Je lui mettrai la note de 2,5/5. Ça n’est pas un livre que je relirai et que je recommanderai.
Cest mon premier roman de Ben Jelloun. J’avais demandé des recommandations d’auteur à ma mère marocaine et j’ai trouvé ce livre en premier.
Ce que j’ai aimé:
- La poésie dans son écritures, certains passages sont de vrais trésors.
- Lorsqu’il y a de l’action et des faits concrets qui s’enchaînent, les yeux glissent sur les pages et c’est agréable.
- Les différents narrateurs, une technique qu’il utilise avec brio.
- Sa façon de ne pas dévoiler les faits, à nous laisser deviner et interpréter, quit à frôler l’illogisme. J’admire sa prise de liberté.
- J’écris et ce livre m’a très souvent donner envie d’écrire et inspiré des passages.
Ce que je n’ai pas aimé:
- les femmes sont des objets ou des fragments: une paire d’yeux ou de seins, des “créatures”, des “miroirs”. Ses héroïnes sont quasi toujours racontées par le prisme de l’objectification et du “male gaze”. Certes c’est un livre des années 80, mais c’est fatiguant à lire, voire malaisant.
- Quand un homme prend la liberté, via son écriture, de devenir la voix d’une minorité ou d’un groupe opprimé dont il ne fait pas partie, il faut absolument faire vérifier ses écrits par une personne faisant partie de cette minorité. Ben Jelloun écrit ce qu’est le viol selon une femme, l’humiliation, le rejet, le désir selon une femme. Je me demande s’il a une fois demandé à une femme “qu’en dis tu, est ce que cela est vrai et juste?”. Pendant tout le livre je n’en ai pas eu l’impression. Un homme qui écrit les femmes ça se voit directement.
- J’ai ressenti qu’il assouvissait ses fantasmes. Des femmes magnifiques et jeunes n’ont rien d’autre à faire de leur temps et de leur énergie que de séduire et tourmenter des hommes banaux et inintéressants (c’est l’auteur qui l’écrit). Leur vie est réduite à cela et elles sont racontées à travers leur rapport pervers et malsains avec les hommes. Au lieu de s’en échapper, elles vouent leur vie à cela. J’ai du mal à trouver cela crédible. Pour croire en un personnage il faut comprendre le cheminement de ses actes et ses motivations. Ici, nous devons prendre pour acquis que c’est comme cela et pas autrement, non pas pour une femme, mais 5.
- Zina est littéralement le personnage féminin vu et revu de la fille rebelle qui n’est “pas comme les autres filles”. J’ai roulé des yeux si forts à chacun de ces passages.
- Beaucoup d’illogismes et de longueurs inutiles. Je me demandais parfois si l’auteur n’avait pas fumé du kif.
Je projette de lire L’Enfant du Sable et La Nuit Sacrée. J’appréhende la même utilisation des personnages féminins et l’abus d’erotisme. On verra.