Le livre se concentre beaucoup sur des exemples français et s'il donne l'illusion de s'intéresser à la situation Québécoise ou Américaine, ça me semble être fait plutôt sur le mode anecdotique.
Sans que le livre soit mauvais en aucun cas, je l'ai tout de même trouvé un peu répétitif de lectures que j'avais faites précédemment sur le milieu de l'édition. (André Schiffrin, Thierry Discepolo - pas nécessairement le plus intéressant du lot -, Denis Vaugeois pour n'en nommer que quelques uns).
Les intuitions sur ce qui fait signe d'indépendance éditoriale dans le discours versus comment ça s'actualise dans une pratique à la frontière entre le commercial et l'artisanal désintéressé sont assurément intéressantes, même si on sent un peu de romantisme devant le monde du livre et le milieu éditorial (romantisme qui permet surement de ne pas sombrer de la défaitisme - après tout il faut avoir une vision de ce qui pourrait être si l'on veut changer le monde).
Le plus grand manque est assurément une étude de la situation québécoise qui est rapidement brossée sur 10 pages d'un livre qui en compte 160 et on peut sentir un peu la redite si on a lu les livres à teneure pamphlétaire de Schiffrin même si leur actualisation est pertinente (on s'intéresse à la période qui couvre la publication des ouvrages de Schiffrin jusqu'à 2020, ajoutant à ce qui avait été annoncé par l'éditeur franco-américain).
Vraiment, réfléchir l'indépendance éditoriale dans le milieu québécois manque à ce livre, mais peut-être sommes-nous mal placé.e.s pour jeter le bon regard sur notre propre réalité.