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Itinéraire de l'égarement: Du rôle de la science dans l'absurdité contemporaine

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L'idéal moderne de liberté, l'affranchissement de la tradition pour mener sa vie propre et pour être soi-même; comment cela a-t-il pu déchoir en liberté de choisir le lieu de ses prochaines vacances?

Les questions de fond - la vie telle qu'on aimerait vraiment la vivre, le sens d'une existence humaine - disparaissent de l'horizon.

Comment en sommes-nous arrivés à cette insignifiance? Comment avons-nous pu à ce point nous fourvoyer? La chose paraît si incompréhensible qu'elle nous invite à parcourir à nouveau le chemin, comme lorsqu'on a perdu ses clés et qu'on repasse dans sa tête faits et gestes pour se souvenir où on les a posées. Alors on se heurte à ce fait massif: la science moderne a peu à peu capté l'essentiel des forces spirituelles et matérielles de la culture occidentale. Mais pourquoi l'Europe s'est-elle lancée à corps perdu dans l'aventure scientifique, du temps où la science ne servait pratiquement à rien? Pourquoi Pascal, plein d'éloignement pour la science après sa conversion, reprit sous l'empire d'une rage de dents l'étude de la cycloïde? Pourquoi Rousseau, à Venise, fit fiasco auprès de la prostituée Julietta au téton manquant, et pourquoi celle-ci lui conseilla de faire des mathématiques?

Pour quelle raison, aujourd'hui, certains biologistes tiennent si fort à ce que l'homme soit une simple machine à survie pour ses gènes, ou une machine neuronale. Quels sont les rapports ambigus entre l'individu autonome, libre, et la pensée objectivante qui nie son autonomie et sa liberté? Que demande-t-on ultimement à la science?

C'est de telles questions que ce livre, en suivant pas à pas l'itinéraire de l'égarement, cherche à répondre.

336 pages, Paperback

First published October 1, 2003

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Olivier Rey

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341 reviews77 followers
May 2, 2018
Un bon essai contre l'illusion du scientisme ambiant. Néanmoins le livre aurait gagné à être moins verbeux. La deuxième moitié du livre est la meilleure.

Extrait :
“Ce type d'arrogance triomphale n'est pas un cas isolé chez les biologistes. Ainsi ces propos de Richard Dawkins, un des éminent représentants de la sociobiologie ; " Si on veut met vraiment au défit de réfléchir aux réponses fournis avant Darwin à des questions du type : "Qu'est-ce qu'un homme ?". "Est-ce que la vie à une signification ?", "Dans quel but sommes-nous là ?", pouvez-vous dire qu'une seule de ces réponses ne soit pas inutile, sauf d'un point de vue historique ? Une réponse être tout simplement fausse. C'est ce qui s'est passé pour toutes celles qui sont antérieures à 1859 [date de parution de l'ouvrage de Darwin, De l'Origine des espèces au moyen de la sélection naturelle]" (Le Gène égoïste, Odile Jacob, 1996, p357). Dawkins apprécierait probablement un changement de calendrier, qui ferait passer de l'ère chrétienne à l'ère darwinienne. A l'en croire, les hommes sont là pour accomplir les dessins de leur gènes - qui, en tant que morceaux de molécules, sont dépourvus de dessins? Autant dire que les réponses qu'il prétend apporter aux questions fondamentales sont absurdes. Les travaux des socio- et neurobiologistes ont leur intérêt. La catastrophe intellectuelle se produit quand la grenouille, non seulement veut se faire plus grosse que le bœuf, mais prétend avaler le monde entier.”

[...]"Autre difficulté : prenons la croyance que la conscience n'est pas identique à un ensemble d'influx nerveux. D'après les déclarations précédentes, cette croyance est fausse. Mais si une croyance est une activité neuronale, comment pourrait elle être fausse ? La vérité ou la fausseté d'une proposition sont habituellement conçues comme adéquation ou inadéquation de la proposition avec le monde? Mais si la pensée est dans le monde, cela ne veut plus rien dire. " (p246)
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