What do you think?


Atheism and Theism
In this book two philosophers, each committed to unambiguous versions of belief and disbelief, debate the central issues of atheism and theism.
288 pages, Paperback
First published January 1, 1996
Ratings & Reviews
Friends & Following
Create a free account to discover what your friends think of this book!
Community Reviews
Displaying 1 - 3 of 3 reviews
February 9, 2012
Excellent introduction to the philosophical debate between Atheism and Theism. Both authors hold fairly reasonable philosophical world views and they do a good job of cutting away the poor arguments used in this area and getting to the more interesting ones. It is written for amateur philosophers (like myself), and they do a pretty good job (though not perfect) of explaining the jargon they use. They argue from different points of view that they actually believe to be true, so they (of course) make no conclusion overall, and leave it to the reader to decide. It can be difficult to read at times, but I think that is a result of the fact that the authors aren't writing for the popular culture.
December 30, 2024
C’est un très bon livre de débat de philosophie de la religion entre un théiste chrétien catholique thomiste (Haldane) et un athée naturaliste (Smart). Comme le théiste est thomiste et que c’est rarement le cas dans un livre débat, cela le rend original. Le niveau est assez haut, les deux débatteurs sont de bons philosophes rigoureux. Beaucoup de sujets habituels sont abordés : arguments cosmologiques, ontologiques, téléologiques, la conscience, l’expérience religieuse et les miracles, le problème du mal, la résurrection, la critique textuelle, . Mais pas tous, par exemple il manque la morale/l’argument moral, l’argument ontologique du côté théiste, le kalam, le Big Bang, le problème du “Dieu caché”, etc.
Les deux arguments les plus largement approfondis sont les trois premières voies de Thomas d’Aquin (des arguments cosmologiques) et des arguments téléologiques (les versions classiques : arguments partant des êtres vivants, d’êtres vivants complexes capables de se reproduire et d’être conscients doués d’esprit, en particulier des concepts qu’ils sont capables d’acquérir, l’argument original du “Premier Penseur” de Haldane) et l’argument du fine-tuning de l’univers pour la vie. Le plus intéressant, c’est que Haldane (le théiste) essaye de réhabiliter les arguments téléologiques classiques qui sont pourtant pour beaucoup réfutés par la théorie de l’évolution. Pour cela il se base sur la métaphysique thomiste qui reste valable quelque soit les découvertes scientifiques ultérieures.
Point faible, malgré leurs nombreux efforts (des exemples concrets pour illustrer), les auteurs ne sont pas toujours très clairs et faciles à comprendre (surtout sur la philosophie de l’esprit, comme d’habitude).
### Présentation de Smart
Smart parle d’abord de sa méthode naturaliste (la science comme la principale source de connaissances) et des arguments théistes qui partent de la science. Il parle de l'ancienne téléologie, l'argument des êtres vivants de William Paley aujourd'hui démenti par la théorie de l'évolution, et de la nouvelle téléologie reposant sur la physique moderne, la beauté et l'harmonie des lois de la nature, en particulier le fine-tuning de l'univers pour la vie. Il ne semble pas convaincu par l'objection du principe anthropique. Il défend la possibilité de la théorie des multivers comme alternative à l'hypothèse du design. Il reste mitigé par l'objection qu'on trouvera peut-être à l'avenir des découvertes scientifiques qui expliquent facilement le fine-tuning sans un designer car c'est un peu du wishful thinking, et en général sur le fine-tuning (pour et contre qui se défendent tous deux).
Il aborde ensuite les arguments plus abstraits, l'argument de la contingence et l'argument ontologique. Il remet en question le sens de la notion de la nécessité qui dépend de la philosophie des mathématiques à laquelle on adhère. La seule qui permet de fonder la nécessité de l’argument de la contingence, c’est pour lui en gros la position platoniste où on connaît les maths par pure intuition. Les autres s’y opposent comme la théorie conventionnelle, la théorie des maths comme un raccourci pour la science (Quine ?), etc.
Il rejette l’argument de l’expérience et les miracles car en gros on peut tous les expliquer par des phénomènes purement naturels, donc par le naturalisme. Une explication naturaliste sera toujours possible pour chaque expérience religieuse ou miracle. Pour l’argument de l’expérience religieuse en particulier, il ne repose sur aucun sens (il n’y a pas à proprement parler de sens spirituel car il n’est pas objectif comme les cinq sens classiques) objectif, donc n’a aucune valeur objective et ne peut donc être valide.
