Une Terre au ralenti. Une héroïne déterminée. Une épopée inoubliable. Trois cents ans. C’est le temps que met la Terre pour tourner sur elle-même. Dans le ciel du Long Jour, le soleil se traîne et accable continents et océans, plongés tantôt dans une nuit de glace, tantôt dans un jour de feu. Contraints à un nomadisme lent, les peuples du Levant épousent l’aurore, les hordes du Couchant s’accrochent au crépuscule. Récemment promue au rang de maître, l’assassine émérite Célérya accepte un enrôlement douteux dans le désert de l’est. Là, sans le vouloir, elle contribue à l’accomplissement d’une prophétie en laquelle elle n’a jamais cru. Un domino vient de tomber ; les autres suivront-ils ?
Léafar Izen a évolué quinze ans dans le domaine des sciences et de l’ingénierie. À 35 ans, il quitte cette carrière pour s’installer au Chili, comme aubergiste et guide de montagne, sur les flancs du volcan Calbuco. Suite à l’éruption brutale de ce dernier en 2015, il décide de se consacrer à la littérature et partage son temps entre Cévennes et Patagonie.
Léafar Izen a évolué quinze ans dans le domaine des sciences et de l’ingénierie. À 35 ans, il quitte cette carrière pour s’installer au Chili, comme aubergiste et guide de montagne, sur les flancs du volcan Calbuco. Suite à l'éruption brutale de ce dernier en 2015, il décide de se consacrer à la littérature et partage son temps entre Cévennes et Patagonie.
Alors déjà : magnifique couverture, c’est bien cette belle illustration qui m’a tapé dans l’oeil et qui m’a donné envie de lire le livre.
Maintenant, commençons par le plus positif : le worldbuilding. Je trouve l’idée de la terre qui met 300 ans à tourner sur elle-même, ça a un tel nombre d’implications que ça en jette forcément. Par contre, si on sent que l’auteur a tout en tête, ça manque fortement de communication avec le lecteur. J’ai eu du mal à tout capter, tant les informations sont dispersées et peu expliquées. Nous avons donc une Terre sur laquelle la journée dure 150 ans, et la nuit dure 150 également : la face nuit de la Terre est recouverte de glace, tandis que la face jour est recouverte de déserts, deux environnements invivables pour l’humanité. L’humanité est donc regroupée sur les 2 seules zones habitables de la planète, les quelques longitudes d’aube et de l’autre côté, les quelques longitudes de crépuscule. Ces peuples sont contraints de se déplacer constamment, pour ne pas être piégé dans les glaces ou dans le désert cuisant. La Marche du Levant, c’est donc l’ensemble des peuples nomades qui suivent l’aube, et qui se déplacent sans cesse vers l’ouest, vers le front de glace, et loin du désert. Cette fameuse Marche, c’est en fait plusieurs peuples : la Marche Centrale (dans laquelle se trouvent nos protagonistes), la Marche du tropique, et le peuple du nord, les Nordztins. Détail intéressant, les cycles de la Lune, eux, sont normaux et servent à se repérer dans le temps. Ouf ! Dit comme ça, ça parait simple, mais lors de la lecture il faut bien repérer les maigres explications et les assembler bout à bout.
Bref, on comprend vite que cette Terre détraquée, c’est la notre. La géographie est quasi la même, les noms des continents sont quasi les mêmes. Il s’est donc passé quelque chose, mais quoi ? Catastrophe nucléaire d’ampleur mondiale ? Catastrophe climatique ? Origine humaine ou naturelle ? Telle est la question qui m’a obsédé tout au long du livre.
Ça et… l’intrigue. Car certes, on suit des personnages, mais pourquoi ? Pourquoi lire ce livre ? Quel est le but de l’histoire ? On apprend qu’il y a une prophétie, très bien. Sauf que les morceaux de prophétie sont servis avec une grande parcimonie, aux moments où on a VRAIMENT besoin de savoir pourquoi les personnages font ceci ou cela. D’autant que cette fameuse prophétie n’a pas l’air de se réaliser seulement par l’opération du saint esprit, certains humains étant apparemment très enthousiastes à l’idée de l’aider à se réaliser et d’avoir un rôle à jouer. Je veux bien suivre une histoire qui explique comment une prophétie se réalise, mais j’aimerais quand même savoir en quoi elle consiste cette prophétie. On aurait pu nous donner les quelques Versets importants en début de livre, ça aurait donné un fil conducteur.
