"Les grands moments sont rares Dans les ruelles confuses Mais certains Sur le rebord du risque Chuchotent aux crans qui s’ouvrent Le long de la cambrure"
Simon Johannin renoue dans ses poèmes avec l’univers de ses romans. Alors que les vers courent librement, souvent délestés de leur ponctuation, des émotions intenses traversent la nuit comme des étoiles filantes.
Des voyous pas méchants, des jeunes gens pas prêts quoique robustes, se chamaillent pour trouver une place au soleil : "Des nouilles instantanées dans des bacs en plastique / Tous les jours / Un euro cinquante, c’était cher / Il allait plus loin, à meilleur prix". La précarité guette le porte-monnaie et les sentiments avec la même férocité. Les bastons taillent les visages, forgent les caractères. Pourtant, devant le vertige du quotidien, les belles âmes qui peuplent ces poèmes tâchent de ne pas tomber dans les écueils du ressentiment, et s’acharnent à trouver du sens et du plaisir là-dedans.
Et l’amour parfois existe, se présente avec fulgurance. Le désir de vivre finit par l’emporter sur la résignation. Loin des clichés romantiques, le style visuel de Simon Johannin fait surgir par flashes des visions de corps furieux et sensuels, qui s’imbibent de substances avant de s’écraser avec fracas contre le macadam.
Nous sommes maintenant nos êtres chers pose un regard lucide et sensible sur une époque sinistrée où la passion jaillit malgré tout avec éclat.
J’ai trouvé certain poèmes très beaux. Il doit y en avoir environ 4-5 qui m’ont marqué, le reste m’a pas vraiment parlé. Je suppose que chacun a sa propre sensibilité à la poésie, on est pas tous marqué par les mêmes choses. C’était rapide à lire en tout cas!
« Avoir mal ne t’as jamais demandé beaucoup de courage / La souffrance n’est pas le plus dur, plus dur est le temps qui s’installe, plus dure est l’absence du reste / On ne peut s’en sortir sans vivre »
« Boire était facile, aimer devait s’apprendre / J’ai mélangé le noir de tous ces ciels / Qui nous ont vue se pencher l’un sur l’autre »
Des poèmes courts et tailladés écrits d’une main ultra moderne, presque trash. La poésie est simple mais frappante. L’auteur aborde le monde de la nuit et de la jeunesse défoncée qui veut vivre. Un recueil touchant mais pas assez percutant à mon goût.
Dans l’ensemble ce n’est pas la poésie qui me touche le plus. Néanmoins la poésie est propre à chacun. J’ai aimé certains vers, d’autres non. Je continuerai quand même de lire du Simon Johannin.
2,5⭐️ Les thèmes sont parfois sordides et je trouve que les mots choisis n’arrivent pas à rendre les rendre « poétiques » Je pense aussi que ce ne sont pas des thématiques qui me touchent, j’ai trouvé ça trop brutal parfois irréaliste et sans lyrisme mais je comprend qu’il faille aborder les sujets, ça peut faire réfléchir et certains poèmes m’ont touchés !
Si je meurs Donne mes livres aux amis Mes vêtements aux pauvres Ma mémoire aux enfants Mais garde les bijoux Car mon âme amoureuse Sera noyée dans l'or