De même, il rejette la fiabilité de la Bible et la résurrection du Christ, on peut toujours à nouveau proposer une explication naturaliste qui ne fait pas appel au surnaturel. Il s’inspire de F. H. Bradley pour qui nos analyses dépendent de nos présupposés, donc ces arguments risquent peu d’être convaincants pour les athées ou naturalistes.
Il reprend le problème logique du mal et répond seulement à la théodicée par le libre-arbitre qu’il critique car repose sur la définition fallacieuse libertarienne du libre-arbitre. Il adhère lui à un déterminisme et au compatibilisme.
### Présentation de Haldane
Haldane est un catholique romain thomiste du courant thomisme analytique. Il reconnaît que lui et Smart adhèrent tous deux au réalisme métaphysique qui dit qu’on peut connaître la réalité telle qu’elle est, que nos descriptions collent à la réalité, à l’opposé des antiréalistes. C’est le réalisme scientifique. Mais leur chemin commun s’arrête là, à partir de Dieu.
Il répond d’abord à la méthode naturaliste de Smart. Elle a des limites, ne peut pas tout expliquer car elle repose sur des présupposés qu’elle ne peut pas fonder : l’intelligibilité, la régularité des lois de la nature de notre univers.
Il rejette l’argument ontologique.
Il défend les arguments téléologiques. D’abord l’argument classique à partir des êtres vivants (”the old teleology”), même si l’évolution est vraie (il trouve lui-même le créationnisme ridicule et fou “foolish”). Il reprend en gros la cinquième voie de Thomas d’Aquin et la vision thomiste des causes finales dont la science moderne ne peut absolument pas se passer quoi qu’on en dise. Il y a trois niveaux qui exigent le design : le passage de la matière inerte à la vie (la simple matière ne suffit pas car cela revient à éliminer la réalité de la vie, c’est un éliminativisme), le passage d’être vivants primitifs à des êtres vivants complexes (c’est-à-dire capables de se répliquer ou de se reproduire, le problème si l’on invoque la sélection naturelle, c’est qu’on tombe dans un raisonnement circulaire et ce phénomène ou fait reste inexpliqué), et enfin le passage du unminded au minded (l’apparition de la conscience). Il écrit d’abord une première grosse partie avec les deux premiers arguments où il s’attaque au réductionnisme (il distingue réductionnisme métaphysique et réductionnisme épistémologique) en utilisant l’exemple de la philosophie de l’esprit avec l’intentionnalité, sujet qu’il détaillera juste après.
En parlant de la conscience (mind), il s’attelle tout d’abord à réfuter le physicalisme qui essaye de réduire les événements ou phénomènes mentaux (comme ”J’écris une phrase.”) à des “suites d’événements physiques reliés les uns aux autres”. En gros, réduire le mental au physique ou matériel. Il montre que le mental et le physique sont deux catégories différentes et que la première est irréductible (passage assez complexe comme en général en philosophie de l’esprit).
Puis il cherche à expliquer l’origine des concepts qui sont généraux. Pour cela, il fait appel à une explication “thomistico-wittgensteinienne” : on apprend les concepts grâce à un “enseignant”, quelqu’un d’une communauté qui nous les enseigne à travers le langage (donc par l’expérience), ce qui est possible parce qu’on possède une capacité innée à former des concepts (intellect patient et agent d’Aristote). Cette théorie permet de reprendre les points forts à la fois de l’innéisme (les concepts sont entièrement innés) et l’abstractionnisme (les concepts ne viennent que de l’expérience). Mais si l’on cherche une explication vraiment satisfaisante, il faut remonter à “un premier Penseur” ou “premier Diseur” (en anglais first Sayer) pour éviter une régression de penseurs ou de diseurs à l’infini (car si mon père m’a appris le concept rouge, lui aussi quelqu’un le lui a appris, et ainsi de suite, on ne peut pas aller à l’infini). Tout comme on doit remonter à un premier Moteur pour expliquer le mouvement. Ce premier Penseur doit être transcendant pour ne pas tomber dans une régression infinie de En soi, le passage de l’état “Je ne connais pas encore le concept A.” à l’état “Je le connais désormais.” est un mouvement ou changement, donc on pourrait lui appliquer la preuve par le mouvement. Mais on voit bien qu’il s’agit d’un mouvement bien spécifique car impliquant la conscience, l’intelligence ou l’esprit, d’où la preuve assez originale par l’esprit ou la pensée de Haldane. Il reconnaît que l’argument basé sur les êtres vivants est moins fort que celui basé sur des êtres doués d’esprit.
