Pour Victorin Jouve, le chasseur d'histoires, le rêveur immobile de Solignargues, " toucher du bout des doigts la vieille pastière des vendanges qui garde encore l'odeur du moût aigre, c'est comme traverser le Takla-Makan pour un homme en bonne santé ".
Cloué à son fauteuil d'invalide, avec pour interlocuteur un jeune journaliste (Sacha Milanoff !), Victorin n'a d'autre projet que de raconter la vie des morts : sa propre famille imaginée, laissée dans l'ombre, faite " des chimères, des rêves de chaque nuit qui se défont inexplicablement avant le jour ". Commence alors un long " travelling arrière " depuis le dernier quart du dix-neuvième siècle jusqu'à l'an 2000.