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Composition française : Retour sur une enfance bretonne

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La France a toujours vécu d'une tension entre l'esprit national et le génie des pays qui la composent, entre l'universel et le particulier. Mona Ozouf se souvient l'avoir ressentie et intériorisée au cours d'une enfance bretonne. Dans un territoire exigu et clos, entre école, église et maison, il fallait vivre avec trois lots de croyances disparates, souvent antagonistes. À la maison, tout parlait de l'appartenance à la Bretagne. L'école, elle, au nom de l'universelle patrie des droits de l'homme, professait l'indifférence aux identités locales. Quant à l'église, la foi qu'elle enseignait contredisait celle de l'école comme celle de la maison.En faisant revivre ces croyances désaccordées, Mona Ozouf retrouve des questions qui n'ont rien perdu de leur acuité. Pourquoi la France s'est-elle montrée aussi rétive à accepter une pluralité toujours ressentie comme une menace ? Faut-il nécessairement opposer un républicanisme passionnément attaché à l'universel et des particularismes invariablement jugés rétrogrades ? À quelles conditions combiner les attachements particuliers et l'exigence de l'universel ? En d'autres termes, comment vivre heureusement la "composition française" ?

272 pages, Paperback

First published March 19, 2009

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About the author

Mona Ozouf

58 books7 followers
Mona Ozouf, née Mona Sohier en 1931 à Lannilis (Finistère), est une chercheuse française, philosophe de formation, qui s'est dirigée vers l'histoire et spécialisée sur la Révolution française.

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Displaying 1 - 10 of 10 reviews
Profile Image for Yann.
1,413 reviews392 followers
May 22, 2015
Du passé faisons table rase


Plouac'h

Mona Ozouf est une historienne spécialiste de la révolution française, dont j'avais déjà lu et apprécié un ouvrage sur Varennes : La mort de la royauté, ou encore sur L'école, l'église et la République - 1871-1914. Il s'agit cette fois d'un ouvrage en trois parties, dont le but est d'examiner les différentes visions de la République depuis la Révolution, en partant de son expérience personnelle, et en élargissant aux problèmes plus actuels autour de ce thème.

Fallait-il vivre inégaux et dissemblables, comme l'Église le donnait à penser? Ou bien égaux et semblables, égaux parce que semblables, comme l'enseignait l'École? Ou encore égaux et dissemblables, comme le professait la maison. Un écheveau de perplexités que je ne suis pas sûr de débrouiller aujourd'hui.


Dans la première, l'historienne revient sur son enfance en Bretagne, où elle a grandie enrichie de trois traditions distinctes et concurrentes, entre une église catholique qui envoie en enfer ceux qui ne se rallient pas à elle, un père nationaliste breton qui cultive la différence, l'obsidionalité et les idées progressistes non sans être exempt de contradictions, et une école républicaine qui représente un pôle de stabilité affective, d'égalité et même une bouffée d'exotisme. Elle évoque également l'occupation, et son engagement communiste de jeunesse après la guerre, avec toutes les contorsions que cela pu lui imposer avant d'abandonner finalement ces impostures. C'est ma partie préférée, elle est pleine de souvenirs touchants et vrais.

Un copain roumain chevelu et volubile, surpris de cette grève interminable qui nous bloquait à Bucarest, nous avait gravement demandé s'il y avait vraiment tant de contre-révolutionnaires en France. Il parlait des grévistes, ce qui nous avait donné à penser.


La seconde est une évocation, plus sur le ton ton d'une aimable causerie que d'un aride exposé, de comment les circonstances ont conduit la Révolution à construire une République une et indivisible, où chacun se défait de ses traditions pour embrasser des idéaux universaux. Examinés dans le détail, les choses auraient pu prendre un chemin différent. Elle oppose par exemple à l'analyse de Toqueville qui, dans l'Ancien Régime et la Révolution, expliquait que la royauté avait largement préparé la centralisation, le fait que non seulement les révolutionnaire ont apporté des changements décisifs et nets, sans non plus tomber dans la grossières caricatures mal informées et partiales d'un Burke dans ses Réflexions sur la Révolution de France.

La dernière partie essaie d'effleurer les questions plus actuelles autour de la laïcité, en se basant à la fois sur son expérience personnelle et d'historienne. Je trouve que c'est la partie la plus faible, car elle utilise les débats actuels pour les ramener à d'autres controverses plus anciennes qui, pour être semblables et avoir un lien, n'en sont pas moins différentes. Les défis lancés aujourd'hui à la laïcité méritent de regarder plus loin que son propre nombril et sa propre histoire. Ce n'est pas qu'une simple répétition du passé, il faut voir plus loin, avoir une vision plus globale, et Mona Ozouf ne fait pas cet effort, se contentant de caricaturer la position de ceux qui ont un avis plus tranché que le sien, là où elle semble rester toute confuse et interdite, embarrassée par des considérations peut-être inessentielles.