Il en vient ensuite à la new teleology, le débat basé sur les découvertes de la cosmologie moderne avec le réglage fin de l’univers pour la vie. Il répond aux deux objections majeures : le principe anthropique et la théorie des multivers (à un moment fait une comparaison avec l’interprétation d’Everitt de la physique quantique). Pour lui la théorie des multivers est une hypothèse ad hoc. La meilleure explication est le design, pas le hasard.
Dans un deuxième type de preuves il propose des arguments cosmologiques, un mix des trois premières voies de Thomas d’Aquin combinées au PRS de Leibniz (défense contre Hume et l’objection basée sur l’indéterminisme de la physique quantique). Il consacre une assez grande partie sur le gap problem (impassibilité, éternité, immutabilité du premier moteur).
Sur le problème du mal (la version logique classique), il utilise la défense par la définition thomiste du mal comme une privation (le mal est inévitable dès lors que Dieu crée des créatures qui suivent des bonnes tendances) et la défense par le libre-arbitre (libertarien) où il répond au déterminisme de Smart où défend que la causalité peut ne pas forcément être déterministe et que la tendance (liée à la finalité) qu’ont les choses à faire telles actions suffit pour expliquer leurs choix.
Il choisit de ne pas se baser sur l’expérience religieuse qu’il juge ne pas être objective et contradictoire en fonction des gens.
### Première réponse de Smart
Il répond aux arguments téléologiques de Haldane en continuant à affirmer qu’une explication naturaliste est plus simple qu’une explication basée sur un designer, et donc qu’il faut privilégier par défaut la première.
Sur tout ce qui tourne autour de la conscience, il réaffirme son physicalisme comme étant la meilleure explication.
Sur les arguments cosmologiques, il continue remet en cause le sens de la nécessité essentielle pour l’argument de la contingence (la nécessité est une notion qui dépend du contexte dans lequel elle est utilisée) et un usage métaphysique de la causalité (mais qu’on peut utiliser dans des domaines moins abstraits) qu’il définit plutôt en reprenant la notion de régularité des lois de Hume. Pour lui, l’Être nécessaire ou indépendant peut très bien être l’univers, défini comme l’entièreté de l’espace-temps, il est donc indépendant de celui-ci.
Sur le mal et le libre-arbitre, il réattaque le libertarianisme défendu par Haldane. Smart distingue les raisons au sens de causes et les raisons au sens de justifications.
### Première réponse de Haldane
Sur la partie arguments téléologiques, il affirme que les arguments de Smart reposent in fine sur des présupposés non démontrés, que par défaut dans tous les cas (même là où pour Haldane le naturalisme “bloque”), il faut privilégier les hypothèses naturalistes.
Sur les arguments cosmologiques, il ne semble pas vraiment ajouter quelque chose de nouveau.
Pour ces deux parties, il les résume dans un schéma clair.
Sur la conscience, il juge que Smart n’est en fait pas un naturaliste “pur”, mais si on reprend la terminologie contemporaine plutôt un naturaliste modéré ou libertarien car il admet l’existence d’objets abstraits comme les ensembles.
Sur le mal et le libre-arbitre, il défend encore son libertarianisme, insiste sur le fait qu’il ne pas faire intervenir des “causes” (au sens de déterminantes) dans les choix rationnels, que ceux-ci sont irréductibles à celles-ci. Il explique ce qu’il a présenté à Smart et qu’il ne comprend pas “mouvements internes”.
Il finit en parlant de la religion chrétienne et de la révélation, en répondant aux arguments de Smart contre le christianisme basés sur la critique textuelle appliquée aux écrits du Nouveau Testament. Il réfute la thèse de Jésus comme un zélote condamné par les Romains pour incitation à la révolte. La plupart des objections reposent sur le présupposé que les miracles sont impossibles.
### Afterword
Smart et Haldane partagent tous deux un réalisme métaphysique, contre par exemple Hillary Putnam. On trouve une analyse des deux débatteurs en lien avec la pensée de Putnam.
### Deuxième réponse de Smart
Smart répond d’abord aux arguments plus récents (à l’époque) de Plantinga sur sa conception de la nécessité et à l’argument ontologique d’Anselme qu’on lui reproche d’avoir homis (a contrario de celui de Descartes).
Il reprend la preuve contre Dieu de J. N. Findlay et son article qui attaque la nécessité de laquelle dépend l’argument de la contingence. Tout se base sur la littérature récente qu’il est utile de connaître au préalable, sinon pas trop d’intérêt.
Sur le fine-tuning, il réavance la théorie des multivers mais reconnaît qu’elle est fondée sur très peu de preuves empiriques mais donne un exemple qui montre qu’elle n’est pas entièrement ad hoc. Il évalue aussi le fine-tuning avec un calcul bayésien symbolique pour montrer en quoi il n’est pas pour lui pas concluant.
