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Morel

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Ouvrier anonyme, Jean-Claude Morel a consacré sa vie aux grands chantiers de Montréal. Il a creusé le métro et le pont-tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine, fait surgir des îles et s’entrelacer des autoroutes. Mais si les tours qu’il a construites au centre-ville en rapprochent certains du soleil, elles allongent leurs ombres jusqu’en bas de la track : le Faubourg à m’lasse est détruit, la rue Notre-Dame rasée, et la famille Morel expropriée et déplacée tandis que des drames intimes finissent par la disloquer. Le vieux Jean-Claude, né durant la Grande Crise d’une succession de fils déchus et de pères cassés, jongle avec ses souvenirs dont il ne sait que faire jusqu’à l’arrivée en scène de sa petite-fille Catherine qui, curieuse de ses racines, vient libérer la parole et retricoter les liens décousus.

Fresque grouillante de vie, tourbillon mémoriel aux fondus enchaînés bouleversants de précision, Morel raconte de l’intérieur la métamorphose de Montréal au 20e siècle, où le génie n’est ni civil ni industriel, mais profondément humain : c’est le cœur même d’une communauté têtue, vive et désordonnée qui trouvera toujours le moyen de fleurir à travers la rouille et le béton.

336 pages, Paperback

Published November 2, 2021

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About the author

Maxime Raymond Bock

9 books12 followers

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Community Reviews

5 stars
90 (17%)
4 stars
188 (37%)
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146 (28%)
2 stars
62 (12%)
1 star
21 (4%)
Displaying 1 - 30 of 56 reviews
Profile Image for Charles.
232 reviews
July 10, 2022
Je me suis laissé charmer par la prémisse de Morel. Au fil des chapitres, j’ai aussi savouré la richesse du vocabulaire de Maxime Raymond Bock. Dans ce roman, un matelas, par exemple, peut être sporulant. Pour l'anecdote qu'elles représentent, j'ai par ailleurs pris plaisir à voir défiler les marques de commerce qui ont fait du Québec ce qu’il a été et s’acharne parfois à demeurer : O’Keefe, Jos Louis, Chef Boyardee, etc.

En revanche, au-delà de l'idée initiale, l’exécution me laisse de glace, d’une façon similaire à l’effet qu’avait eu sur moi La fiancée américaine d’Éric Dupont. Trop dense, trop descriptif. Un amoncellement de détails plus ou moins pertinents. Une tempête de beaux mots formant des bancs, voire de véritables murs dans leur accumulation, alors que j’aurais préféré voir le texte respirer, ne serait-ce qu’à l’occasion.

Je ne suis pas le bon public pour ce livre, qui mérite toutefois d’en trouver un.
Profile Image for Francis Leclerc.
62 reviews7 followers
March 5, 2022
Ce livre m'a fait vibrer, un des plus beaux romans que j'ai lu. Ça parle du sentiment d'appartenance et de déracinement, des relations familiales autant immédiate que la parenté, de patrimoine ou ce qu'il en reste. J'aime la sensibilité de l'auteur face au personnage inspiré de son père. J'ai adoré sa façon de décrire des situation et de terminer ses paragraphes avec une expression bien senti d'un personnage, sans aucun guillemets. C'est un livre sur le peu que l'on a et qui nous semble bien pris dans le ciment, immuable, pour que finalement ça s'effrite entre nos doigts.
Profile Image for MAPS - Booktube.
1,206 reviews405 followers
Read
September 14, 2022
Pour moi la principale lacune de ce roman c’est l’écriture.

Écriture compacte qui aurait bénéficié de paragraphes et d’aération.
Écriture lourde avec beaucoup de virgules et très peu de points. Changement de propos drastique au travers d’une même section.
Vocabulaire qui se veut du « vieux français »/ du slang de l’époque, mais pas toujours évident à lire et pas toujours certaine de la pertinence de celui-ci.

J’aurais apprécié aussi une meilleure structure temporelle. Ça aurait pris des dates pour m’aider à me situer. Ça m’a pris beaucoup de temps à comprendre qu’on n’était pas toujours linéaire dans le temps, qu’il y avait des aller-retour.

Le début est laborieux parce qu’il est très axé sur l’aspect construction, matériel de tout ça.

