[livre] L’industrie du sexe et du poisson pané
On ne saura jamais qui a inspiré l’autre mais alors qu’un individu faisait l’analogie entre une tornade balayant une montagne de pièce détaché pour former miraculeusement une voiture (comme analogie à la probabilité que la vie soit apparue juste par « chance »), les shaddoks tentaient l’expérience : si les chances de créer un vaisseau spatial en lançant des pièces détachées en l’air est de une sur un milliard, il suffit de répéter le procéder 999 999 999 fois « pour rire » et obtenir son vaisseau au dernier lancer.
Il suffisait d’y penser.
Cet absurde pied de nez aux statistiques va dans le sens du fait que celui qui ment en disant en mensonge peut parfois dire la vérité.
Ainsi, il ne faut pas confondre nonsense et n’importe quoi.
Le nonsense n’est pas absence de sens (contrairement à ce que le mot peut évoquer, ce qui en soit est déjà un nonsense mais je ne vous emmerderai pas avec les fractales cette fois ci). Le nonsense, c’est ce qui ne va pas dans le même sens que les autres, même pas en contre sens.
Cela peut ressembler à du n’importe quoi mais c’est beaucoup plus que cela (propriétés émergentes, bla bla bla).
Par contre, serait-il possible que du nonsense naisse du n’importe quoi, à l’instar du menteur qui dirait parfois la vérité par mégarde ? Le nonsense pourrait-il naitre de cette tempête balayant une décharge ?
J’aime à penser que oui.
Prenez le roman d’Emmanuel Pierrat : « L’industrie du sexe et du poisson pané » (oui, j’ai encore été victime d’un achat compulsif basé sur un titre intrigant et la présence du mot « déniaisé » en quatrième de couverture, mot qui a presque autant de saveur que le « déviergé » que j’ai du croisé au détour d’une case de « Carmen Cru »).
Prenez donc ce livre, se pourrait-il qu’il contienne quelques perles de nonsense ?
Rien que la démarche a quelque chose d’absurde.
« L’industrie du sexe et du poisson pané » est calqué sur le schéma du roman érotique de gare (pour en découvrir les procédés d’écritures, je vous invite à lire l’excellent « Adios Schéhérazade » de Donald Westlake). Deux magnifiques jumelles orphelines, ayant connu trop jeune un sexe décevant et brutal, décide de quitter à 18 ans leur Bretagne natale et leur vie de pêcheuse au gros, pour explorer ce que le sexe peut leurs apporter à Paris (leur imagination ayant été titillée par leurs lectures et leurs expériences zoophilo-incestueuses). Elles débarquent dans la capitale où un lointain cousin bi-sexuel se révèle être un guide hors pair (paire ?).
Du porno super soft et un peu plus intellectualisé (avec de ci, de là, des vindictes contre les biens pensants, la prostitution, la pédophilie, ) mais qui a néanmoins du mal à choquer après le passage d’un Houellebecq qui a fait cela avec beaucoup plus de talent. Ajoutez à cela des analogies poissonnières et vous avez entre les mains le roman de Emmanuel Pierrat.
Pas de la grande littérature, parfois franchement consternant, ce roman se laisse pourtant lire « juste pour rire » et amusera ceux qui s’amusent de la sexualité jusque dans l’excès.