Sur l’argument des êtres vivants, il réavance son naturalisme sans vraiment de changement.
### Deuxième réponse de Haldane
Il salue tout d’abord les efforts de la philosophie analytique de la religion, en particulier Swinburne et Plantinga. Il fait remarquer qu’il vient dans ce débat non pas en tant que spécialiste de ce domaine, mais plutôt en tant que philosophe généraliste, ce qui permet d’enrichir le débat au lieu de cantonner à des sujets souvent trop précis selon lui.
Sur les arguments téléologiques, il appuie son premier argument téléologique sur les êtres vivants avec des données plus récentes, notamment du courant Intelligent Design avec le livre controversé *Darwin’s Black Box* de Michael Behe. Il développe aussi plus en détails son argument du Prime Thinker, notamment en le formalisant explicitement avec des prémisses, ce qui est très appréciable.
Sur les arguments cosmologiques, il revient encore sur la notion de nécessité qui fait défaut pour Smart dans celui de la contingence.
Il propose une section assez originale qui traite et relie le réalisme métaphysique, l’anti-réalisme, l’idéalisme, en particulier de George Berkeley avec le théisme, en particulier le thomisme. Le réalisme en gros pose l’existence d’un monde extérieur indépendant de l’exercice de nos sens, ou dit autrement qu’il y a des propositions dont la vérité ou la fausseté ne dépendent pas de nous, qui sont vraies ou fausses même quand on ne le sait pas ou ne connaît pas les choses représentées par les idées qui y apparaissent. Les cinq voies de Thomas d’Aquin sont valides même dans un cadre anti-réaliste ou idéaliste (dommage que Berkeley ne dise pas explicitement si pour lui ce sont de synonymes), même s’il n’y a que des perceptions, celles-ci sont ou impliquent des changement, des causes efficientes, de la contingence, des degrés de perfection, de la finalité. L’anti-réalisme, le contraire. Il réfute les arguments de Berkeley contre “l’objectivité” de la matière. Mais ce qui est très intéressant, c’est que modulo ou en ignorant ces erreurs de Berkeley réfutées, son idéalisme débouche sur le fait que la vérité ou la fausseté des énoncés dépendent in fine de Dieu, ce qu’affirment finalement tout autant les réalistes théistes ou en particulier chrétiens comme Thomas d’Aquin. Donc d’une certaine manière, l’idéalisme (toute chose est perçue/perception ou un esprit) accouche d’un réalisme (objectivité des choses grâce à Dieu). Faire de Dieu la mesure de toute chose est la seule solution pour éviter de tomber dans l’erreur de Protagoras qui fait de l’homme “la mesure de toute chose”.
Sur le problème du mal, il reprend la distinction entre problème logique et problème empirique pour s’attaquer au second. Pour le second, il défend brièvement qu’il peut très bien exister des raisons à des maux qui semblent arbitraires même si elles nous échappent (théisme sceptique).
Il conclut avec un argument du désir basé sur la citation connue des *Confessions* de saint Augustin même s’il reconnaît qu’il ne peut pas défendre la prémisse “Tout ce qui est objet d’un désir existe.” duquel il dépend.
Les deux arguments les plus largement approfondis sont les trois premières voies de Thomas d’Aquin (des arguments cosmologiques) et des arguments téléologiques (les versions classiques : arguments partant des êtres vivants, d’êtres vivants complexes capables de se reproduire et d’être conscients doués d’esprit, en particulier des concepts qu’ils sont capables d’acquérir, l’argument original du “Premier Penseur” de Haldane) et l’argument du fine-tuning de l’univers pour la vie. Le plus intéressant, c’est que Haldane (le théiste) essaye de réhabiliter les arguments téléologiques classiques qui sont pourtant pour beaucoup réfutés par la théorie de l’évolution. Pour cela il se base sur la métaphysique thomiste qui reste valable quelque soit les découvertes scientifiques ultérieures.
Point faible, malgré leurs nombreux efforts (des exemples concrets pour illustrer), les auteurs ne sont pas toujours très clairs et faciles à comprendre (surtout sur la philosophie de l’esprit, comme d’habitude).
