Lyon, 1897. Alors que des corps exsangues de jeunes filles sont retrouvés dans la ville, pour la première fois des scientifiques partent à la recherche du coupable, mettant en pratique sur le terrain toutes les avancées acquises en cette fin de XIX e siècle. Autopsies des victimes, profils psychologiques des criminels, voilà ce que le professeur Alexandre Lacassagne veut imposer dans l’enquête avec son équipe, mais sait-il vraiment ce qu’il fait en nommant à sa tête Félicien Perrier, un de ses étudiants aussi brillant qu’intrigant ? Entouré d’Irina, une journaliste pseudo-polonaise, et de Bernard, un carabin cent pour cent janséniste, Félicien va dénouer, un à un, les fils enchevêtrés de cette affaire au coeur d’un Lyon de notables, d’opiomanes et de faiseuses d’anges. Jusqu’à ce que le criminel se dévoile, surprenant et inattendu, conduisant le jeune médecin au-delà de ses limites.
J'ai bien aimé les références historiques, les details sur la vie lyonnaise de l'époque etc... L'écriture est fluide. C'est agréable à lire. On suit une enquête à travers plusieurs personnages. L'autrice s'amuse à nous perdre, à semer des informations contradictoires en apparence. Les personnages sont complexes ainsi que leurs relations. On ressent aussi parfaitement l'engagement de l'autrice. Le livre porte un propos pour l'émancipation des femmes. C'est bien apporté et ça ne tombe pas trop dans l'anachronisme.
Cependant, je trouve que l'intrigue policière était un peu reléguée au second plan par rapport au développement des personnages. J'aurais aimé plus de suspens. C'était un peu plus roman que policier selon moi. J'ai hâte de lire "Le labyrinthe des femmes" qui sans être un tome deux, utilise les mêmes personnages. Je me dis que peut être l'intrigue sera alors plus centrale.
Premier thriller historique lu, je n'ai pas été déçue!
L'intrigue se déroule à la fin du XIXe siècle dans la ville de Lyon. Le professeur Alexandre Lacassagne, éminent médecin et professeur, un des pères de l'anthropologie criminelle, confie à un étudiant prometteur l'instruction d'une enquête mystérieuse. Plusieurs corps de jeunes filles sont en effet retrouvés, ayant pour point commun d'avoir subi un avortement récent. Pour résoudre ce mystère et trouver le coupable, l'équipe d'enquête utilisera les méthodes du professeur, prélèvera des empreintes, réalisera des autopsies.
Le sujet est passionnant, l'auteure s'est beaucoup documenté et offre au lecteur un voyage scientifique et historique très enrichissant, plein de détails sans tomber dans de longues descriptions ennuyeuses. Les personnages, et notamment le professeur Lacassagne (qui a réellement existé), sont drôles, mystérieux et attachants. L'écriture de Coline Gatel est agréable, l'intrigue présente des rebondissements intéressants et un dénouement à la hauteur.
Un polar historique atypique et fascinant, un premier roman qui tient toutes ses promesses.
Mon premier réflexe à chaud, une fois le livre refermé, est : « Ouahou quel roman ! » J'ai vécu pendant un peu plus de quatre cents pages dans le Lyon de la fin du XIXème siècle et c'était juste top... Je connaissais déjà l'auteure, Coline Gatel, pour l'avoir lue dans un autre format, la nouvelle, mais également un autre roman Les étrangers du temps. J'ai pu une nouvelle fois apprécier la façon dont elle emmène le lecteur dans l'histoire, elle situe très bien le contexte, que ce soit par rapport aux lieux ou au mode de vie de l'époque, rendant ainsi son histoire tellement réelle.
Tout n'est néanmoins pas fictif. En effet, un des personnages, le professeur Lacassagne, a réellement existé. C'est un médecin français, vivant à Lyon, qui fut l'un des fondateurs de l'anthropologie médicale. À cette époque là, il n'y avait pas d'enquête comme nous connaissons maintenant, c'était souvent lorsqu'on était pris sur le fait qu'on était jugé coupable. Lacassagne va amener de la modernité à la police en pratiquant des autopsies des victimes, en traçant une sorte de profil du meurtrier, les premières empreintes vont faire leur apparition, ainsi que la photo prise lors des gardes à vue pour l'identification, et également la mise en place du groupe sanguin.
