J'ai senti une grande fraternité avec l'autrice (full disclosure, on se connait "in passing").
Je me reconnais dans sa poésie, au point où cela a soufflé sur la braise de mon envie d'écrire aussi.
J'entends le cri contre la mort, contre la décomposition de la vie, du corps, de la mémoire, de notre enfance (et de l'enfance). Je souris du coin de la bouche aux renversements brillamment orchestrés. Je me reconnais dans la neige, le froid, l'eau, dans le contraste avec la chaleur, le feu, la brûlure et sa fumée. Je me reconnais dans notre difficulté du rapport au corps, particulièrement celle des femmes de ma génération, qui on grandit dans les mêmes familles que moi, avec les mêmes mères, qui, elles, ont été élevées par nos grand-mères. Et que, malgré les blessures, le bagage légué qu'on n'a pas demandé, qui nous pourrit par en-dedans, le regard complice d'une expérience commune, qui transcende les âges.
J'ai parfois eu de la difficulté à me laisser emporter, autant dans la prose que dans les vers, mais souvent, la clé se dévoilent à la fin. Et, au final, je trouve ça très ingénieux. Dans une forme "sans règle", ça place une structure, bien qu'assez libre, de prologue, de "climax" et de chute. Et évidemment, ça vient forcer la relecture (souhaitée et nécessaire, en poésie), en plus de mettre un point d'orgue sur la fin.
J'ai une affection toute particulière pour T'enfoncer dans mon dos (le motif du volcan est "on point"), Lignes parallèles, Autoportrait paranoïaque dans le miroir et Comme le buste miniature du David que tu m'as rapporté d'Italie, autant pour le fond que la forme. Mention spécial aussi à La vingt-cinquième pose, parce que ça fait écho à des souvenirs similaires ("girl, same").
Il y a des perles que je vais consigner précieusement, pour y revenir, comme "Nous avons appris à écouter les bruits même quand ils se taisent" ou "je me demande si nous partageons aussi / le même rêve, celui de / tout faire vaciller".
Je vais garder un œil sur les prochains, et je vais aussi essayer Ronde de nuit.