### Présentation de Smart
Smart parle d’abord de sa méthode naturaliste (la science comme la principale source de connaissances) et des arguments théistes qui partent de la science. Il parle de l'ancienne téléologie, l'argument des êtres vivants de William Paley aujourd'hui démenti par la théorie de l'évolution, et de la nouvelle téléologie reposant sur la physique moderne, la beauté et l'harmonie des lois de la nature, en particulier le fine-tuning de l'univers pour la vie. Il ne semble pas convaincu par l'objection du principe anthropique. Il défend la possibilité de la théorie des multivers comme alternative à l'hypothèse du design. Il reste mitigé par l'objection qu'on trouvera peut-être à l'avenir des découvertes scientifiques qui expliquent facilement le fine-tuning sans un designer car c'est un peu du wishful thinking, et en général sur le fine-tuning (pour et contre qui se défendent tous deux).
Il aborde ensuite les arguments plus abstraits, l'argument de la contingence et l'argument ontologique. Il remet en question le sens de la notion de la nécessité qui dépend de la philosophie des mathématiques à laquelle on adhère. La seule qui permet de fonder la nécessité de l’argument de la contingence, c’est pour lui en gros la position platoniste où on connaît les maths par pure intuition. Les autres s’y opposent comme la théorie conventionnelle, la théorie des maths comme un raccourci pour la science (Quine ?), etc.
Il rejette l’argument de l’expérience et les miracles car en gros on peut tous les expliquer par des phénomènes purement naturels, donc par le naturalisme. Une explication naturaliste sera toujours possible pour chaque expérience religieuse ou miracle. Pour l’argument de l’expérience religieuse en particulier, il ne repose sur aucun sens (il n’y a pas à proprement parler de sens spirituel car il n’est pas objectif comme les cinq sens classiques) objectif, donc n’a aucune valeur objective et ne peut donc être valide.
De même, il rejette la fiabilité de la Bible et la résurrection du Christ, on peut toujours à nouveau proposer une explication naturaliste qui ne fait pas appel au surnaturel. Il s’inspire de F. H. Bradley pour qui nos analyses dépendent de nos présupposés, donc ces arguments risquent peu d’être convaincants pour les athées ou naturalistes.
Il reprend le problème logique du mal et répond seulement à la théodicée par le libre-arbitre qu’il critique car repose sur la définition fallacieuse libertarienne du libre-arbitre. Il adhère lui à un déterminisme et au compatibilisme.
### Présentation de Haldane
Haldane est un catholique romain thomiste du courant thomisme analytique. Il reconnaît que lui et Smart adhèrent tous deux au réalisme métaphysique qui dit qu’on peut connaître la réalité telle qu’elle est, que nos descriptions collent à la réalité, à l’opposé des antiréalistes. C’est le réalisme scientifique. Mais leur chemin commun s’arrête là, à partir de Dieu.
Il répond d’abord à la méthode naturaliste de Smart. Elle a des limites, ne peut pas tout expliquer car elle repose sur des présupposés qu’elle ne peut pas fonder : l’intelligibilité, la régularité des lois de la nature de notre univers.
Il rejette l’argument ontologique.
Il défend les arguments téléologiques. D’abord l’argument classique à partir des êtres vivants (”the old teleology”), même si l’évolution est vraie (il trouve lui-même le créationnisme ridicule et fou “foolish”). Il reprend en gros la cinquième voie de Thomas d’Aquin et la vision thomiste des causes finales dont la science moderne ne peut absolument pas se passer quoi qu’on en dise. Il y a trois niveaux qui exigent le design : le passage de la matière inerte à la vie (la simple matière ne suffit pas car cela revient à éliminer la réalité de la vie, c’est un éliminativisme), le passage d’être vivants primitifs à des êtres vivants complexes (c’est-à-dire capables de se répliquer ou de se reproduire, le problème si l’on invoque la sélection naturelle, c’est qu’on tombe dans un raisonnement circulaire et ce phénomène ou fait reste inexpliqué), et enfin le passage du unminded au minded (l’apparition de la conscience). Il écrit d’abord une première grosse partie avec les deux premiers arguments où il s’attaque au réductionnisme (il distingue réductionnisme métaphysique et réductionnisme épistémologique) en utilisant l’exemple de la philosophie de l’esprit avec l’intentionnalité, sujet qu’il détaillera juste après.
En parlant de la conscience (mind), il s’attelle tout d’abord à réfuter le physicalisme qui essaye de réduire les événements ou phénomènes mentaux (comme ”J’écris une phrase.”) à des “suites d’événements physiques reliés les uns aux autres”. En gros, réduire le mental au physique ou matériel. Il montre que le mental et le physique sont deux catégories différentes et que la première est irréductible (passage assez complexe comme en général en philosophie de l’esprit).
