Longtemps Clora a été une petite fille qui grandissait dans le silence de son père et les voix de la campagne solitaire autour d'elle. Un jour, Mademoiselle, l'institutrice du village, est venue la chercher pour l'emmener à l'école. Et le monde a paru s'ouvrir devant Clora. Pour mieux se refermer ensuite. A cœur de jour, à cœur de nuit passèrent les années. Clora a quinze ans. «Quelque chose s'est alors décidé dans la campagne noyée de pluie, quelque chose de sourd et d'aveugle, de terriblement opaque, dont elle ne voyait ni le commencement ni la fin et qui la concernait. Cet été-là, alors que c'était la guerre dans les vieux pays, Clora s'est mise à surveiller par la fenêtre la montée de la rivière devant sa maison, comme on épie, du coin de l'œil, le lait qui bout sur le feu.» Le Lieutenant anglais surgit alors, «échappé» de l'enfer de Londres sous le blitz et la calme campagne de Clora n'a plus jamais été la même. Anne Hébert a écrit une fable chatoyante où la terre et les hommes composent un hymne à la générosité des choses muettes. Dans son monde on se sent capté par la simple apparition du soleil à travers le feuillage d'un sous-bois. Capté, ébloui. Comme on l'est par la singulière et sensuelle Clora.
Anne Hébert was a Canadian author and poet. She won Canada's top literary honor, the Governor General's Award, three times, twice for fiction and once for poetry.
Court roman publié en 1995, Aurélien, Clara, Mademoiselle et le Lieutenant anglais est l’un des derniers ouvrages publiés par Anne Hébert avant son décès en 2000. L’autrice y raconte l’histoire de Clara, jeune fille née d’une mère décédée lors de l’accouchement et d’un père (Aurélien) endeuillé qui s’enfermera dans le silence pendant plusieurs années. Clara grandira donc à ses côté, l’accompagnant dans les champs où il travaille et devenant amie avec les animaux.
Comme elle n’allait pas à l’école, son père reçut un jour la visite de Mademoiselle, institutrice au village. Celle-ci réussira à convaincre Aurélien et Clara pu se rendre en classe. Avide de connaissance, Clara développera une belle relation avec Mademoiselle, avant d’être abandonnée une nouvelle fois. Finalement, Clara rencontrera éventuellement un lieutenant anglais rapatrié au pays, traumatisé par ce qu’il a vécu en Europe. L’histoire se déroulant dans la première moitié du XXe siècle, on devine que cette dernière rencontre eut lieu vers 1941, après la bataille d’Angleterre.
L’écriture d’Anne Hébert est somptueuse et brillante, les phrases étant tournées de façons très poétique. Il y a beaucoup de symboles dans ce roman, que ce soit par la place qu’occupe la nature dans la vie de Clara, mais aussi dans les images créés par Hébert. Ayant lu Fous de Bassan et Les enfants du sabbat, je retrouve encore des liens avec l’enfance et les changements qui s’opèrent à cet âge. D’autres parallèles pourraient aussi être tracés avec ces œuvres en raison du côté sordide des histoires racontées par l’autrice, ou encore par la place que laisse Hébert au mystère et aux non-dits. Malgré un certain malaise ressenti à la fin, j’ai beaucoup aimé l’écriture qui reste magnifique et impressionnante.
Je suis revenue à ce roman que j'avais commencé il y a quelques années. J'ai été happée par la plume d'Anne Hébert. Roman très troublant qui m'as laissé un drôle de goût dans la bouche. J'ai été bousculée, fâchée.
Un petit bijou! Petit : 89 pages, pas mêmes remplies de mots. Bijou : un livre rempli d'émotions simples, pures. Prenez quelques heures. Dégustez. Mais sachez qu'il s'agit au final d'une histoire sordide.
It feels like an early study made before making a painting - there are hints of something interesting going on but it's mostly about how a still sketchy structure fits with the author's (awesome!) style. She brings characters in and dispatches as they have done their thing to drive the story forward. Which could be interesting, but doesn't really feel convincing as it is. Also, awkward!
It’s not one of Hebert’s best books but it preserves the characteristics of her many other works. Her characters are often isolated and withdrawn, but show sparks of fervor and urgency. Through the power of language, Hebert uses landscape as imagery to denote the inner states of the characters. The story is short and simple but conveys many meanings.