Lacassagne enseigne à des élèves tout cela, et décide de former une équipe qui mènera ainsi les enquêtes avec un œil nouveau. Il nomme donc Félicien Perrier, l'un de ses brillants étudiants à la tête de cette équipe. Il va être aidé de Bernard Lecuyer, un autre élève, très soucieux du détail. Va se greffer à ce duo, une jeune femme que connait Bernard, Irina Bergovski. C'est une journaliste au Progrès de Lyon, elle se dit d'origine polonaise. Tous les trois vont essayer de démêler une étrange affaire de jeunes filles retrouvées mortes. Le point commun entre elles est la particularité de leur meurtre et qui intrigue bien le trio d'enquêteurs. Ils vont parfois être touchés de près, vont devoir garder leur sang froid pour élucider le mystère. Ils vont ainsi s'aider de ce que leur professeur leur a appris. Mais leur vie privée va les rattraper chacun et semer le doute dans leurs têtes.
Les personnages sont bien travaillés. Ils ne sont pas lisses et j'aime ça. Je pense notamment à Félicien Perrier qui est un jeune homme très intelligent mais avec des travers de caractère très prononcés, n'ayons pas peur des mots, il se révèle être un parfait sociopathe. Plus l'histoire avance, plus on en découvre sur lui et plus cela se confirme. Il m'a fait penser, avec ces vices, au personnage de Sherlock Holmes, il y a quelques similitudes entre eux. Lecuyer est intelligent lui aussi, mais se laisse beaucoup plus vite emporter par les sentiments, il est beaucoup moins froid que Perrier. Et le personnage féminin est l'inverse de ce que l'on peut s'imaginer, et ça, j'ai trouvé l'idée géniale. En effet, elle est limite androgine, s'habille avec des costumes masculins, et à cette époque là, une femme en pantalons, ça choque, et c'est surtout interdit ! C'est ainsi que j'ai appris que pour avoir le droit de porter un pantalon, il fallait posséder un « permis de travestissement »... Mais ça n'empêche pas Irina d'être une féministe convaincue. Et confrontée aux circonstances des meurtres des jeunes filles, elle va plus d'une fois se révolter. Elle se demandera quand les femmes auront le droit de disposer de leur corps et surtout quand on fera enfin attention à elles. Vous le voyez, ces trois personnes forment un trio de choc.
Un autre personnage très important de ce roman, est la ville de Lyon. Coline Gatel a situé son histoire dans cette ville, et l'a fait d'une façon très juste. Tout y est très bien décrit, les quartiers, les bistrots, les traboules, les bouchons. Elle a poussé le détail jusqu'à mentionner les anciens noms des rues et des places. On s'y croirait vraiment. La gastronomie n'a pas été oubliée, le langage et l'argot lyonnais non plus. Tout est fait pour pouvoir mieux nous plonger dans cette ville à la fin de ce XIXème siècle. Et sans aucune lourdeur dans les descriptions, tout se fait naturellement, comme si on le regardait nous même. Les méthodes médicales et d'investigation sont elles aussi bien détaillées et dépeintes. Je voudrais d'ailleurs souligner le travail considérable qu'a dû faire l'auteure en amont pour pouvoir être aussi précise dans les faits et les lieux. En lisant, j'ai appris beaucoup de choses, et j'adore quand une lecture me distrait mais aussi m'apprend plein de nouvelles notions. C'est, comme on dit, joindre l'utile à l'agréable.
Tout en restant objective, j'ai beaucoup de mal à vous trouver des défauts sur ce roman. L'histoire tient la route, les faits, les meurtres, le coupable, les personnages aux esprits torturés, tout cela est cohérent. Transposée en plus dans un décor et un contexte plus que réalistes, vous avez un roman complet. Le style de l'auteure, précis comme je l'ai dit, mais fluide, sans lourdeur, et avec une pointe d'humoir parfois noir en fait une lecture qui se lit facilement et je dirais même avidement. Le suspense est entier, les meurtres se succèdent et impossible de trouver le coupable. J'en ai même soupçonné les enquêteurs tellement ils ne sont pas irréprochables... C'est une lecture tellement imagée, que je la verrai très bien adaptée au cinéma ou en série. Il y a matière je pense à faire quelque chose de bien en reprenant les différents points de ce roman. Je ne pense pas que cette chronique soit lue un jour par un scénariste, mais si c'est le cas, foncez, je serai votre première spectatrice !