Puis il cherche à expliquer l’origine des concepts qui sont généraux. Pour cela, il fait appel à une explication “thomistico-wittgensteinienne” : on apprend les concepts grâce à un “enseignant”, quelqu’un d’une communauté qui nous les enseigne à travers le langage (donc par l’expérience), ce qui est possible parce qu’on possède une capacité innée à former des concepts (intellect patient et agent d’Aristote). Cette théorie permet de reprendre les points forts à la fois de l’innéisme (les concepts sont entièrement innés) et l’abstractionnisme (les concepts ne viennent que de l’expérience). Mais si l’on cherche une explication vraiment satisfaisante, il faut remonter à “un premier Penseur” ou “premier Diseur” (en anglais first Sayer) pour éviter une régression de penseurs ou de diseurs à l’infini (car si mon père m’a appris le concept rouge, lui aussi quelqu’un le lui a appris, et ainsi de suite, on ne peut pas aller à l’infini). Tout comme on doit remonter à un premier Moteur pour expliquer le mouvement. Ce premier Penseur doit être transcendant pour ne pas tomber dans une régression infinie de En soi, le passage de l’état “Je ne connais pas encore le concept A.” à l’état “Je le connais désormais.” est un mouvement ou changement, donc on pourrait lui appliquer la preuve par le mouvement. Mais on voit bien qu’il s’agit d’un mouvement bien spécifique car impliquant la conscience, l’intelligence ou l’esprit, d’où la preuve assez originale par l’esprit ou la pensée de Haldane. Il reconnaît que l’argument basé sur les êtres vivants est moins fort que celui basé sur des êtres doués d’esprit.
Il en vient ensuite à la new teleology, le débat basé sur les découvertes de la cosmologie moderne avec le réglage fin de l’univers pour la vie. Il répond aux deux objections majeures : le principe anthropique et la théorie des multivers (à un moment fait une comparaison avec l’interprétation d’Everitt de la physique quantique). Pour lui la théorie des multivers est une hypothèse ad hoc. La meilleure explication est le design, pas le hasard.
Dans un deuxième type de preuves il propose des arguments cosmologiques, un mix des trois premières voies de Thomas d’Aquin combinées au PRS de Leibniz (défense contre Hume et l’objection basée sur l’indéterminisme de la physique quantique). Il consacre une assez grande partie sur le gap problem (impassibilité, éternité, immutabilité du premier moteur).
Sur le problème du mal (la version logique classique), il utilise la défense par la définition thomiste du mal comme une privation (le mal est inévitable dès lors que Dieu crée des créatures qui suivent des bonnes tendances) et la défense par le libre-arbitre (libertarien) où il répond au déterminisme de Smart où défend que la causalité peut ne pas forcément être déterministe et que la tendance (liée à la finalité) qu’ont les choses à faire telles actions suffit pour expliquer leurs choix.
Il choisit de ne pas se baser sur l’expérience religieuse qu’il juge ne pas être objective et contradictoire en fonction des gens.
### Première réponse de Smart
Il répond aux arguments téléologiques de Haldane en continuant à affirmer qu’une explication naturaliste est plus simple qu’une explication basée sur un designer, et donc qu’il faut privilégier par défaut la première.
Sur tout ce qui tourne autour de la conscience, il réaffirme son physicalisme comme étant la meilleure explication.
Sur les arguments cosmologiques, il continue remet en cause le sens de la nécessité essentielle pour l’argument de la contingence (la nécessité est une notion qui dépend du contexte dans lequel elle est utilisée) et un usage métaphysique de la causalité (mais qu’on peut utiliser dans des domaines moins abstraits) qu’il définit plutôt en reprenant la notion de régularité des lois de Hume. Pour lui, l’Être nécessaire ou indépendant peut très bien être l’univers, défini comme l’entièreté de l’espace-temps, il est donc indépendant de celui-ci.
Sur le mal et le libre-arbitre, il réattaque le libertarianisme défendu par Haldane. Smart distingue les raisons au sens de causes et les raisons au sens de justifications.
### Première réponse de Haldane
Sur la partie arguments téléologiques, il affirme que les arguments de Smart reposent in fine sur des présupposés non démontrés, que par défaut dans tous les cas (même là où pour Haldane le naturalisme “bloque”), il faut privilégier les hypothèses naturalistes.
Sur les arguments cosmologiques, il ne semble pas vraiment ajouter quelque chose de nouveau.
Pour ces deux parties, il les résume dans un schéma clair.
Sur la conscience, il juge que Smart n’est en fait pas un naturaliste “pur”, mais si on reprend la terminologie contemporaine plutôt un naturaliste modéré ou libertarien car il admet l’existence d’objets abstraits comme les ensembles.
