4 février 1912. Le jour se lève à peine. Entourés d'une petite foule de badauds, deux reporters commencent à filmer. Là-haut, au premier étage de la tour Eiffel, un homme pose le pied sur la rambarde. Il veut essayer son invention, un parachute. On l'a prévenu : il n'a aucune chance. Acte d'amour ? Geste fou, désespéré ? Il a un rêve et nul ne pourra l'arrêter. Sa mort est l'une des premières qu'ait saisies une caméra. Hanté par les images de cette chute, Étienne Kern mêle à l'histoire vraie de Franz Reichelt, tailleur pour dames venu de Bohême, le souvenir de ses propres disparus. Du Paris joyeux de la Belle Époque à celui d'aujourd'hui, entre foi dans le progrès et tentation du désastre, ce premier roman au charme puissant questionne la part d'espoir que chacun porte en soi, et l'empreinte laissée par ceux qui se sont envolés.
ها هو " فرانز رايكليت" في صباح الرابع من فبراير عام ١٩١٢ من أعلى المنصة الأولى لبرج "إيفل" سيلقي بنفسه مرتدياً بدلة المظلة مُستسلماً للحلم ، ينحني للأمام ومن ثم يتراجع ، وأخيراً قد حانت تلك اللحظة فيمكن للمعجزة أن تحدث ويطير مُحلقاً في سماء باريس ومن ثم يهبط على الأرض العشبية وسط الحشد الهائل من الشرطيين والصحفييين والمتهامسين بأن الأمر عبثياً والموت مؤكد لامحال.... والتقطت الكاميرا اللحظة التي تظن بأن المشهد قد استطاع استيعابها وبأن الكلمات قد شعرت بالاكتفاء عند هذا الحد ، لقد كان السقوط صامتاً...لم يتناهى لمسامعي دقات قلب " فرانز " ، لم أتلق سوى صرخات مكتومة...همهمات غير مفهومة...خطى تلامس الأرض العشبية هنا وهناك...ونسمات ذلك الصباح الباريسي الغائم الذي سمح لشعاع ضوء خافت بالتسلل ليتوارى بعد ذلك سريعاً.... وثمة امرأة تقف بعيداً خلف الحشود لم يأت ذكر ما كان منها عند سقوط " فرانز "....هذه المرأة التي رأيتها تتلقى الخذلان للمرة الثانية بعد فقد زوجها عندما حاول هو الآخر من قبل الطيران وسقط جسداً مُحطماً تحت محرك الطائرة التي كان يقودها...لو استطعنا أن نطلق عليها طائرة... تلك المرأة التى عانت من صمت الأول وأنانيته وغيابه في سقيفته وبين محركات المركبات التي يظن بأنها ستحلق في الهواء....وها هى الأرملة يتحطم قلبها للمرة الثانية وكأن المرة الأولى لا تكفي... رأيت الخذلان يرتسم على ملامحها الهادئة ، اليأس من أن يهتم لأمرها أحد ، ألا يعمد احدهم أن يحطم قلبها وهو يظن بأنه يحقق الحلم من أجلها....يحبها بطريقة خرقاء قاسية ، ستقف دون حراك فلم يعد شيء قادر على أن يُحركها بعد الآن... هنا تلتقي بهؤلاء الذين سقطوا....الذين فقدناهم...هؤلاء الذين نحبهم ولم نستطع أن نفعل شيئاً من أجلهم.... لا أدري كيف استطاع الكاتب الفرنسي " إيتيان كيرن " أن يستحضر مشهد السقوط من مشاهدة فيديو يسجل الحدث ، لينسج حياة " فرانز " بخيوط الحلم..الحب..والشغف ، الجنون العقلاني الذي لا يثير صخباً ، كيف يمكن أن تكتب رواية كاملة من مشهد خاطف لم يستغرق سوى ثوان معدودة ، كيف اقتنص ابتسامة الرجل اللطيف وهى تتردد بين الخوف والرغبة في تحقيق الحلم ، تلك الرعدة الخفيفة التي سرت بالجسد المسكون بالقلق والأمل قبل أن ينحني للهاوية ، تلك الإيماءات التي أخفت وراءها الكلمات ، تشبث الروح بمكان ما في السماء بينما الجسد يستعد للسقوط على الأرض... إن كان ثمة ما لابد أن يُقال هو إنني مٌدينة للكاتب بالشكر الجزيل لأنه استطاع أن يبعث الكلمات الدفينة بداخلي من مخبأها...ظننت بأنني فقدتها للأبد.....