Bon, je pourrais encore vous parler pendant un moment de ce roman, tellement il m'a plu et enchantée. Je ne peux que vous recommander cette lecture, je suis sûre et convaincue que vous passerez tout comme moi un très bon moment en compagnie de Félicien Perrier et de ses amis. Vous serez vous aussi transporté dans une autre époque et je peux vous assurer que vous aimerez. Vous vous laisserez prendre par le suspense et arrêterez tout ce que vous devez faire pour pouvoir terminer l'histoire et savoir le fin mot. En tout cas, ça s'est passé comme ça pour moi, difficile de décrocher avant la dernière page. J'ai même été un peu triste de quitter Félicien, surtout avec tout ce qu'on apprend sur lui. J'espère sincèrement qu'on le retrouvera dans une autre histoire.
Décidément, le polar historique et les écrivains français, cela devient une « grande » rencontre littéraire. Franchement, ici le point positif, c’est la parfaite adéquation entre le fond et la forme. Coline Gatel fait preuve d’un vrai style très feuilletonesque de la fin du XIXème siècle, tout en adoptant un rythme nerveux très actuel. Son vocabulaire est très soigné (vraiment très bien écrit) tout en faisant preuve d’une sorte de gouaille jubilatoire. Si Félicien et Bernard sont deux médecins qui balbutient une science à laquelle ni la justice, ni la police ne croient, il n’y a aucun anachronisme. La psychologie inexistante fait que le « meurtrier en série » n’existe pas. On les verra tâtonner, avec plus ou moins de réussite les découvertes de la médecine légale. Notre équipe se cherche… et toutes les thématiques de l’époque (et même de la nôtre !) sont abordés : avortements, homosexualité, lesbianisme, travestissements, religion, classes sociales, et bien-sûr le thème récurrent fondamental ici : l’inné et l’acquis.
La formation de l’équipe est aussi au cœur de l’intrigue. Que ce soit le brillant mais très inquiétant Félicien, le passionné et timide Bernard, ou encore la féministe « aventurière » et engagée Irina, chacun dissimule des secrets, plus ou moins tragiques, honteux ou dangereux. Les relations vont partir dans tous les sens, de la dispute à l’amour, en passant par la suspicion, la trahison, ou l’amitié. Tout au long du roman, on découvrira une galerie de portraits qui donnent vie à cette époque : notables, ouvriers, serveurs, nonnes, prostituées, policiers, journalistes, étudiants qui mènent une vie de bohème plus ou moins voulue, dans une atmosphère qui évolue au rythme latent des découvertes scientifiques et industrielles. Le quatrième personnage de cette intrigue, c’est la ville de Lyon, qui semble en partie ne pas avoir évolué depuis le Moyen-Age (égouts qui se déversent partout, quartiers misérables où les immeubles s’écroulent, petites ruelles coupe-gorge…). La morgue est une sorte de bâtiment décrépi où l’on laisse les cadavres à la vue de tous !
Coline Gatel parvient, tout en créant une solide intrigue, à apporter du souffle, de la violence, et toute une palette de sentiments extrêmes à cette ambiance entre barbarie et modernité que l’on voit pointer dans cet horizon, ici très sombre. Une vraie réussite !
très bon suspense, avec un dénouement surprenant à couper le souffle. Si Irina est la typique suffragette luttant bec et ongles pour faire comprendre à ses amis, à Bernard le coincé surtout, que les femmes ont le droit de disposer de leur corps, le personnage de Félicien est limite sociopathe, il est difficile de ne pas voir en lui un ersatz de Sherlock Holmes.
Quant au certificat de travestissement, j’ignorais que cela se nommât ainsi, par contre je savais que cela existait puisque George Sand avait été obligée de se rendre à la police pour obtenir la permission de s’habiller en homme.
Le seul bémol que j’aurais pour ce roman est le style – bien sûr les dialogues le rendent très vivant, mais le vocabulaire n’est pas toujours très choisi. Néanmoins le suspense fonctionne tellement bien que, la météo aidant, je n’ai pas voulu lâcher ce polar historique sans l’avoir terminé.
Le récit nous entraîne dans la ville de Lyon entre la colline qui prie et la colline qui travaille, en passant par le milieu des opiomanes et des faiseuses d’anges.
Même si j’ai trouvé le style un peu pompeux et parfois maladroit, mélangeant codes du 19e et parlé moderne, j’ai aimé découvrir les débuts de la médecine légale, les premières innovations scientifiques avec trois fois rien.
