C'est un livre accessible du théologien et pasteur réformé R. C. Sproul où il vulgarise bien les critiques des nombreux non-sens philosophiques de physiciens et cosmologues contemporains (Peter Atkins, Leonard Mlodinow, Stephen Hawkins, Lawrence Krauss, etc.) quand ils parlent de l'origine de l'univers
Il montre comment de nombreuses affirmations par ces derniers s'opposent frontalement aux principes fondamentaux de la logique et de la philosophie comme le principe de non-contradiction (comme par exemple qu'un atome se trouve à un endroit et à un autre en même temps ou lorsque certains parlent de "d'auto-création", *self-creation* en anglais) et le principe ex nihilo nihil fit (de rien rien ne sort) comme quand ils disent que tout s'est créé par le seul hasard.
Il souligne comme principal erreur le passage de la définition du hasard comme l'ignorance de cause inconnue de nous qui agissent sur des effets (chez des Modernes comme Hume) à l'attribution d'un pouvoir causal ou hasard qui en soi n'en a pas réellement car ne désigne pas un objet précis bien défini (chez des physiciens contemporains).
Il présente également le fameux problème philosophique du sujet-objet, qui consiste à rendre compte de l'objectivité de notre connaissance sensible, étant donné que nos sens ne semblent nous apporter que des informations au sujet des phénomènes et non pas de l'essence réelle des choses. A cette fin, Sproul cite de nombreux auteurs, comme Francis Schaeffer (sur la théorie de la correspondance de la vérité), Gordon H. Clark (sur le relativisme et le scepticisme auquels nous mènent inéluctablement l'empirisme, et donc il faut comme seul fondement possible de la certitude l'existence de Dieu et la Bible), Georges Berkeley (problème "subjectivisation" des sens auquel il remédie avec la perception objective de Dieu) et David Hume (comment passer de nos sens à une connaissance certaine ?). Sproul répond à ce problème en invoquant la distinction aristotélicienne entre substance et accident selon ce courant. La science permettrait de connaître les accidents des choses et des phénomènes, mais pas nécessairement leur substance. Ce qui permet d'équilibrer à la fois notre connaissance factuelle et réelle scientifique, et notre limite épistémologique qu'on a juste titre souligné des philosophes cités précédemment.
Dans un autre chapitre, Sproul présente le rôle de régulateur ou de garde-fou que joue la logique classique en particulier, vis-à-vis de la science, car elle présente des règles que la science ne pourra jamais en aucun violer sous peine de miner ses propres fondements. Il joue ce rôle principalement à travers le principe de non-contradiction que malheureusement de nombreux scientifiques enfreignent ta tort au vu de leur ignorance de la philosophie, même s'ils sont sans aucun doute d'excellents scientifiques.
Self creation ("création par soi" ou "autocréation") en anglais désigne une création à partir de soi-même, tandis que la création spontanée désigne une création à partir de rien (absolument aucune chose ou matériau préexistante). Ces deux options sont absurdes car elles mènent à la des contradictions, l'autocréation à "L'univers a existé avant qu'il n'existe.", la création spontanée à "Le néant a un pouvoir causal.".
Dans deux ou trois autres chapitres, vers la fin Sproul présente un argument cosmologique de type thomiste/cause première basé sur une disjonction de cas entre différentes possibilités précises :
1. Soit l'univers s'est autocréé (self-created) ou créé spontanément ;
2. Soit l'univers a une cause transcendante ;
3. Soit l'univers est éternel (a toujours été) ;
4. Soit enfin l'univers a été causé à travers une régression infinie de causes à effet, c'est-à-dire une série de causes à effet dans laquelle on peut remonter à l'infini sans premier maillon.
Il rapporte l'histoire de la pensée de Bertrand Russell au sujet de cet argument et la critique qu'il en fait. Russell, dans son enfance, était un partisan de cette argument, mais il commença à le remettre en question à partir de son adolescence. Pour lui, le problème de l'argument était qu'une régression infinie était possible, mais Sproul répond que cela n'explique pas vraiment la série tout comme Frederick Copleston dans son débat avec Russell (sans vraiment développer).
La première possibilité est absurde pour les raisons énoncées auparavant.
L'option restante est la plus défendable, la position selon laquelle l'univers est éternel et donc qui n'a pas de cause personnelle transcendante. J'ai l'impression que malheureusement Sproul n'y répond pas vraiment.
Dans l'avant-dernier chapitre, Sproul s'attarde à réfuter et mettre en avant plusieurs erreurs d'éminents physiciens contemporains, comme Peter Atkins, Miroslav Leonard, Stephen Hawking et Lawrence Kraus. Ces auteurs prétendent que la création ex nihilo est possible, c'est-à-dire que l'univers a pu se créer à partir de rien, mais soit ils défendent réellement ce point et ils tombent donc dans une absurdité, contredisant le principe de non-contradiction, ou alors ils se révèle que pour eux, le néant n'en est pas réellement un car ils le redéfinissent comme par exemple par une chose concrète comme la présence d'ondes ou de loi de la physique quantique ou le vide quantique. Krauss est particulièrement au pire malhonnête ou au mieux négligeant car il assume avoir exagérer le titre de son livre *A Universe from Nothing* où il dit explicitement qu'en fait il ne va vraiment défendre que le néant a créé quelque chose.
Dans le dernier chapitre, le second auteur du livre Keith Mathison fait une recension d'un livre récemment paru à l'époque sur le sujet de la relation foi, science et foi, principalement autour de sujet de la physique, par exemple la physique quantique le fine tuning. Pour l'auteur, les résultats de la physique quantique semblent démontrer que le monde n'est pas déterministe, mais laisse une porte ouverte à l'indéterminisme, et donc au pouvoir du libre arbitre. Le fine tuning une donnée en faveur de l'existence de Dieu.