Je viens de le terminer et je me dois de partager une petite anecdote. J'ai profité de la fraîcheur de fin de journée pour lire dans un parc. Une dame m'a demandé ce que je lisais et elle m'a dit que c'était son collègue et qu'ils travaillent dans un lycée juste à côté !! Comme elle souhaitait récupérer le livre (initialement trouvé dans une boîte à livres) elle m'a donné ses coordonnées pour que je lui dépose dans sa BAL et elle me contactera quand elle aura des ouvrages intéressants. Comme quoi, les livres permettent encore de faire des jolies rencontres.
Ce livre relate l’histoire vraie de Franz Reichelt, un tailleur pour dames austro-hongrois venu s’installer à Paris. Au petit matin du 4 février 1912, il s’élance du premier étage de la Tour Eiffel afin de tester le costume-parachute qu’il a fabriqué, dans l’espoir que son invention sauve la vie de nombreux aviateurs.
Tristement connu pour seulement quatre petites secondes d’une chute libre de cinquante-sept mètres qui lui sera fatidique, j’ai aimé que ce livre retrace et romance (presque) toute la vie de cet homme entièrement aveuglé par son ambition, de ses débuts à sa mort, en passant par ses passions et ses histoires de coeur, qui sont finalement le véritable moteur de toutes ses expérimentations.
Rapide à lire car lu d’une traite et élégamment écrit avec beaucoup de finesse et de retenue, ce livre procure indiscutablement de sacrées émotions ! Découvrir la plume ciselée de l’auteur a été pour moi un grand plaisir. J’ai seulement été personnellement moins emporté par certains passages où le narrateur s'égare quelque peu pour parler d’une amie, une des autres "envolés" de nos vies à tous, auxquels l’auteur rend finalement hommage dans son roman.
Se brûler les ailes au feu ardent des rêves impossibles. D'un geste littéraire aussi élégant qu'émouvant, Etienne Kern sublime un fait divers tragique en parant d'humanité son triste héros. Un superbe premier roman.
Les envolés est un roman très réussi de la part d’Etienne Kern, qui justifie largement l’attribution du Goncourt du premier roman. Il y a raconte l’histoire de Franz Reichelt, malheureux inventeur qui mourut en voulant prouver l’efficacité de son invention, un parachute, en se jetant du premier étage de la Tour Eiffel. Très documenté, le récit est touchant et intime, l’auteur partageant des moments de sa vie tout au long du livre. La narration en deux tons est surprenante et apporte un vrai plus, elle intrigue dès le début. S’il ressort de l’ensemble une certaine tristesse, elle n’est jamais forcée et est au service d’une très belle écriture. À lire ! « Les gens que nous aimons, nous ne pouvons rien pour eux »
Un roman magnifique, immensément doux et paisible, plein d'une douleur tendre; qui représente bien l'inevitable du destin et le tragique de la vie et de la mort du personnage, sans pour autant les rendre dramatiques ou en faire des évènements sensationnels. Le mélange entre la vie de Franz et celle de l'auteur mais surtout de ses proches est frappant, juste et sensible, d'une délicatesse inouïe, tout comme le style dont la simplicité apparente fait le charme et rend la lecture fluide et immersive. Un roman qui se devore, et laisse un léger arrière goût de mélancolie, ainsi qu'une petite larme sur la joue.
j'ai eu la chance de rencontrer l'auteur (et d'avoir une dédicace ;) ) et de découvrir ce roman par le biais du lycée !! bon, perso j'ai adoré, c'est une de mes meilleures lectures de l'année. j'ai surtout beaucoup aimé la description, la manière dont tout est suggéré, les personnages complexes, la construction du récit, un certain mystère mais aussi l'aspect historique ! je recommande à fond!!
Kern sa scrivere, tuttavia (anche viste le indubbie capacità dell'autore) mi sarei aspettato un'opera con maggiore "sostanza". Oltretutto gli intervalli che descrivono legati alla morte dell'amica sembrano inseriti per far spessore al libercolo. È un peccato, perchè la storia di Reichert avrebbe meritato maggiore approfondimento e ricchezza narrativa.
4/5 Un roman mélancolique et parcellaire sur cet homme qui a tenté de s'envoler depuis la tour Eiffel avant de s'écraser à terre, en 1912. Belle écriture et histoire émouvante, forcément, d'autant que l'on connait la fin. Les passages autobiographiques m'ont semblé inutiles, il aurait fallu qu'il y en ait plus (ou pas du tout) pour qu'il y ait plus de poids.