Néanmoins, ce que j'ai beaucoup apprécié dans cette ouvrage, c'est le soin mis par Mona Ozouf à faire l'éloge de la nuance, de la prudence, de la circonspection dans le jugement, et de l'étayer par des faits précis, des exemples. La description vivante de son enfance et de sa jeunesse, de ses engagements personnels comme ceux de ses proches, est fort intéressante. Les éléments relatifs à l'historiographie de la révolution pourraient être aussi fort intéressants, mais ils ne sont malheureusement que survolés et effleurés. Enfin, la dernière partie traitant du communautarisme ou de la question du voile reste trop abstraitement traitée et prudente pour vraiment apporter du neuf, mais l'auteur expose néanmoins ses doutes et ses opinions avec netteté. Un livre avec de bons passages, mais qui enfonce un peu trop de portes ouvertes.
11 reviews
December 31, 2022
Un essai autobiographique très intéressant de l'historienne Mona Ozouf. J'ai particulièrement aimé, sans être d'accord avec tout, ses réflexions sur les identités multiples qui nous composent individuellement et en tant que groupe et société, ainsi que sur l'opposition entre l'universalisme et le communautarisme dans le contexte français.
132 reviews2 followers
May 10, 2023
Je ne lis pas les essais mais j'ai adoré celui-ci, qui m'a, par bien des points, fait revivre mon enfance (l'auteure n'a que 10 ans de plus que moi ! )Même si le côté nationaliste enragé des Bretons m'agace pas mal, le cheminement de cette auteure depuis cette position jusqu'à son arrivée en historienne reconnue spécialiste de la Révolution française est passionnant ! Pour les gens qui comme moi redoutent les essais lisez celui-ci, l'écriture est belle, poétique, simple et claire, pas la peine d'avoir l'agrégation d'histoire pour tout comprendre ! Et aimer !
9 reviews1 follower
November 15, 2022
Mona Sohier – naît en Bretagne à la fin des années 20/début des années 30. Son père est communiste et militant de la langue bretonne. A l’époque, les militants des langues régionales ne sont pas beaucoup. Son père était instituteur mais le breton n’était pas sa langue maternelle, elle l’a appris.
Le PC dans les années 30 : pas son apogée mais tend à augmenter son nombre d’adhérents.
L’ego histoire : historiens qui arrivés à un certain âge racontent leur vie.

Composition française = épreuve scolaire et à la composition qu’elle-même a dû opérer avec :
- Milieu breton de son enfance
- L’école républicaine universaliste : quel type de message dans les années 30 ? Identité bretonne (régionale dans sa globalité) éclipsée voire punie. Objectif : former des citoyens éclairés dotés d’un esprit critique (lumières de l’humanisme et de la raison)  s’oppose en tous points au premier point
- L’Eglise (traditionnellement l’Ouest est la partie la plus religieuse) : antirépublicaine traditionnellement. Pie IX, Quantacura Syllabus = individualisme de l’Eglise. Elle est anti-modernité. Note grand O : Consil Vatican II au XVIe siècle : pour des réformes d’ouverture
-> Affrontement entre ses 3 faits.