La suite est plus axée sur les personnages et j’ai préféré, malgré qu’on ne s’attache pas vraiment à eux.

Pas certaine que j’étais le public cible.
Profile Image for Manon Auger.
Author 3 books27 followers
December 28, 2021
3.5.
Maxime Raymond Bock possède ce talent de savoir situer son écriture au confluent des grands styles littéraires du XIXe siècle, à savoir le réalisme (le naturalisme même) et de thématiques et d'enjeux absolument contemporains, comme les questions d'identité et d'Histoire, ainsi que de la place qu'occupent les petits dans l'inexorable marche du monde. En ce sens, toute son oeuvre témoigne d'une réelle démarche d'écriture, patiente et réfléchie, ce qui fait de lui un de mes auteurs actuels préférés.

Ici, l'histoire de Montréal et de ses grands chantiers est vue par le petit bout de la lorgnette, soit à travers les yeux et la vie d'un de ses ouvriers, Jean-Claude Morel, homme de peu de mots, affligé des travers de la classe ouvrière et qui, toute sa vie, se fait expulser de chez lui pour permettre à la modernité et au progrès de gagner toujours plus de terrain.

Plutôt que de raconter la vie de Morel de façon linéaire, Bock a fait le choix - très intéressant d'un point de vue esthétique - de la raconter par tableaux diffractés, les événements s'appelant les uns les autres (ex: une sortie de l'église après son mariage amène, au tableau suivant, une autre scène devant l'église, des années plus tard, des funérailles cette fois). Si cela permet une composition nuancée du personnage et de marquer la cyclicité des bonheurs et des drames au cours d'une vie, cela n'est pas sans comporter des désavantages que l'auteur assume certainement. Ainsi, il faut chaque fois un temps au lecteur pour s'ajuster à la nouvelle scène, au nouveau "temps" qui nous est raconté. Mais, surtout, cela empêche toute réelle adhésion émotive à l'histoire et aux personnages: d'une part, parce qu'on se perd aisément dans le foisonnement des noms de personnages et, d'autre part, parce que les drames nous sont souvent annoncés d'avance.

En raison de cette légère froideur, je crains que "Morel" ait un peu de mal à trouver son public, mais, néanmoins, c'est une oeuvre tout à fait réussie et qui tient ses promesses. Comme d'habitude, Bock excelle dans le réalisme, le foisonnement de détails significatifs et la peinture d'atmosphères glauques (avec une certaine complaisance, parfois, il m'a semblé).

En bref, c'est un beau livre, comme tous les livres de l'écrivain, mais qui n'est jamais "feel good", bien au contraire, en raison de la misère qu'il dépeint. Ce n'était pas son but, bien évidemment, mais je le mentionne car certains passages (entre autres les évictions) m'ont particulièrement bouleversée.
Profile Image for Fábio de Carvalho.
234 reviews13 followers
August 16, 2023
Morel a malheureusement été victime de ma crise d'anxiété de mars dernier, qui m'a affecté au point où j'ai passé plusieurs jours avec des problèmes de vision, et plusieurs semaines à avoir de la difficulté à me concentrer.

Ça a finit par aller mieux, pis j'ai fini par finir Morel.

Une maudite chance, parce que c'est vraiment un bon et beau livre. J'en parle des mois en retard, pas de notes, mais dans mes souvenirs c'est plein de personnages qui font leur possible, pis dont le possible est pas suffisant, à cause des aléas de la vie, à cause de situations familiales et sociales désavantageuses, à cause d'événements tragiques incontrôlables. Il y a des personnages beaux au possible, comme Monique (j'espère ne pas me tromper de nom), la deuxième femme de Morel, si douce, si aimante, si compréhensive. Il y a la petite-fille de Morel, aussi, qui permet un doux épilogue réconfortant, dans lequel le personnage titre avant à s'ouvrir davantage.

C'était vraiment une belle lecture, je suis déçu d'avoir pas pu en profiter mieux que ça, moi aussi, à cause d'aléas de la vie. I guess que, comme Morel, j'ai fait mon possible.
188 reviews9 followers
Read
January 20, 2022
2e roman québécois de suite que je lis et qui parle du vol de la tête du frère André, c'est quand même drôle.

