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Un enfant à ma porte

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« La peur de perdre cet enfant me hantait. C’était une peur de moi-même, de mon manque de mérite en tant que mère, du manque d’instinct maternel en moi, je suppose, qui, ordinairement, tire les parents par les cheveux et leur fait jouer ce rôle jusqu’au bout, jusqu’à ce qu’ils n’en puissent plus, jusqu’à leur mort. » Une femme trouve un enfant sur le pas de sa porte. Recroquevillé, muet. Elle décide de l’adopter et se retrouve soudain investie du rôle de mère. Son mari, ses voisins, ses amis ne la considèrent plus de la même façon. Elle, la première, se sent menacée au plus profond de son être. Ne doit-elle pas désormais consacrer sa vie à combler les besoins de sa progéniture ? N’est-elle pas tout à coup engagée dans une vaste entreprise, sa descendance, qui s’étendra bien au-delà de sa mort, de celle de son fils, mais qui ne peut que provoquer son propre anéantissement ? Ne se trouve-t-elle pas condamnée, comme la femelle du ver à soie, à mourir, épuisée, après avoir assuré la survie de l’espèce ? Renversant la perspective qui était celle de son troisième roman, L’Ingratitude, Ying Chen donne ici un livre dérangeant, choquant, scandaleux. Avec une dévorante ironie, elle dynamite les bons sentiments qui encombrent immanquablement les discours au sujet de la maternité.En montrant l’impossibilité d’être mère, elle révèle au grand jour la tragédie qui se cache au creux de chacun de nos gestes, même les plus banals. En démontrant, au fond, l’impossibilité de vivre, elle nous permet paradoxalement de cerner au plus près ce qu’est cette chose révoltante, insaisissable : la vie.

160 pages, Paperback

First published January 1, 2008

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34 people want to read

About the author

Ying Chen

62 books34 followers
Ying Chen (en chinois, 应晨) est une écrivaine sino-canadienne née à Shanghai en 1961. Ying Chen y poursuit ses études universitaires jusqu'à l'obtention de sa licence-ès-lettres françaises. Outre le dialecte de sa région et le mandarin, elle a appris le russe, l'italien, l'anglais et le français. En 1989, elle vient étudier au département de langue française de l'Université McGill. Elle a habité Magog et depuis 2003 réside à Vancouver. Elle est mère de deux enfants.
Puis pour tromper la nostalgie de sa Chine natale, elle se met à l'écriture jusqu'à y consacrer douze heures par jour. Lorsqu'elle commence ses journées, elle se laisse bercer par la musicalité des textes de Marcel Proust qu'elle lit à haute voix. Son premier roman La mémoire de l'eau relate l'histoire de la Chine contemporaine à travers les yeux de femmes de plusieurs générations. Son second, Lettres chinoises, a pour sujet la correspondance d'un jeune immigrant à sa fiancée restée en Chine, et témoigne du choc des cultures, du déracinement et de l'impossibilité de l'amour. Son roman L'ingratitude lui vaut le prix Québec-Paris décerné en février 1996 ainsi que le prix des lectrices de la revue Elle-Québec. Le roman Immobile a la saveur d'un conte de fées. Le temps est le principal sujet de ce roman et il porte sur la mémoire.

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Displaying 1 - 4 of 4 reviews
Profile Image for Marie.
452 reviews12 followers
March 13, 2013
Le livre explore le thème de la maternité, celle tant désirée, celle qui dévore et qui ultimement déçoit. La protagoniste et son mari prennent en charge l’enfant qui apparait sur le pas de leur porte. On sait peu d’eux, rien de l’enfant, mais on comprend que maintenant qu’ils forment une famille, leur vie semble être plus acceptable aux yeux des amis et voisins. Ying Chen a déjà abordé le thème de la relation mère-enfant dans un autre roman, L’ingratitude, où la narratrice nous parle d’outre-tombe, morte étouffée par l’amour maternel. Dans Un enfant à ma porte c’est la mère qui nous parle, qui analyse toutes les facettes de ses émotions face à cet enfant qui bouleverse sa vie, qui exige toute son attention et qu’elle n’arrive pas à aimer d’amour ou d’affection. Un roman qui dérange puisqu’il parle que ce qui ne doit pas être dit. J’aime l’écriture minutieuse de l’auteure et cette façon qu’elle a de tout analyser, sans complaisance, mais j’ai trouvé qu’il y avait des longueurs – ou répétions?- et j’ai perdu intérêt vers la fin.
Profile Image for Woluli.
80 reviews
August 4, 2016
J'ai détesté tout le long du bouquin. Les dernières trois pages m'ont fait apprécié le livre. Ça remet les idées en perspective à propos de la maternité. Je crois qu'il faut deux lectures pour apprécier.
Profile Image for Isabelle.
15 reviews1 follower
January 8, 2024
J'avais lu ce roman autour de 2007, dans le cadre du Prix Littéraire des collégiens. Ça ne m'avait pas tant parlé à ce moment là. Maintenant maman de deux jeunes garçons, j'ai pu mieux apprécié ma lecture. Comme ce l'est souvent, le rôle de mère est ici présentée en dualité liberté vs maternité. Mais ici, on le voit dans l'oeil d'une mère malade avec des repères chamboulés par l'arrivée soudaine d'un enfant dans sa vie. Un court roman, où l'essentiel et le plus intéressant, à mon avis, est malheureusement condensé dans les 20 dernières pages.
Profile Image for Ive.
153 reviews2 followers
July 31, 2017
Les idées sont intéressantes, et l'angle aussi. Il y a beaucoup de tabous sur la maternité d'abordés ici. Cependant, j'ai trouvé certains passable répétitifs par rapport à ce qui avait déjà été dit quelques pages plus tôt. Malgré le fait que ce soit déjà court, j'aurais coupé certains passages pour mieux cerner la progression psychologique du personnage.
Displaying 1 - 4 of 4 reviews

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