau de travail, qui dés son plus jeune âge le dénigre, et d’une mère exemple d’abnégation, aimante toutefois, peut-être trop. Nous n’aurons jamais le moindre espoir que Thomas s’en sorte. Tout le condamne : son caractère trop sensible et son physique trop fragile, «son corps ressemblait à une guitare mal accordée », le destin de son père, mort des suites d’une gangrène, dont Thomas ne parviendra guère à s’absoudre du jugement sévère. Un père pour lequel il ira, comme un rituel, sur la tombe tous les dimanche pour lui prouver qu’il n’est pas un mauvais fils : « il ne pouvait pas passer entre les mailles du filet, les enfants doivent venir pleurer leurs parents disparus, quand bien même leurs yeux seraient aussi secs qu’un nid de tourterelles ». Il n’échappera pas non plus à une amitié toxique, celle qui le lie à Paul et qui deviendra par la suite la relation conflictuelle à l’origine de sa perte.
Déconcertant, plus bouleversé par l'écrire très incisive. L'histoire et le dénouement faisant écho au Loup des Steppes. L'ordre de ma lecture a était judicieux !
La route de Thomas vers le bonheur était toute tracée. Il avait trouvé un métier en pensant s’occuper de l’immense propriété acquise par son père, qu’il leur avait laissé avant de mourir. Il ne s’était pas laissé entrainer par la mauvaise influence de son ami Paul. Thomas était un jeune homme droit, bien constitué, avec un avenir radiant.
Puis tout a basculé. Il ne peut plus voir Donna. Il sombre dans l’alcool. Il brûle son trésor précieux : sa vie, son avenir, son bonheur. Et tout cela pour quoi ? Quand sa mère s’est précipitée dehors en entendant l’accident, le cœur battant, la peur à la poitrine, la robe défaite et les cheveux en bataille, personne ne compris ce qu’il se passait. Seul son cri strident perturba le silence et la tranquillité du village.
Un livre que Cécile Coulon, termine alors qu’elle a à peine 22 ans. Une plume incisive et forte, dont l’inexpérience ne fait que souligner la force des choses et l’honnêteté de l’histoire. On note certaines faiblesses: une prose parfois maladroite, des personnages qui ne donnent pas l’impression d’être tout à fait entier.
Les premiers pas d’une autrice prometteuse, qui saura secouer la scène française avec des histoires qui savent appuyer là où il faut, qui réveillent les douleurs silencieuses et illumine les beautés oubliées.
« Le rituel n’avait pas changé : chaque soir, il arrivait vers neuf heures, sirotait un premier verre au bar puis réservait sa table favorite. Les autres joueurs se pointaient plus tard, s’installaient à ses côtés et les parties s’enchaînaient jusqu’à ce que l’un d’entre eux, dépouillé, lâche son jeu sur le tapis couleur pelouse et décoche un fabuleux crachat sur le sol recouvert de mégots et de bris de verre pilé. À deux heures, le néon du Blue Budd n’éclairait plus la rue. Thomas, ivre et enrichi, filait en zigzag jusque chez lui, s’écroulait une ou deux fois dans les escaliers avant d’atteindre sa chambre. Dans la pièce voisine, Mary priait tant qu’elle pouvait, sauf quand le médecin passait la nuit avec elle : il la prenait contre lui et ses inquiétudes s’envolaient. » p.125
Cécile Coulon raconte ici une histoire brute et très linéaire, exception faite du tout premier chapitre. On suit l'histoire d'une famille d'un village très rurale, et plus particulièrement le fils unique Thomas. On le voit grandir, faire face aux opportunités et drames que réserve la vie, impartiale. Le récit est plutôt atemporel, je ne saurais à quelle époque le situer (années 1980?). On découvre le point de vue de différents personnages en fonction de la situation, mais on revient toujours sur celui de Thomas. La premier chapitre est percutant, il happe le lecteur, l'interroge, et il a un impact important, surtout sur la suite de la lecture, car on ne peut s'empêcher de le garder à l'esprit tout au long du récit. J'ai beaucoup apprécié, même si j'ai l'impression peut-être erronée qu'il s'agit plus d'un roman expérimental (dans le sens "travail d'écriture").
Elettroencefalogramma piatto. Emoziogramma altrettanto piatto. Non capisco questo libro. Una ventiduenne francese scrive un libro ambientato in una profonda provincia americana, scimmiottando Steinbeck o Faulkner. Non ha nulla di meglio da raccontarci? Mi suona costruito, falso. Le storie sono storie, è vero. Ma qui la storia quasi non esiste, sembra un quadro disegnato con poche ampie pennellate, un’idea di storia più che una storia vera. Sembra tutto un esercizio di stile, che non mi muove un pensiero o un’emozione. A mio modesto avviso, un romanzo ampliamente sovrastimato.
Histoire du jeune Thomas Hogan, ou comment un jeune garçon tranquille avec l'avenir devant lui voit son existence basculer! Un roman qui évoque le parcours d'un jeune homme de l'adolescence a l'âge adulte, et les fêlures qui s'accumulent au fil des ans, l'issue fatale est connue des le début et pourtant l'auteur maintient son lecteur en bride jusqu'aux dernières lignes. Révélant ce que personne n'a jamais su.
Envie de découvrir cette écriture française proche des classiques américains. Le texte ne m'a pas emporté mais l'écriture est juste et le récit bien mené. Une jeune autrice à suivre.