En 2009, c'est-à-dire l'Antiquité des Temps Numériques, le journaliste Evan Ratliff, spécialiste des questions Internet/Tech au Wired, propose à son magazine un défi : il va tenter de disparaître, tout en restant aux Etats-Unis. Le magazine lancera les lecteurs sur sa trace mi août, et ils auront un mois pour le trouver, lui donner le mot de passe et le prendre en photo, pour empocher la récompense, 5000 dollars (dont 3000 de la poche du journaliste, sûr de son coup). Il ne s'agit pas de s'enterrer dans les bois, mais de changer d'identité et de tenter de mener une nouvelle vie avec revenus, appartement, vie sociale, sachant une poignée à vos trousses.
Mais déjà, Internet s'emballe, via Twitter notamment, et ce sont rapidement des milliers d'enquêteurs particuliers qui se fédèrent pour échanger sur leurs forums les informations glanées : adresses IP, traces bancaires, photographies retouchées... tout va très rapidement se compliquer pour notre journaliste esseulé, et goûtant la réelle pression paranoïaque.
Ce long article, "Vanish", connaîtra à sa publication un retentissement qu'on peut aujourd'hui qualifier de culte dans les milieux geeks.
En seconde partie du volume, composée à l'envers - rappel de la carte à jouer de la couverture - une enquête de Ratliff sur une autre disparition orchestrée, celle d'un père de famille acculé par les dettes, et son dénouement.
Il s'agit donc ici de deux reportages sur un même thème : peut-on disparaître pour changer de vie, et comment et pourquoi on se fait quasi systématiquement retrouver s'il y a des personnes motivées à vos trousses...
Le tout se lit en une heure et demi, sans style, purement factuel et avec peu de références, ce qui frustrera un brin, pour 17 euros. Une biblio avec des pistes de lectures sur le sujet, réactualisée aujourd'hui, aurait été un petit plus, par exemple.
Pour le plaisir du format livre et la beauté de l'objet, donc... sinon, c'est relativement anecdotique.