Sur le mal et le libre-arbitre, il défend encore son libertarianisme, insiste sur le fait qu’il ne pas faire intervenir des “causes” (au sens de déterminantes) dans les choix rationnels, que ceux-ci sont irréductibles à celles-ci. Il explique ce qu’il a présenté à Smart et qu’il ne comprend pas “mouvements internes”.
Il finit en parlant de la religion chrétienne et de la révélation, en répondant aux arguments de Smart contre le christianisme basés sur la critique textuelle appliquée aux écrits du Nouveau Testament. Il réfute la thèse de Jésus comme un zélote condamné par les Romains pour incitation à la révolte. La plupart des objections reposent sur le présupposé que les miracles sont impossibles.
### Afterword
Smart et Haldane partagent tous deux un réalisme métaphysique, contre par exemple Hillary Putnam. On trouve une analyse des deux débatteurs en lien avec la pensée de Putnam.
### Deuxième réponse de Smart
Smart répond d’abord aux arguments plus récents (à l’époque) de Plantinga sur sa conception de la nécessité et à l’argument ontologique d’Anselme qu’on lui reproche d’avoir homis (a contrario de celui de Descartes).
Il reprend la preuve contre Dieu de J. N. Findlay et son article qui attaque la nécessité de laquelle dépend l’argument de la contingence. Tout se base sur la littérature récente qu’il est utile de connaître au préalable, sinon pas trop d’intérêt.
Sur le fine-tuning, il réavance la théorie des multivers mais reconnaît qu’elle est fondée sur très peu de preuves empiriques mais donne un exemple qui montre qu’elle n’est pas entièrement ad hoc. Il évalue aussi le fine-tuning avec un calcul bayésien symbolique pour montrer en quoi il n’est pas pour lui pas concluant.
Sur l’argument des êtres vivants, il réavance son naturalisme sans vraiment de changement.
### Deuxième réponse de Haldane
Il salue tout d’abord les efforts de la philosophie analytique de la religion, en particulier Swinburne et Plantinga. Il fait remarquer qu’il vient dans ce débat non pas en tant que spécialiste de ce domaine, mais plutôt en tant que philosophe généraliste, ce qui permet d’enrichir le débat au lieu de cantonner à des sujets souvent trop précis selon lui.
Sur les arguments téléologiques, il appuie son premier argument téléologique sur les êtres vivants avec des données plus récentes, notamment du courant Intelligent Design avec le livre controversé *Darwin’s Black Box* de Michael Behe. Il développe aussi plus en détails son argument du Prime Thinker, notamment en le formalisant explicitement avec des prémisses, ce qui est très appréciable.
Sur les arguments cosmologiques, il revient encore sur la notion de nécessité qui fait défaut pour Smart dans celui de la contingence.
Il propose une section assez originale qui traite et relie le réalisme métaphysique, l’anti-réalisme, l’idéalisme, en particulier de George Berkeley avec le théisme, en particulier le thomisme. Le réalisme en gros pose l’existence d’un monde extérieur indépendant de l’exercice de nos sens, ou dit autrement qu’il y a des propositions dont la vérité ou la fausseté ne dépendent pas de nous, qui sont vraies ou fausses même quand on ne le sait pas ou ne connaît pas les choses représentées par les idées qui y apparaissent. Les cinq voies de Thomas d’Aquin sont valides même dans un cadre anti-réaliste ou idéaliste (dommage que Berkeley ne dise pas explicitement si pour lui ce sont de synonymes), même s’il n’y a que des perceptions, celles-ci sont ou impliquent des changement, des causes efficientes, de la contingence, des degrés de perfection, de la finalité. L’anti-réalisme, le contraire. Il réfute les arguments de Berkeley contre “l’objectivité” de la matière. Mais ce qui est très intéressant, c’est que modulo ou en ignorant ces erreurs de Berkeley réfutées, son idéalisme débouche sur le fait que la vérité ou la fausseté des énoncés dépendent in fine de Dieu, ce qu’affirment finalement tout autant les réalistes théistes ou en particulier chrétiens comme Thomas d’Aquin. Donc d’une certaine manière, l’idéalisme (toute chose est perçue/perception ou un esprit) accouche d’un réalisme (objectivité des choses grâce à Dieu). Faire de Dieu la mesure de toute chose est la seule solution pour éviter de tomber dans l’erreur de Protagoras qui fait de l’homme “la mesure de toute chose”.
Sur le problème du mal, il reprend la distinction entre problème logique et problème empirique pour s’attaquer au second. Pour le second, il défend brièvement qu’il peut très bien exister des raisons à des maux qui semblent arbitraires même si elles nous échappent (théisme sceptique).