Ce qu'auraient écrit Zola ou Balzac si c'étaient des québécois du 21e siècle. Maxime Raymond Bock fait de l'observation sociale tout en écrivant comme un Dieu. Il prend le parti de décrire la vie d'un ouvrier ordinaire en peinturant des épisodes de sa vie dans le désordre. Ça marche en maudit.

4.5/5
11 reviews
September 27, 2022
Quelle déception !
Maxime Raymond Bock a réalisé un remarquable travail de recherche qui, malheureusement, ne fait pas de son texte un bon roman de moeurs urbaines. Un genre littéraire qui a donné des petites merveilles aux lecteurs d'oeuvres d'ici (Au pied de la pente douce, Bonheur d'occasion, Une saison dans la vie d'Emmanuel, Race de monde, etc.).
D'aucuns ont souligné la lourdeur de l'écriture, (j'ai noté de nombreux paragraphes qui s'étendent sur près de cinq, oui, oui, cinq pages. N'est pas Marie-Claire Blais qui veut...), les détails superflus, les pivots narratifs qui donnent le tournis (le passage constant d'une époque à une autre sans repères). Il y a toutefois quelques prolepses qui montrent que l'auteur connaît son métier.
J'ai également eu beaucoup de difficultés avec la faiblesse des personnages secondaires, sortes de planètes orbitant autour de Morel, sans que l'on connaisse la composition de leur atmosphère. Et ce dernier chapitre totalement hors propos. Pourquoi ne pas avoir conclu sur la visite de Morel avec sa petite-fille et sa vue en plongée sur la ville ? Dommage.
143 reviews2 followers
October 30, 2022
Très belle chronique sur les grands chantiers de Montréal, métro, pont-tunnel. Tout est raconté à travers la vie de Jean-Claude Morel, un ouvrier qui a consacré sa vie à ces projets. On y aussi voit les conséquences sur la vie des gens ordinaires; conditions de travail difficiles, expropriations. Instructif et agréable à lire.
Profile Image for Lisa the Tech.
175 reviews17 followers
August 24, 2025
A fascinating look at Montreal's history from the perspective of one of its builders. I might try out the book in its original French. That said, the title got me fixated on champignons.
182 reviews
January 16, 2023
4,25 - J'ai beaucoup aimé. La structure était très habile, même si ça m'a pris un moment m'y habituer. Il y a une impression de vérité qui se dégage de ce livre, tant par le travail de recherche solide que par la variété des personnages qui sont tous intéressants et crédibles.
Profile Image for Oli Tutu.
90 reviews28 followers
December 30, 2022
PRIX LITTÉRAIRE DES COLLÉGIENS - LECTURE 3

Un voyage dans l’histoire des grands chantiers montréalais du 20e siècle, au travers du regard filtré par la mémoire de Jean-Claude Morel, ouvrier ayant travaillé sur tous les grands chantiers des années 1950 aux années 1980. Fier d’avoir pris part dans l’évolution de sa ville, Morel nous entraîne d’un souvenir à l’autre (dans les méandres confus des souvenirs d’un vieil homme, faisant des liens par similarité de moments plutôt que par causalité ou chronologie) dans la conscience du protagoniste titulaire, montrant les conditions de vie de la classe ouvrière d’une décennie à l’autre, les pétrissages physiques et culturels d’une ville, le génie technique grandiose (sujet de danger, de fierté et de rêve pour la main d’œuvre) ayant permis la construction des grandes infrastructures montréalaises (vues avec des élans parfois mythiques parfois), ainsi que la vie familiale québécoise en périodes de transformations.