Une plongée intéressante dans la ville brumeuse et sombre, ses traboules et ruelles escarpées.
L’image que retiendrai :
Celle des fumeries d’opium, j’ai découvert qu’il y en avait dans cette ville.
Voilà comment rencontrer un auteur lors de conférences aux Quais du Polar m’a donné envie de découvrir son univers. Pourtant, si vous me suivez régulièrement, vous savez à quel point je suis hyper frileuse dès qu’il s’agit de thriller historique. Et vous savez quoi ? Je me suis REGALEE ! Je ne suis pas passée bien loin du coup de cœur !
Hiver 1897. Je vous emmène à Lyon faire la connaissance du Professeur Lacassagne, le fondateur de l’anthropologie criminelle. Il va former un groupe d’experts en investigation criminelle, composé de deux étudiants en médecine, Félicien Perrier et Bernard Lécuyer, ainsi que d’Irina Bergovski, une jeune journaliste polonaise installée à Lyon.
Le trio est chargé de retrouver un serial killer sévissant en plein cœur de Lyon. Des meurtres sordides sont commis, les victimes étant de très jeunes femmes vidées de leur sang. Leur seul point commun : avoir eu recours à une faiseuse d’ange peu de temps avant leur meurtre.
Le lecteur est embarqué dans une chasse aux indices, grâce à l’analyse des scènes de crimes, les autopsies, le profilage du tueur. C’est juste passionnant ! J’ai pris un pied phénoménal ! Le travail de recherche mené par Coline est absolument gigantesque. Elle nous plonge dans cet univers avec brio, j’ai adoré découvrir ce Lyon du XIXè siècle. C’est une ville que je connais bien, je m’y rend souvent depuis que je vis dans la Loire ; pour les Quais du Polar, déjà, et puis plusieurs fois dans l’année, que ce soit pour des formations professionnelles ou pour me promener. Avec cette lecture, j’ai sondé l’histoire de la ville, vécu comme les canuts, déambulé dans les traboules, j’ai même frémis sous les gestes précis d’une faiseuse d’ange. Les passages sur le bateau morgue ont assouvi ma curiosité morbide (😀). L’ambiance et l’immersion étaient au rendez-vous, c’est indéniable, et c’est là toute la force de ce roman. Coline réussi même à nous faire sentir les odeurs ! J’ai plissé le nez à plusieurs reprises.
Et que dire des personnages ? Ils sont eux aussi brossés avec soin, ayant chacun une particularité, les rendant riches et uniques. Irina, par exemple, m’a permis de m’interroger sur la condition féminine de cette époque. En effet, elle est une femme libérée et têtue, ayant obtenu un certificat de travestissement pour porter des vêtements d’homme. Félicien se réfugie dans l’opium, comme beaucoup à cette époque. En effet, sa consommation récréative était très en vogue. Bernard et son côté janséniste m’a interpellé également.
La plume de Coline est riche, tout en restant accessible, fluide et immersive, puisqu’elle La découpe du récit par journée d’enquête, avec de nombreux dialogues insuffle un rythme assez soutenu et accentue encore l’immersion. J’avais l’impression d’être le 4è larron ! La frontière entre le réel et la fiction existe bel et bien, mais Coline n’a de cesse de l’effacer au maximum, et c’est une réussite.
Ce roman a une suite, « Le labyrinthe des femmes », sorti depuis peu. Nickel ! Car je n’ai pas hésité une seule seconde à enchaîner !
Je vous conseille « Les suppliciées du Rhône » si vous êtes amateur de thriller historique, ou encore si vous souhaitez découvrir la capitale de Gaules sous un autre angle. Un régal !
« Le silence demandé se fit et Lacassagne, satisfait, pu enchaîner avec la sentence favorite qu’il distillait à chaque début de cours : » Ayez toujours à l’esprit , chers futurs collègues, qu’une autopsie mal faite ne se recommence pas ». »
Une très agréable découverte ! Moi qui raffole de 19ème siècle, j'ai adoré plonger dans Lyon des traboules, des manufactures de soiries, des fumeries d'opium... et de l'invention de la police médicale. Comme l'annonce la quatrième de couv : "les experts 1897" ! Quel plaisir ! L'autrice s'est documentée en profondeur et on sent à la lecture le plaisir qu'elle a pris à se documenter, mais aussi à partager cette foule de détails avec nous. On s'y croirait ! J'ai adoré tout cet aspect du roman.