Mon postulat est que l’auteur a voulu nous aligner sur le point de vue de Celerya, qui ne connait rien aux Versets et qui préfère rester dans l’ignorance. Sauf que tous les autres personnages savent ce qui se passe et ce qui doit se passer, et ils en parlent tout le temps de manière tout sauf explicite, et ça m’a perdue.
D’ailleurs, Celerya, c’est drôle comme nom dans ce contexte (quelle célérité n’est-ce pas ?). On nous vend ce personnage comme une protagoniste badass, une assassine. Mais il n’y a pas tant que ça d’action dans ce livre, elle a donc peu d’occasions de briller. On est d’ailleurs loin du caractère que j’attendais d’un assassin. Elle s’attache facilement et supplie facilement (oui, d’accord, le récit justifie ce comportement par la suite, mais pour moi c’est un comportement trop éloigné de son éducation). Globalement ce personnage m’a déçue, j’attendais quelqu’un de plus charismatique, et surtout plus discret. Comment se fait-il qu’elle soit recherchée à Odessa sous sa véritable identité ? Les maîtres assassins ne sont pas censés être incognitos ? Elle n’avait pas utilisé une identité d’emprunt ? Et par la suite, elle reproche bien vite à son maître ce qu’elle même a essayé de faire avec Mylano. Bref, ce personnage en particulier ne m’a pas convaincue. Et puis, bien entendu… c’est une « mortelle beauté » même après s’être rasée les cheveux, ouais bien sûr. Je vous laisse deviner sa morphologie, c’est typique de ce genre de personnage.
Autre déception : l’archiprêtre. Vu le premier chapitre, je m’attendais à trouver soit un prêtre burlesque façon Pratchett, soit un prêtre charismatique, fascinant, et à la personnalité complexe façon Elantris. Finalement il n’est ni l’un ni l’autre, c’est juste une ordure monumentale.
Quant aux autres personnages… et bien s’ils ne sont pas attachants pour un sou, au moins ils tiennent la route, même si on se demande à quoi peuvent bien servir certains (l’absenter ? aucune explication. Le vieillard aux divers visages ? aucune explication.). Je note un gros effort pour nommer les personnages secondaires, mais est-ce vraiment utile quand ils apparaissent sur une demi-page pour ne plus jamais revenir par la suite ?
J’ai fini le livre très mitigée, mais la fin du dernier chapitre et l’épilogue ont remonté mon estime pour ce livre, alors, malgré tous les reproches que j’ai en tête, c’est de la fin dont je me souviendrai, et oui, ça vaut le coup de le lire.
Les tous derniers paragraphes consacrés à Akeyra m’ont émue, j’ai eu la larme à l’oeil. Le lien entre ces dernières lignes et l’épilogue m’a glacé le sang. Comme tout cela sonne tragique !
Je trouve que la fin est cruelle, mais puissante. Quelle amère ironie pour les peuples du Levant, qui ont mis leurs vies entre les mains d’une prophétie, pour tous ceux qui ont sacrifié leurs vies pour voir s’achever la grande œuvre et permettre à leur descendants d’atteindre la terre promise !
Un peu difficile d'écrire une critique sur ce livre pour lequel j'ai été très emballée, puis que j'ai failli laisser tomber, et qui fini sur une bonne note. J'aurais plus de négatif à dire et pourtant c'est quand même un livre que je conseillerai d'essayer.
Le style est agréable ; le parti pris de faire se dérouler le récit sur presque un siècle est ambitieux et se tient. Mais à mon goût c'est un procédé assez casse gueule, et là, bah...ça se casse un peu la gueule. Le début est assez classique, et permet de mettre en place un lore riche et innovant. Les persos sont biens, variés, parfois touchants, mais alors je développe une allergie aux remarques des auteurs hétéros sur leur héroïne. On confond un peu la liberté sexuelle de Célérya (assez relative dans les faits, mais bon) avec les remarques insistantes sur ses yeux verts et son corps sexy. On part ensuite sur un récit très éparpillé dans le temps, qui concerne vraiment le règne d'Akira, ses prises de décisions politiques, pour accomplir la prophétie, et là j'ai décroché. ça manquait un peu de ...chair pour retenir mon attention. La fin (l'épilogue) est malin, il y a une belle rupture de ton, qui met pleins de choses en perspective, ouvre pleins de thématiques intéressantes, et la conclusion est plus que satisfaisante.
