C'est avec un nouveau concept que les éditions Ada nous réouvre les portes des contes interdits (contes pour enfants maquillés en livres horrifiques). En effet, la sortie de trois nouveaux tomes de la collection nous propose de nous attarder à l'histoire de certains personnages secondaires des précédents romans de la collection. C'est avec Jim le poète vagabond(personnage tiré de son prédécesseur: Pinocchio) que Maude Royer nous ouvre donc les portes de : dans l'univers des contes interdits. Tout d'abord, chapeau pour la concordance avec les évènements et le style littéraire de Pinocchio. On a presque l'impression de ne jamais être sorti de ce dernier tellement l'auteure s'est donnée la peine de bien construire autour du même univers. C'est un Jim aux "multiproverbes" qui fait donc office de héros dans cette nouvelle aventure. D'ailleurs, c'est près de 50 proverbes provenant de divers auteurs qui seront énoncés dans ce livre. C'est d'ailleurs autour de ces citations que Royer fera avancer son histoire, transportant même Jim dans une émission sur le thème des proverbes. C'est dans un univers glauque que l'on suivra le jeune homme à différentes époques de sa vie. Issu d'un ménage violent et toxique, fils d'un père ivrogne antipathique et d'une mère qui joue à la bonne sans jamais s'opposer à son mari, Jim découvrira le monde à travers une ambiance très lourde où les coups pleuvent et les insultes sont choses communes. Le rythme de ce tome est bon, l'action y est présente tout au long et les clins d'œil à Pinocchio (par l'entremise du personnage de Patrick Nocchio entre autre) nous font apprécié cette suite. Petit bémol, certains passages nous donnent quelque peu l'impression de tourner en rond, de ne pas satisfaire pleinement notre curiosité. Les sauts temporels sont intéressants mais ils sont peut-être trop nombreux et/ou mal réparties. On ce serait également attendu à une fin plus recherché, un coup de poing à la face du lecteur plus senti. Non pas que la fin soit complètement ratée mais, l'auteure aurait eu intérêt à nous l'envoyer un peu plus violemment, à mieux nous vendre sa salade. Sinon, Jim reste un des bons contes qu'Ada a su nous proposer. Pour les amoureux de Pinocchio, vous serez servi.