Cependant, j'ai été perdue à plusieurs niveaux : certains chapitres m'ont parue décrire des éléments inutiles à l'intrigue, qui m'ont surtout embrouillée. La fin m'a déçue. La révélation du·dela coupable m'a paru sortir de nulle part, alors que le texte nous entraîne sur plusieurs pistes intéressantes au fil de la lecture ; le final m'a semblé contre-intuitif et incohérent. Enfin, plusieurs personnages ont des comportements qui m'ont paru incohérents eux aussi. Le timide et prude personnageA couche avec la première venue qu'il croise par hasard (et qui *coincidence extraordinaire* est de la famille de machin !), puis il vrille et commence à tabasser des femmes parce que visiblement, ça l'a pris avec le café, ce matin. wtf ? La personnageB porte la voix de la libération des femmes, elle parle plusieurs fois de "droit des femmes à disposer de leur corps" mais quand personnageA l'agresse brutalement, elle hausse les épaules et ça n'ira pas plus loin que ça. Après tout, il vient d'essayer de la tuer parce qu'il s'est réveillé de mauvais poil ce matin, mais bon, c'est un homme de son époque, restons amis et n'en parlons plus. Pour finir, PersonnageC réagit très violemment à la révélation finale alors que rien n'y pressentait, sa réaction m'a parue un peu sortie de nulle part.
Donc au final, mon avis est ultra positif sur la littérature, la narration, le décor, l'Histoire, le cadre, le suspense... Mais j'ai trouvé les personnages faibles / peu équilibrés (caricaturaux ?) en comparaison et l'intrigue un peu bancale.
L'auteure nous plonge dans l'atmosphère du Lyon de la fin du XIXe siècle, dans une affaire bien noire de meurtres en série de jeunes femmes venant d'avorter. Autour du grand Alexandre Lacassagne, médecin ayant concouru à la création de la médecine légale, de jeunes hommes s'initient à cette nouvelle technique. Deux d'entre eux, Bernard et Félicien, vont former un trio d'enquêteurs improbables en s'associant à la jeune journaliste du Progrès de Lyon, Irina.
Le suspense de l'ouvrage est parfaitement mené. Les éléments nous sont apportés au compte-gouttes, avec suffisamment de complexité pour, comme les enquêteurs eux-mêmes, être amené à suspecter de nombreuses personnes.
Les rapports entre personnages sont intenses, alliant jalousie, séduction et incompréhension. Les protagonistes principaux ont tous des secrets qui renforcent les difficultés de l'enquête.
Il s'agit aussi, et même surtout, d'un très bon roman historique. le Lyon de l'époque nous est rendu avec puissance, nous amenant dans certains bas-fonds (lieux de prostitution, fumeries d'opium...). Et les descriptions en matière de médecine légale et de traitement des cadavres sont une mine d'informations. On y découvre notamment la morgue flottante de la ville, curiosité bien morbide mais si utile à la ville.
Enfin, l'auteure nous plonge dans la réalité de la vie d'une femme de l'époque, qui, pour se vêtir "à la garçonne", devait obtenir un certificat de travestissement. Et surtout, l'histoire nous confronte à l'horreur des "faiseuses d'anges" utilisant des techniques dangereuses et douloureuses en matière d'avortement.
J'ai beaucoup aimé ce roman, qui se lit très vite (et même de plus en plus vite au fil de l'avancée de l'énigme) ! Il est à recommander aux amateurs de romans noirs et de romans historiques.
This mystery made me think of "The Alienist" by Caleb Carr. A serial killer is on the loose in Lyon in 1897, preying on young women who have recently undergone an abortion. PRofessor Lacassagne, expert in the new science of forensic medicine, deputizes one of his most promising students, Felicien Perrier, to do the autopsy. Felicien, a tormented young man, goes further than that : he forms an alliance with Bernard, a prudish, repressed colleague, and Irina, a female journalist with an eye for a scoop. Together they follow the clues yielded by the autopsies of the young victims and roam through the back alleys of Lyon. This is a world of poverty, prostitution, opium dens and violence.