Jeune homme allemand, Franz Reichelt s’installe à Paris afin de réaliser ses rêves. Tailleur de profession, il devient fasciné par le monde d’aviation. Il crée donc une invention qui est censé lui permettre de sauter en toute sécurité de la tour Eiffel. Ce voyage d'identité, de désir, de fuite, retrace la vie compliquée et souvent triste de Franz. Un témoignage des prouesses littéraires d'Étienne Kern.
Qu’est-ce qu'on laisse derrière nous ? Étienne Kern interroge le rapport que nous avons avec les morts depuis qu’ils sont morts jusqu’à maintenant, et la marque laissée par ceux qui se sont envolés. On se retrouve confronté à une situation qui paraît hors du commun, mais qui est en réalité bien plus proche de nous qu’on ne le pensait autrefois. Les Envolés donne vie à Franz, à première vue un personnage fou même anachronique à nos jours, mais qui est surtout une présence tout à fait contemporaine.
A vrai dire, je ne connaissais pas l’histoire de Franz Reichelt, tailleur pour dame, qui participa à un concours dont le premier prix juteux récompenserait l’inventeur d’un parachute pour pilotes d’avion. Il est possible de visionner la courte histoire de sa participation sur Youtube (de préférence après avoir lu le livre). Je n’en dis pas plus… Ah que j’aime ces récits/romans qui nous racontent des histoires dramatiquement vraies. Etienne Kern nous dresse avec énormément de tendresse le portrait d’un Franz Reichelt très attachant et généreux. J’avoue que le choix de l’auteur de raconter en parallèle une deuxième histoire, probablement la sienne, en alternant les chapitres ne m’a pas vraiment convaincu mais cela n’enlève rien à la beauté de ce roman. Ce livre est vraiment bien écrit et a méritoirement été couronné par le prix Goncourt du meilleur premier roman.
Fasciné par cette chute invraisemblable, par cette mort absurde, par ce court métrage ahurissant, Étienne Kern a tenté de faire renaître l’histoire de Franz Reichelt.
Belle époque et début de l’aéronautique, accidents en pagaille, les pionniers des airs risquent leurs vies sur des engins à la fiabilité toute relative. C’est alors que le prix Lalance de la Ligue aérienne et de l’Aéro-Club de France offre 5000 francs à l’inventeur d’un parachute.
Le 4 février 1912, il s’élance du premier étage de la Tour Eiffel avec un costume-parachute qui ne s’ouvrit pas. Une chute de quatre secondes
C'est bien la première fois que je coupe la lecture d'un roman pour regarder une vidéo youtube. Et ressentir un choc en la voyant... C'est le point de départ de ce roman touchant, qui est plus une enquête sur ce qui nous pousse à suivre un rêve vain, sur ce qui nous pousse à chuter. Et qui est même en réalité une écriture thérapeutique sur le deuil et son incompréhension. En cela c'est magnifique.
Au niveau de la lecture, j'ai trouvé que le début du roman manquait de rythme. Les chapitres trop ténus empêchent de bien s'attacher aux personnages. Mais à partir de la deuxième moitié du roman, je n'ai pas lâché le livre tant c'était beau et touchant, à la fois dans la fin de Franz et dans les commentaires de l'auteur.
Franz va parier sa vie pour vivre ses rêves. Le monde entier est contre son idée, mais lui, il veut sauter, il veut leur prouver. Il croit viscéralement en son invention.
Il y a une véritable magie dans ces plumes qui nous transportent dans une temporalité que l’auteur lui-même n’a pas connue. C’est brillant à chaque ligne, à chaque page. On ne peut plus en sortir, arrêter sa lecture ou l’oublier. J’ai passé un si bon moment avec les envolés.
En peu de mots, on a l'histoire d'un homme qui a marqué l'histoire (tout en étant assez anonyme). J'ai aimé la retenue, mais l'histoire manque d'un certain souffle et je ne suis pas certaine des passages où la narratrice parle de son amie, qui apportent peu au plaisir de lecture.
Ce livre relate l'histoire vraie mais tout de même romancée de Franz Reichelt qui tenta de prouver l'efficacité de son parachute...en sautant de la Tour Eiffel. La lecture est aisée, le livre court. On plonge avec plaisir dans cette période d'avant première guerre mondiale...
Un roman basé sur un fait historique, comme je les aime. Bien ficelé, profondément humain, et intégrant un parallèle intéressant sur les pensées de l'auteur et ses expériences passées. J'ai lu pratiquement d'une traite!
Étienne Kern nous livre pour son premier roman l'histoire touchant de Franz, un inventeur rêvant de sauver des vies. Inspiré d'une histoire vraie, magnifique et émouvant.