" Paradis est lisible (et drôle, et percutant, et riche, et remuant des tas de choses dans toutes les directions – ce qui est le propre de la littérature), si vous rétablissez en vous-même, dans votre œil ou votre souffle, la ponctuation. /.../ De la vitesse de lecture, dépendent beaucoup de choses en littérature. La ponctuation, parfois, c'est comme un métronome bloqué ; défaites le corset, le sens explose. "
Roland Barthes, Sollers écrivain
Né à Bordeaux en 1936, Philippe Sollers est écrivain, éditeur et fondateur des revues Tel Quel et L'Infini . Ses romans Une curieuse solitude , Le Parc , son journal L'Année du Tigre et ses essais L'Écriture et l'expérience des limites et L'Intermédiaire sont disponibles en Points.
" Le rythme, le swing et la vitesse sont au cœur de l'œuvre de celui qui compose Paradis [...] comme une partition musicale. "
Philippe Sollers (born Philippe Joyaux) is a French writer and critic. In 1960 he founded the avant garde journal Tel Quel (along with the writer and art critic Marcelin Pleynet), published by Seuil, which ran until 1982. In 1982 Sollers then created the journal L'Infini published by Denoel which was later published under the same title by Gallimard for whom Sollers also directs the series.
Sollers was at the heart of the intense period of intellectual unrest in the Paris of the 1960s and 1970s. Among others, he was a friend of Jacques Lacan, Louis Althusser and Roland Barthes. These three characters are described in his novel, Femmes (1983) alongside a number of other figures of the French intellectual movement before and after May 1968. From A Strange Solitude, The Park and Event, through "Logiques", Lois and Paradis, down to Watteau in Venice, Une vie divine and "La Guerre du goût", the writings of Sollers have often provided contestation, provocation and challenging.
In his book Writer Sollers, Roland Barthes discusses the work of Phillippe Sollers and the meaning of language.
Sans doute le jeune Sollers avait-il plus de charme que le cuistre qu'il est devenu depuis. Sinon, je ne comprends pas comment il a réussi à séduire un critique aussi sensible que Roland Barthes.
J'ai longtemps hésité avant d'entamer la lecture de ce livre, mais c'est finalement le bel article que R.B. lui consacre dans Sollers écrivain qui m'a convaincu.
Un bloc de texte ininterrompu de plus de 300 pages sans majuscules, paragraphes ou ponctuation. Qu'en dire? Peut-être seulement ceci: R.B. n'avait pas entièrement tort: "Paradis est lisible (et drôle, et percutant, et riche, et remuant des tas de choses dans toutes les directions - ce qui est le propre de la littérature), si vous rétablissez en vous-même, dans votre oeil ou votre souffle, la ponctuation."
Et, il a raison aussi de dire que l'absence de ponctuation "vous oblige à lire plus lentement" et que "de la vitesse de lecture dépendent beaucoup de choses en littérature."
Néanmoins, il faut avoir fumé pas mal de moquette pour attribuer à ce texte le rôle éminent dans la lutte révolutionnaire que lui attribuaient l'auteur lui-même et son critique préféré. Paradis est un texte littéraire original, intelligent et bien écrit. J’ai passé un bon moment avec ce texte et souligné pas mal de passages.