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La rentrée d’Albin Michel Imaginaire consistera en un double shot de SFFF avec, à ma droite La marche du levant de Léafar Izen, et à ma gauche Quitter les monts d’automne d’Émilie Querbalec. On s’intéressera aujourd’hui au premier, qui est arrivé avec un pitch fort accrocheur.
Nous découvrons une Terre qui met 300 ans à faire une rotation autour de son axe, et donc une journée dure 150 ans et une nuit aussi (enfin, en gros quoi). Mais du coup, le plein jour est un peu trop bouillant pour y vivre, et la nuit ça caille sévère. Pour survivre, les humains se déplacent constamment pour suivre le levant et vivre à une température supportable. La marche du levant est une des communautés qui suivent ce parcours, et ils trimballent avec eux toute une ville et l’organisation très particulière qui leur permet de vivre. Cette ville est dirigée par un archiprêtre qui guide son peuple en étudiant Les versets, des textes annonçant une prophétie qui guidera la marche vers l’Arche et libérera les hommes de cette maudite vie de nomade.
La marche du levant est un beau pavé de 650 pages qui va couvrir plusieurs dizaines d’années et nous montrer comment cette « prophétie » va se concrétiser ou pas, à travers une enfant qui doit rassembler la marche et la conduire vers la délivrance. Plusieurs personnages vont orbiter autour de cette « élue » : En premier lieu l’archiprêtre dont je parlais plus haut, qui est un bel enfoiré et va faire pas mal de saloperies. Puis nous suivrons également Célérya, assassine qui assassine très peu et va être envoyée pour une mission bien sale avec le guerrier nordique Oroverne.
Le roman est divisé en 3 parties qui vont raconter chacune une étape de la vie d’Akeyra et de tous les évènements qui vont la concerner de près ou de loin. Et là je suis un peu emmerdé parce que c’est assez compliqué de donner une idée du ressenti de ce livre parce que sa première caractéristique pour moi est qu’il est absolument bordélique. Le premier tiers met beaucoup de temps à installer son univers et nous expliquer son principe de manière assez confuse jusqu’à terminer sur un épisode épique et dramatique qui lance vraiment l’histoire seulement après 150 ou 200 pages. On va aussi faire beaucoup politique et le point de vue de l’archiprêtre est très important. Le souci, c’est que l’archiprêtre fait un « méchant » très caricatural qui fait de la politique débile comme un Donald Trump croisé avec Jafar. J’ai trouvé toute la partie sur ses manœuvres et ses motivations très pénible à lire, et ça prend pas mal de place
Et là je vous ai pas du tout donné envie de lire le roman, n’est-ce pas ? Il y a pourtant plein de bonnes choses dedans à se mettre sous la dent, mais comme je disais c’est un peu confus, on a l’impression d’avoir plusieurs romans condensés et mélangés, dans des sous-genres différents empilés comme des Lego. Y’a une fantasy extrêmement classique (mais c’est pour mieux la détourner) mélangée avec une fantasy politique (pas très convaincante), avec quelques moments épiques perdus au milieu (le « duel » d’Oroverne est magnifique) et tout ça décrit une fresque à grande échelle qui rappellera Les nefs de Pangée pour finir sur un twist qui te renverse de ta chaise. Mais on a quand même cet univers fascinant qu’on aime découvrir, toute l’organisation de cette société mobile qui doit avancer et reculer pour d’un côté planter des arbres et de l’autre récolter du charbon avant que le soleil ne crame tout. On apprend l’existence d’autres marches sur le levant, de hordes du couchant aussi. On nous décrit ce mur de glace qui fait constamment face à la marche et s’effrite dès que le soleil le touche.
On a aussi un dernier tiers qui arrive à se reconcentrer, qui tend vers cette prophétie et ce but ultime dont personne ne connait la vraie finalité. Même si ça va encore un peu vite à mon goût, cette dernière partie redonne de l’élan et remet en perspective tout ce qu’on a vécu pour finir sur un beau twist qui va faire débattre les colleurs d’étiquettes. C’est une fois franchi ce cap qu’on peut regarder en arrière, se souvenir de l’épopée vécue par nos protagonistes et en ressortir satisfait. Malgré les défauts du romans, ses longueurs, sa précipitation, parfois sa confusion (une carte aurait bien aidé), ses personnages survolés, il y a un propos, une identité et surtout un univers que j’ai fini par apprécié, qui laisse une marque sur le lecteur.