I liked the book enough to give it 3 stars, but I would have to say that the story was psychologically uneven and implausible. These folks are given to galloping down the (wrong) path at the tiniest of provocations. The prude falls into bed at the first encounter with a willing young lady and later assaults her because of some vague jealousy. Another character almost strangles another person for no good reason that I could see. The three "friends" spend much of their time suspecting each other based on the flimsiest of clues. Not one, not two, but all 3 of them have serious secrets to hide. There are so many fake identities, forged papers and credentials and what-have-you, that the book made me think of one of those desserts where unimaginative cooks pile ingredient on top of ingredient. Some shipped cream, and some chocolate sprinkles, and some pecans, and some caramel sauce, and some more of this and some more of that. In the end, too much is too much, and that's how I felt when I closed the book.
Moi qui suis totalement fan des séries du genre Les experts, c’était impossible que je passe à côté de ce livre. Je l’avais déjà repéré, du coup, lorsque j’ai vu qu’il faisait partie de la masse critique sur Babélio, je ne pouvais que croiser les doigts d’être sélectionnée !
De part son contexte historique, ce roman est doublement intéressant, nous assistons à la naissance de la criminologie. J’ai malgré tout un regret, que l’auteure ne garde pas le rythme du début jusqu’à la fin. Je m’explique, au début nous avons pas mal de détails, mais par la suite il y en a moins, alors que je trouve que cela aurait rendu l’histoire encore plus prenante qu’elle ne l’est déjà.
C’est comme pour les personnages qui restent un peu trop énigmatiques, cela m’a empêché de m’attacher à au moins l’un d’eux. Si cela n’enlève rien au fait que j’ai passé un agréable moment, il aurait pu être encore mieux si j’avais pu m’attacher à eux.
Malgré tout, je trouve que l’auteure a fait un boulot remarquable, on sent la recherche faite en amont, que certaines choses ont été peut-être un peu plus travaillées que d’autres. Mais franchement le résultat est génial et pour ma part, j’ai dévoré ce livre. Les chapitres assez courts donne cet impression de rapidité dans la lecture, mais au final je me suis rendue compte que ce n’était pas qu’un impression, je l’ai réellement lu assez rapidement.
Une très belle découverte pour ma part, et je vous le recommande sans hésiter si comme moi vous aimez les séries du style des experts.
Ce roman peut se résumer par policier féministe. Très sincèrement je n’ai pas ultra accroché à l’histoire. C’est ce genre de roman quand tu le lis tu as l’impression que l’auteur veut en faire des tonnes. En utilisant des expressions ou mots hyper recherchés pour faire genre il est intelligent. Passé ce sentiment de je me la pete l’histoire est bien construite et les personnes intéressants. Cependant, les personnages sont survolés on raconte leur histoire personnelle en 3 lignes alors qu’on fait du teasing depuis le début du livre. Et surtout la fin est clairement bâclée. On se retrouve avec une résolution de l’enquête faite en moins de 2 pages et bim bam boum c’est finit. Et c’est finit sans réel ouverture derrière juste bah voilà tiens. Bonne soiree au revoir. Par contre la vision féministe est très interessante et a permit que je continue ma lecture.
J’ai lu ce livre sur le conseil d’une amie : comme j’ai bien fait de l’écouter ! Ce roman fait désormais partie de ma propre liste des livres à conseiller à autrui. C’est bien écrit, le lecteur est facilement emporté dans l’histoire, les personnages sont intrigants (on se pose encore une tonne de questions à la sortie du bouquin !). Irina et Félicien m’ont tout les deux envoûtée, mais pas pour les mêmes raisons.
Je ne m’attarde pas sur l’aspect historique du roman, pour la bonne et simple raison que je n’ai aucune connaissance sur l’histoire de la médecine légale ou sur les conditions de vie dans le Lyon du 19e siècle. Cependant, il semble que l’autrice ait très bien travaillé son sujet.
Cette intrigue m’a tenue du début à la fin ! Irina est très attachante, et je m’attendais à cette fin, mais pas à ce meurtrier. Tous les sujets qui sont traités le sont merveilleusement bien. Coline Gatel a vraiment une plume qui maintient le suspens à son comble du début à la fin… Lyonnaise que je suis, j’ai reconnu ma magnifique ville de cœur, les recherches ont vraiment été très complètes pour le coup, et ça se sent.
informative sur les débuts de la police scientifique du fin 19ème seicle à Lyon avec le professeur Lacassagne. Mais je trouve le style et le déroulement un peu simple. J'ai rencontré l'auteur à Irigny pendant le Quais de Polars 2021. Elle est passionnée par son travail et aime passer une commentaire sur des faits divers de nos jours dans une époque passé.