Il conclut avec un argument du désir basé sur la citation connue des *Confessions* de saint Augustin même s’il reconnaît qu’il ne peut pas défendre la prémisse “Tout ce qui est objet d’un désir existe.” duquel il dépend.
August 12, 2024
A NON-POLEMICAL CHRISTIAN/ATHEIST DEBATE
John Jamieson Carswell Smart (1920-2012) was an Australian philosopher who was Emeritus Professor at Australian National University; he has written books such as 'Philosophy and Scientific Realism,' 'Utilitarianism: For and Against,' etc. J.J. Haldane is professor of Philosophy at the University of St. Andrews; he has also written books such as Possible Worlds, etc. [Haldane is also "an orthodox Roman Catholic believing in such Creedal doctrines as the Trinity, and... the divinity of Jesus Christ." Pg. 87]
They note in the Introduction to this 1996 book, "The format of the exchange is straightforward. In chapter 1 Smart lays out his case for atheism; in chapter 2 Haldane develops his argument for theism; chapters 3 and 4 consist of replies... the volume ends with a brief afterword in which we reaffirm our commitment to metaphysical realism, be it that we have different views about what reality contains... our hope, however, is that you will be prompted to enter in and contribute to the continuing debate between atheism and theism." (Pg. 5)
Smart criticizes the so-called "Free Will Defense" of the Problem of Evil: "I will not grant the theist the notion of libertarian free will, which seems to me to be an absurd one... I hold that any sensible notion of free will is compatible with determinism... Compatibilism [i.e., free will and determinism are compatible ideas] seems right in relation to any sensible account of free will. Indeterminism does not confer freedom on us: I would feel that my freedom was impaired if I thought that a quantum mechanical trigger in my brain might cause me to leap into the garden and eat a slug." (Pg. 69-70)
Haldane says, "there is a good deal of life remaining in the 'old style' design arguments. Evolutionary theory, and naturalism more generally, are not equipped to explain three important differences which common sense and philosophically unprejudiced science both recognize: those between the inanimate and the animate; the non-reproductive and the reproductive; and the non-mental and the mental." (Pg. 119)
Haldane argues, "Just as in making a world of living things God indirectly causes and continuously permits the obstruction and destruction that results from the flow of life, so in making free agents he is causally responsible for circumstances in which wrongs are done; but in neither case does God directly bring about evil." (Pg. 157)
This is an excellent debate book, and will be of considerable value to anyone interested in Christian apologetics, or the philosophy of religion.
John Jamieson Carswell Smart (1920-2012) was an Australian philosopher who was Emeritus Professor at Australian National University; he has written books such as 'Philosophy and Scientific Realism,' 'Utilitarianism: For and Against,' etc. J.J. Haldane is professor of Philosophy at the University of St. Andrews; he has also written books such as Possible Worlds, etc. [Haldane is also "an orthodox Roman Catholic believing in such Creedal doctrines as the Trinity, and... the divinity of Jesus Christ." Pg. 87]
They note in the Introduction to this 1996 book, "The format of the exchange is straightforward. In chapter 1 Smart lays out his case for atheism; in chapter 2 Haldane develops his argument for theism; chapters 3 and 4 consist of replies... the volume ends with a brief afterword in which we reaffirm our commitment to metaphysical realism, be it that we have different views about what reality contains... our hope, however, is that you will be prompted to enter in and contribute to the continuing debate between atheism and theism." (Pg. 5)
Smart criticizes the so-called "Free Will Defense" of the Problem of Evil: "I will not grant the theist the notion of libertarian free will, which seems to me to be an absurd one... I hold that any sensible notion of free will is compatible with determinism... Compatibilism [i.e., free will and determinism are compatible ideas] seems right in relation to any sensible account of free will. Indeterminism does not confer freedom on us: I would feel that my freedom was impaired if I thought that a quantum mechanical trigger in my brain might cause me to leap into the garden and eat a slug." (Pg. 69-70)
Haldane says, "there is a good deal of life remaining in the 'old style' design arguments. Evolutionary theory, and naturalism more generally, are not equipped to explain three important differences which common sense and philosophically unprejudiced science both recognize: those between the inanimate and the animate; the non-reproductive and the reproductive; and the non-mental and the mental." (Pg. 119)
Haldane argues, "Just as in making a world of living things God indirectly causes and continuously permits the obstruction and destruction that results from the flow of life, so in making free agents he is causally responsible for circumstances in which wrongs are done; but in neither case does God directly bring about evil." (Pg. 157)
This is an excellent debate book, and will be of considerable value to anyone interested in Christian apologetics, or the philosophy of religion.
Displaying 1 - 3 of 3 reviews

