Un ouvrage grandiose et passionnant que cette épopée sibérienne depuis le XVI ème siècle jusqu’à l’an 2000. La Sibérie a toujours attiré les hommes : ses ressources paraissent inépuisables même si elles sont difficiles d’accès. Le livre montre la ruée vers les fourrures, vers les métaux précieux ou non, vers le pétrole et le gaz. Mais pour atteindre ces richesses et les transporter jusqu’aux lieux de consommation, il faut des routes, des chemins de fer, des voies navigables, des tuyaux… Lorsque la façade pacifique est « découverte », il faut vite se préoccuper de la consolider et de la protéger tant elle est éloignée de la capitale russe. Le lecteur suit avec enthousiasme les différentes expéditions pour conquérir l’Amérique russe (l’Alaska), la voie maritime du Nord, l’Extrême Orient russe, le fleuve Amour. Il y a un énorme besoin de main d’œuvre pour équiper ce continent aux terribles conditions climatiques. La Sibérie, zone de relégation des opposants ou des criminels dans la Russie tsariste verra se développer sur son territoire au XX ème siècle le Goulag, gros pourvoyeur de main d’œuvre gratuite pour les grands travaux. L’auteur montre enfin comment dans les années 1960, la découverte en Sibérie occidentale des immenses gisements de pétrole et surtout de gaz naturel a procuré à l’URSS des revenus énormes, cet argent facile permettant de masquer par des importations les déficiences de l’agriculture collectiviste et des autres branches de l’industrie, tout ceci contribuant à l’éclatement du pays.
Merci à Éric Hoesli pour ce magnifique travail.