C’est sa grand-mère qui essayait de lui transmettre la tradition catholique.
Elle s’attarde assez longuement sur son passage par le parti communiste après la WW2 (quand on a 20 ans, passage obligé à cette époque, parti des « 75000 fusillés » selon la propagande). Elle a vécu l’occupation comme une expérience traumatisante. L’autre grand parti très puissant à la libération = le MRP.
Elle insiste aussi sur le fait que le marxisme-léninisme a une grille complète de lecture du monde. A la même époque, la SFIO de Guy Mollet (Congrès d’Epinel = fin des années 60) est mal en point.
Il y a une part d’idéologie cependant assez faible dans son adhésion. Le PC = une famille, porte un engagement qui nous dépasse. C’est une contre-société, sociabilisation majeure.
1956 : intervention soviétique en Hongrie qui fait réaliser aux communistes le désenchantement de leur idéologie.
« L’identité ne peut plus être ce qu’on nous décrit comme une assignation à résidence dans une communauté culturelle immuable, une prison sans levée d’écrou. »
L’identité c’est ce qui lie un groupe d’individus qui se reconnaissent comme appartenant à un tout identique. Manière dont je me perçois et dont les autres me perçoivent comme un de leurs semblables.
E. RENAN Qu’est-ce qu’une nation ? Il indique que c’est un plébiscite de tous les jours, volonté de vivre-ensemble. Il faut un passé partagé, de grands moments qui soudent le groupe aussi. Sentiment d’appartenir à une république qui nous délie de nos appartenances primaires, sentiment exclusif. Idée donc que les langues régionales allaient interférer avec cette exclusivité.
VS conception allemande : FICHTE. Pour être allemand, il faut être d’ascendance allemande et de langue germanique. Code de la nationalité allemande 1998 révision pour rééquilibrer l’équilibre démographique.
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460 reviews
May 27, 2019
Deux tiers d'autobiographie filandreuse, puis un tiers d'analyse des idées issues de la Révolution française et de leur empreinte sur la République française, de leurs conséquences sur le traitement des communautés en général et des langues régionales en particulier. Dans ce dernier tiers, j'ai eu grand plaisir à retrouver la clarté, la richesse, la profondeur de la conférencière qui m'avait beaucoup impressionnée à Saint-Malo. Ca me donne envie de lire d'autres essais de Mona Ozouf, et de combler mes lacunes sur l'histoire de la Révolution puis de la République.
J'éprouve également le besoin de me documenter sur les éléments de la résistance et du regain de la culture bretonne entre les deux guerres.
Profile Image for Joanna Merkel.
6 reviews
November 5, 2017
The first part is great, I learned a great deal about Mona Ozouf's childhood in Brittany, and how life was for Bretons in the early 2Oth century. Coming myself from a French region with a strong linguistic and cultural identity, it's always interesting to read about that.
However, the second part is really weak and repetitive, it deals mostly with education and the French state, but in a rather drab and non-engaging way.
Overall, a decent reading if you want to learn about Bretagne and education in France.
Profile Image for Caroline Segal.
142 reviews1 follower
August 28, 2024
Il s'agit davantage d'un essai sur les effets de la Révolution française quant à l'identité linguistique et sociale, du tiraillement entre particularisme et universalisme que d'une réelle autobiographie même si l'auteure évoque son enfance bretonne.
Profile Image for StephenWoolf.
741 reviews22 followers
October 16, 2015
C'est cette émission qui m'a donné envie d'en savoir plus sur Mona Ozouf :
http://www.franceculture.fr/emission-...
très belle heure consacrée à l'amitié qui lie Michelle Perrot, Mona Ozouf et Nicole le Douarin (inconnue à mon bataillon car scientifique)depuis qu'elles se sont rencontrées au lycée de Caen en tant que jeunes professeures dans les années '50.
J'avais également lu l'article qu'elle avait consacré au Panthéon dans Lieux de mémoire, j'en garde un souvenir favorable.

Je ne sais pas si je vais parvenir à dire quelque chose de positif de ce livre : elle prend un thème que j'adore (le rapport à l'école, la distance que celle-ci instaure parfois entre les bons élèves, fantasmés ou non, et leur milieu, social ou ici régional) et en fait quelque chose de soporifique.
Des occasions manquées jalonnent ce livre : pléthore de beaux sujets mais qu'elle rate (ou qu'elle ne traite pas comme je le souhaite ? Je suis sûre qu'il n y a pas que ça!).
- Son père, militant de la cause bretonne en rupture de ban avec son milieu petit-bourgeois catholique, qui a vécu les remous politiques des années '30 semblait promettre un beau portrait. Mais non, c'est ennuyeux.
- De même pour la vie de sa grand-mère maternelle ou encore celle de sa mère (mais peut-être est-ce la pudeur qui explique qu'elle ne semble rien faire de ces 2 dernières personnes.
- Qu'est-ce que je retiens de ses années au parti communiste ? Rien, alors pourquoi en parler ?
- L'état des lieux sur ses positions (// le voile, le fait d'instaurer un système de discrimination positive pour remédier à l'inégalité flagrante qui existe dans toutes les instances représentatives) n'était pas abouti : elle aurait du y consacrer plus de temps mais je suis presque soulagée qu'elle ne l'ait pas fait parce que c'était ennuyeux (aussi).
- La révolution française : beau sujet. Elle est une des spécialistes de la question. C'est répétitif et cela me tombe des mains.

Profile Image for Sophie.
150 reviews9 followers
August 21, 2016
Lu à St Gué. Pour moi, la suite dans mon apprentissage "littéraire" de la Bretagne, après Pierre-Jakez Hélias. Là encore ça résonne fort avec l'histoire de ma famille, j'ai dévoré les premières parties, surligné des passages, notamment ceux qui parlaient de Kerfichen. "Voulu encore par mon père, le paysage que je reconnais à jamais comme mien, celui qui donne le sentiment, à la fois si évident et si mystérieux, d'être là où on doit être." Le combat mené par le père de Mona Ozouf est admirable et a contribué à avancer ma réflexion sur ces grandes questions que je continue à débattre - comment envisager la culture bretonne aujourd'hui (le folklore, les "bretonneries", l'apprentissage du breton, la "tentation du nationalisme" ...) ? Je suis loin d'avoir la réponse. J'ai également apprécié les réflexions plus générales de Mona Ozouf sur la construction de l'identité française, même si la dernière partie m'a moins plue.
Je continuerai je pense avec Xavier Grall ...
Profile Image for Christian.
14 reviews
January 25, 2016
Ayant fini ce livre, je dois admettre que la culture française d'hier et d'aujourd'hui, en particulier dans le domaine politique, ait beaucoup d'aspects que je connais très (et trop) peu. Ceux qui en sont au courant pourront sans aucun doute mieux apprécier l'écriture de Mona Ozouf.
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