J'aurais mis 5 étoiles parce que j'ai été menée en bateau du début jusqu'à la fin mais j'en retire une à cause de certains détails un peu trop glauques à mon goût.
J'ai lu Les suppliciés du Rhône de @colinegatel . Merci encore aux éditions @livredepoche et à William pour cette réception.
🅲🅷🆁🅾🅽🅸🆀🆄🅴 1897 Lyon. Alexandre Lacassagne est professeur d'anthropologie criminelle. Des corps livides de jeunes filles sont retrouvés au bord du Rhône. Pour la première fois Alexandre et son équipe vont enquêter et rechercher le coupable à l'aide de nouvelles méthodes jamais utilisées auparavant : autopsies, profil psychologique du criminel... Alexandre demande à Félicien Perrier son élève le plus brillant de trouver le meurtrier mais peut-il lui faire confiance ? Félicien va tenter de résoudre cette enquête avec l'aide d'Irina une journaliste et de son ami et collègue Bernard dans un Lyon sombre et dangereux. 🄼🄾🄽 🄰🅅🄸🅂 j'ai adoré ce roman passionnant au cœur de Lyon, on se retrouve plongé dans un polar historique car l'on voit naître les tout premiers experts de la police scientifique. L'auteure explore la considération des femmes et leur place au XIX ème siècle, des avorteuses, de l'opium mais aussi de ce Lyon riche face à la pauvreté environnante. J'ai aimé les personnages, Félicien aime qu'on l'écoute, il est doué et le sait. Il est curieux et ambitieux mais il a son côté mystérieux et flippant. Tout au long du roman j'ai eu du mal à le cerner. Irina quant à elle est une féministe invétérée, très intelligente. Elle affirme un caractère fort et une personnalité hors du commun.
🄲🄾🄽🄲🄻🅄🅂🄸🄾🄽 un roman captivant et intéressant sur les premiers experts scientifiques et leurs balbutiements. Une intrigue bien menée et une atmosphère lugubre. J'espère pouvoir lire la suite bientôt.
La ville de Lyon est chère à mon cœur aussi avoir le plaisir de lire un roman policier historique bien documenté qui se déroule dans les rues, traboules et autres entrailles de la ville des gones, je n’hésite pas longtemps. Je mêle ainsi différents plaisirs car l’Histoire est également présente par le biais de l’époque choisie par l’auteur. L’intrigue policière étant juste la cerise sur le gâteau. Limite c’était presque trop pour un seul titre aussi j’ai eu un instant peur d’être déçue si j’en attendais trop.
Le parallèle avec la célèbre série TV des « Experts » est fait. N’était-ce pas là encore trop marketing ? Trop surfait ? Pas vraiment. On est vraiment dans cet esprit où la science encore balbutiante, dans bien dans domaines, reste prometteuse. Alors oui, on est très loin des séquençage ADN, des recherches dans les bases de données internationales, des microscopes à balayage électronique, mais la démarche est logique, codifiée, en cours d’élaboration, de sophistication.
On a une belle équipe de jeunes gens, deux garçons et une fille. Chacun vient d’horizons assez différents et traine avec lui des bagages plus ou moins lourds. Leurs différences pourraient les séparer, mais non. Cela pourrait être du coup une force, mais là non plus je réponds par la négative et c’est dommage. Finalement, il y a presque du trop convenu dans cet aspect-là. Pas assez de surprises véritables.
On sent que l’auteur a bien travaillé sa documentation. C’est riche en détails et si on est un peu curieux de nature, on peut aussi aller plus loin. Les décors sont bien sombres, mais toute la ville était ainsi sauf quelques points bien marqués. La ville des Lumières ? Oui, mais pas encore tout à fait et puis la misère était partout. Elle était pécuniaire, sanitaire.
L’intrigue est intéressante. On s’y perd un peu, mais c’est le jeu non ? C’est aussi un premier roman qui a certes quelques lacunes. Parfois, à trop vouloir bien faire, on s’égare avec des expressions trop contemporaines, un style légèrement ampoulé, des confusions ou tout au moins un manque de clarté quand il serait salutaire pour le lecteur d’avoir quelques lanternes éclairées.
Une lecture qui reste sympathique et que je ne regrette absolument pas. L’auteur est en devenir et possède indéniablement le talent pour écrire de prochains romans encore meilleurs. Je serai ravie de continuer à découvrir sa plume.