Peut-être dans mon top 2 du Prix Litt. des collégiens 2023.
77 reviews
January 18, 2022
3.5/5. Certains passages sont magnifiques et donnent un accès direct à la "p'tite vie, p'tite misère" de la classe ouvrière montréalaise du 20e siècle, et ce, sans misérabilisme ni lunettes roses. Bien que l'écriture fort réaliste soit réussie et nous permette d'imaginer ce quotidien familial comme si on y était, et même si j'ai quelques fois eu hâte de "retourner dans cet univers" entre mes séances de lecture, le roman dans son ensemble manque de rythme et traîne en longueurs. Plusieurs chapitres se répètent, reformulant des scènes qui ont déjà été décrites en moult détails plus tôt. Le même roman mais plus court aurait gagné 1 étoile, principalement pour le style d'écriture et le plaisir de voyager dans le passé de la ville de Montréal.
Profile Image for Sarah Bellefleur.
14 reviews1 follower
March 8, 2022
Ça a pris du temps avant que je puisse m’y retrouver parmi les générations qu’on voit évoluer au travers du livre, mais j’ai fini par vraiment apprécier les fins et débuts de chapitres qui se suivent parfaitement mais qui basculent d’une génération à l’autre. Très beau portrait du 20e siècle, de la famille et de Montréal.
Profile Image for Marvin Picklejar.
104 reviews1 follower
May 24, 2022
Ce que j’ai trouvé intéressant dans ce livre, c’est que le personnage principal est un homme qui n’a rien d’exceptionnel, le genre d’homme qui, à part dans sa famille, ne laisse aucune trace de son passage sur Terre. Malgré cela, l’auteur rend le récit de sa vie très prenant. Ça m’a rappelé Bonheur d’occasion, de Gabrielle Roy.
Profile Image for Billy.
Author 9 books169 followers
August 2, 2022
Grand roman sur les hommes qui ont construit Montréal! Roman sur la pauvreté, la classe ouvrière. Rejoindra un large public. Puissance dans l'écriture. Les liens. Perfection narrative.
Profile Image for Mégane Therrien.
225 reviews20 followers
March 22, 2025
Quel roman brillant! Maxime Raymond Bock est sans aucun doute un auteur tallentueux, sautant habilement d’un pan de la vie de Morel à l’autre, chaque transition de chapitre s’effectuant en fondu.
Morel est un récit de l’ouvrier anonyme, de l’urbanisation, de la pauvreté accrue. À travers les déambulements dans la rue et l’histoire familiale, on reconnaît bien les divers éléments qui découlent de la Révolution tranquille et de l’évolution de la ville de Montréal, notamment pas la destruction du Faubourg à m’lasse.
Il est claire qu’énormément de recherche a dû être effectuée pour arriver à un résultat aussi réaliste.
Profile Image for Marc-Antoine Dufresne.
72 reviews8 followers
February 20, 2023
s’il-vous-plaît un peu plus de division en paragraphes la prochaine fois sinon j’ai bien aimé sauf que j’ai encore des questions sans réponses à l’aide
Profile Image for Brigitte Messier-Legendre.
221 reviews10 followers
February 25, 2023
J'ai adoré, autant le sujet (pour lequel la recherche est impressionnante) que l'écriture et la structure du récit. Les personnages étaient bien ficelées, attachants, et j'ai trouvé les enfants particulièrement bien écrits. Et bonus pour le fait que j'ai beaucoup appris sur Montréal et ses grands chantiers. Ça a donné des discussions mémorables!
Profile Image for Laurence.
102 reviews184 followers
May 13, 2023
2,5⭐️

Pas mon genre de livre. J’ai davantage aimé comment le sujet a été apporté avec Mélasse de fantaisie. Cependant, j’ai bien aimé les repaires temporels ajoutés au texte.