Loin d’être parfait, La marche du levant surmonte ses défauts sur le dernier sprint. Porté par son monde fascinant et sa plume agréable, Léafar Izen arrive à nous plonger dans son univers implacable et poétique, plein d’images saisissantes.
Roman reçu en Service presse de la part de l’éditeur Albin Michel Imaginaire, merci à eux.
Pour ceux qui ont suivi mes update lectures, vous savez que La marche du levant n’aura malheureusement pas été un coup de coeur comme l’espérait son éditeur, et qu’il m’aura fallu plus d’une semaine pour arriver au bout d’un titre qui, à mon rythme normal de lecture, aurait du être lu en 4/5 jours maximum. Lecture difficile donc et que j’ai pensé à abandonné plusieurs fois mais à qui j’ai voulu donner sa chance jusqu’au bout. Pourquoi? Parce que son univers est vraiment intéressant. Avec cette Terre qui met 300 ans à tourner sur elle-même et ce soleil qui se traîne, Léafar Izen nous offre un monde étonnant où l’humanité, coincée entre un front de glace et un désert aride, est nomade par obligation de survie. Cette société mobile est passionnante à découvrir et mérite de l’intérêt tant son organisation est complexe et originale. Mais malheureusement, [...]
[Ecouté en livre audio] Le point fort de ce récit est le fonctionnement original de ce peuple nomade qui se déplace lentement chaque jour, afin de rester dans l'aurore du "long jour" offrant des conditions propices à la vie. Mais pour le reste, ce fût pour moi un récit plat, sans grande surprise, très convenu et avec des personnages relativement fades et trop transparents.
L’univers de La Marche du Levant est fascinant, mais on peut parfois se perdre dans la lenteur de ce monde qui tourne sur trois cents ans. Néanmoins, la force de Célérya et l’intrigue autour de la prophétie rendent la lecture captivante. L’auteur réussit à créer une atmosphère unique qui mérite vraiment d’être explorée.
Léafar Izen démontre un talent remarquable pour construire un monde riche et immersif. L’écriture est fluide, les personnages profonds, et l’intrigue, bien que complexe, est maîtrisée. Ce livre montre une grande maturité narrative et confirme le potentiel de l’auteur à toucher un public large.
Ce n’est peut-être pas un coup de cœur mais j’ai beaucoup apprécié cette lecture ! Ce qui m’a le plus marquée (et qui m’a surtout retourné l’esprit) c’est le world building. Faut savoir qu’on se retrouve sur une terre où une journée dure environ 300 ans… ça ne vous dit peut-être rien, mais j’ai trouvé ça excessivement difficile à appréhender (et j’en salue d’autant plus l’auteur qui a réussi à garder la logique jusqu’au. Chapeau bas). Et ce « petit détail » entraine beaucoup d’adaptation (ce qui étoffe encore plus cet univers) : des villes qui se déplacent, des villes sur l’eau, des villes du désert, des villes du froid… Avec chacune leurs croyances et leurs traditions… et leurs jeux de pouvoir.
Parlons-en justement, de ces croyances : l’élément central du livre, c’est la réalisation d’une prophétie. J’ai trouvé le format assez original et le rythme différent de ce qu’on retrouve habituellement (l’histoire se divise notamment en chants). Étant donné que les humains vivent plus de 100 ans, il y a parfois plusieurs dizaines d’années qui s’écoulent entre deux chants.
Je ne me suis pas réellement attachée à un personnage particulier, c’est sûrement du au format de l’histoire et à la chronologie. Je ne pense pas que ce soit une mauvaise chose, car à mon sens ce n’est pas un livre qui se centre sur les persos. L’important, c’est plutôt la morale de l’histoire et son world building, la créativité de l’auteur et l’originalité du monde qu’il a créé.
Enfin, je tiens à dire que le dernier chapitre m’a coupé le souffle. Je l’ai même relu deux fois parce que j’y croyais. Quelques pages on suffit pour modifier COMPLÈTEMENT mon point de vue du livre. Et ça, c’est magistral.