Mélasse de fantaisie
Profile Image for Jessica.
112 reviews4 followers
November 18, 2021
Je vais avouer avoir lu plusieurs chapitres en diagonales. C'est très descriptif comme roman. Les phrases sont très longues, parsemées de plusieurs virgules. Je me suis un peu perdu par moment entre le présent et le passé.
Profile Image for Victor Legault.
61 reviews
August 1, 2023
"Une ville ne se laisse pas défigurer sans réclamer quelques uns de ses tortionnaires, et elle essaie de les cueillir de toutes sortes de manières. Parfois elle échoue. Du haut d'une charpente sans fin, le marteau échappé un jour par Simatos avait disparu à l'extrémité de la plateforme, cogné plus bas un tube de l'échafaudage pour sonner quatorze heures, et tandis que ce marteau tendait vers sa vitesse terminale, Simatos et Morel, penchés sur le vide, hurlaient à quiconque se trouverait en bas de se mettre à couvert, vainement bien sûr, leurs voix déjà éteintes à mi-hauteur. Une fois descendus, ils n'avaient trouvé aucun cadavre, que la cabine d'un camion entièrement pulvérisée. Parfois, cependant, la ville réussit à réclamer son dû. Combien de journaliers sont tombés dans des cheminées de ventilation ou des cages d'escaliers, après avoir posé un pied dans le vide parmi le bordel des planches dévissées et empilées pêle-mêle durant le ramassage d'après-décoffrage. Un dernier saut de l'ange de dix, huit, quinze étages qu'aucun casque ne pourrait amortir, des anges interchangeables, ils seront des centaines dans les mêmes teintes de jeans à faire la file à la grille le lendemain, regardez où vous mettez les pieds et tout ira bien. Sous les yeux de Morel, un jeune homme, dix-sept ans au mieux, avait été cuit vivant par un voyage d'asphalte destiné au pavage de la Métropolitaine, à la hauteur de Saint-Michel. Le garçon passait derrière l'asphalteuse et sa benne s'était relevée sans raison et vidée dun coup comme un jouet dans un carré de sable, une manette mal engagée, un bouton enfoncé par inadvertance, un piston arrivé intempestivement à la fin de sa vie utile, on n'avait jamais su à qui, à quoi, à quelle divinité vengeresse attribuer la faute. Morel et les collègues avaient eu droit à un après-midi de congé pour se remettre les esprits en place. Le conducteur de l'asphalteuse, brûlé aux mains jusqu'au décharnement en tentant de sortir le garçon de là, n'avait jamais été revu."
Profile Image for Kaylynne Johnson.
21 reviews
May 23, 2023
«Morel se garde de soupirer. Il est en effet seul avec ses souvenirs, qui ne se montrent jamais que dans le désordre. Un enchevêtrement de scènes imprévisibles qui se succèdent les une les autres par accident, ainsi que fonctionne la mémoire, avec culs-de-sac, histoire en suspens, intrigues irrésolues et disparitions inopinées, déclencheurs impromptus, relations profondes soudain devenues superficielles. Tant de détails pour tant de trous noirs.» (p.204)

Ce passage résume à merveille le voyage que propose Morel à ses lecteurs.

Je l'avoue, ça surprend. Ça m'a pris quelques chapitres avant que je me laisse guider, mais une fois que j'ai compris que j'accompagnerais le personnage dans le dédale de ses souvenirs et que ceux-ci lui viennent comme viennent les souvenirs, sans ordre précis, j'ai pu m'abandonner au récit et y goûter pleinement.

Du point de vue mise en page, ça demande aussi un peu d'ajustement. On fait parfois face à des pages entières sans paragraphe et les phrases longues de même. Faut aimer les virgules.

Le style est très littéraire (j'ai appris plein de nouveaux mots) et j'aime le contraste créé avec les dialogues. Comme une façon de sublimer l'ordinaire, d'ajouter du profond là où on dirait qu'il n'y a que surface.

Parce qu'en fait c'est ça, le tour de force de l'auteur. Prendre la vie banale d'une personne ordinaire, nous la raconter sous différents angles, dans tout ce qu'elle a de beau, de laid, de honteux et d'exceptionnel, pour en faire un récit humain et poignant.

Point bonus pour la trame historique (Montréal de l'après-guerre) et le quotidien des ouvriers de la métropole. Je ne suis pas du coin, mais ça m'a donné envie d'en apprendre plus sur ces gens que la ville a abrités le temps d'un gagne-pain, pour une ou plusieurs générations.

Ce n'est pas une lecture pour tout le monde.
Mais moi, je suis tombée en amour avec cette histoire.
Profile Image for David Chabot.
412 reviews12 followers
August 22, 2023
J'aime beaucoup les livres sociologiques sur les quartiers ouvriers et j'avais bon espoir que celui-ci soit intéressant. Malheureusement, il tombe un peu à plat malgré un univers avec plein de potentiel.

On suit Morel, un travailleur de la construction qui a vécu la renaissance de Montréal dans les années '60. En fait, il a construit de ses mains la ville qu'il habitera toute sa vie. Expulsé du Faubourg à m'lasse par les chantiers publics, sa vie familiale s'écroule au même rythme que son ancien chez-lui pour faire place à la modernité.

On s'attache quand même à Jean-Claude Morel, mais on aurait pu en faire beaucoup mieux. Le texte est un peu brouillon parfois, je n'aime pas beaucoup les longues phrases sans fin. L'univers est bien campé, mais on manque de jus, on en voudrait plus sur le plan de l'histoire et moins sur les descriptions.

Bref, ce n'est pas un mauvais livre en soi, mais c'est plutôt beige.
Profile Image for Annie Pelletier.
29 reviews3 followers
February 27, 2022
Quartier Centre Sud à Montréal, les années 60. On pense aux trips de Jean Drapeau et Robert Bourassa. On prend pour acquis tout ce qui c’est passé au Québec dans le dernier siècle: la construction du tunnel Louis-Hippolyte, le Stade Olympique, l’échangeur Turcot, le métro, le Métropolitain. Ce sont de méga projets construits par nos pères, grand-pères, oncles à un époque où les droits du travailleur étaient inexistants.

Morel, c’est Jean-Guy Morel. Comme beaucoup d’hommes de cette époque, Jean-Guy a participé à ces projets comme travailleur exploité. Il a fait de son mieux pour nourrir sa famille, mais les temps sont durs, la vie en général est difficile. Ça fend le coeur cette histoire parce que des Jean-Guy Morel, il y en a eu dans toutes les familles.

Sa petite-fille débarque chez lui à la fin de sa vie pour qu'il lui raconte son histoire. Ce roman m'a profondément touchée. La pauvreté, la santé mentale, l'alcoolisme sont en fait les répercussions d’une vie difficile dans laquelle le rôle de l’homme est prédéfini. Interdiction de pleurer, d’être affectueux avec ceux qu’on aime et surtout, on ne dit pas les mots Je t’aime. C’était ça les hommes au 20e siècle. Ça m'a créer une grosse boule au ventre, il ne faut pas l’oublier.
Profile Image for Benoit Lelièvre.
Author 6 books189 followers
June 30, 2025
Une méditation (ou dirais-je un songe?) sur les ravages du temps et l'impermanence des choses beaucoup trop chaleureuse et émotive pour être glauque. À travers les yeux de Jean-Claude Morel, la modernité de Montréal se déconstruit et se reconstruit de chapitre en chapitre, au rythme des violences personnelles et structurelles qui balisent sont parcours.

Il en résulte une question familière à laquelle Maxime Raymond Bock a la pudeur de ne pas répondre: le développement économique est-il nécessairement souhaitable? J'ai en un peu ma claque des romances de la classe ouvrière que le Québec littéraire transporte de génération en génération, mais celle-ci est faite avec beaucoup d'amour et d'originalité.

C'est l'histoire d'un homme d'abord et avant tout, pas d'une précarité idéalisée.
Profile Image for Jean-Francois Desmeules.
12 reviews
January 20, 2022
Quel magnifique portrait de la vie ouvrière des quartiers populaires de Montréal.

On suit la vie ordinaire de Jean-Claude Morel, de son enfance à sa vieillesse. L’histoire est racontée en plusieurs tableaux, alternant entre les époques d’un chapitre à l’autre. Les transitions coulent bien, obligeant le lecteur à se situer à chaque fois.

Les descriptions sont extrêmement précises et on visualise bien les scènes comme si on y était grâce aux nombreux détails.

Ce livre ferait un magnifique film.

Ma plus grande déception a été d’en terminer la lecture. J’aurais pris encore plus de chapitres!
Profile Image for Éloïse Pelletier.
13 reviews
November 9, 2022
Wow! Un grand morceau de littérature. Bravo pour tout le travail qui doit se trouver derrière cette oeuvre si foisonnante.

Je le vois comme un hommage à Montréal (ville-personnage au centre du récit) mais aussi à la classe ouvrière qui l’a construit.

J’ai été charmée par les transitions entre les chapitres qui sont ingénieuses, presque telles des raccords au cinéma!

C’est une oeuvre très dense, chargée de détails et de termes techniques mais aussi pleine de sensibilités. Je pense que Morel vous rappèlera tous un de vos grand-pères qui a dû bûcher fort pour nourrir sa famille.
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