« On reste comme ça à s’enfiler des verres pendant presque une heure, sans dire un mot. Je sais que c’est étrange mais, pour la première fois de ma vie, j’ai l’impression d’avoir trouvé quelqu’un qui me ressemble.
Et là, je ne sais pas pourquoi je dis ça, mais ça sort tout seul :
— Faudrait leur montrer, à eux, ce que ça fait de toujours se sentir anormal. Pourquoi est-ce qu’ils auraient le droit de décider de la taille qu’on devrait avoir? Au cul leur taille normale. C’est pas moi qui est trop grand, c’est le monde entier qui est trop petit pour moi.»
Napoléon McDougall, épuisé d’avoir à se plier en deux à cause de ses six pieds quatre, inspire malgré lui un nain riche et hargneux avec son fantasme d’agrandir le monde. S’ensuivent la métamorphose cauchemardesque d’une ville, une dépression collective, de mystérieuses disparitions, une histoire d’amour assombrie par un as de la baignade, des travaux forcés dans une caverne, des poursuites automobiles psychanalytiques et, surtout, un torrent d’égoïsme, de désespoir et de jurons…
Ceci n’est pas une histoire de dragons, un roman sans dragons dans lequel, au bout du compte, personne n’est un héros.
Diplômé en théâtre au cégep de Saint-Hyacinthe ainsi qu’en art et lettres au collège Lionel-Groulx, Mathieu Handfield a toujours eu un intérêt pour la réalisation et l’écriture, intérêt qu’il a rapidement mis en pratique à sa sortie de l’école en 2007.
Comme comédien on a pu le voir au petit écran dans plusieurs séries La Grande Bataille, Le Club des Doigts Croisés, Bienvenue aux Dames ainsi que Rock et Rolland. Il a également joué le rôle d’Éric Henry dans le film Dédé à travers les brumes et il faisait partie de la distribution de Next Floor, court-métrage réalisé par Denis Villeneuve qui a remporté plus de trente-cinq prix à travers le monde. Mathieu est également l’auteur des romans Vers l’est, pour lequel il remporte le prix du meilleur roman francophone de la presse indépendante, et Ceci n’est pas une histoire de dragons, nominé au Prix des libraires 2011, tous deux publiés aux éditions de Ta Mère.
Son premier film, Zombie : le documentaire, a remporté un vif succès lors de ses nombreuses projections, notamment aux festivals Fantasia et Cryptshow en Espagne où il remporte le prix du public. Romance, son dernier court-métrage, a également remporté le prix du public au festival Vitesse lumière, ainsi qu’une mention spéciale du réalisateur Érik Canuel.
Au théâtre on l’a vu chez Duceppe dans la Cerisaie, mise en scène par Yves Desgagnés.
Il travaille comme réalisateur sur la web-série Rêves d’acteurs et il assure la direction littéraire du collectif Les cicatrisés de Saint-Sauvignac (histoires de glissades d’eau). On le voit aussi, à l’automne 2011, au Théâtre du Nouveau Monde dans la pièce L’école des femmes.
Ce roman parle d'un personnage plus grand que la moyenne, inconfortable dans le monde, qui provoque la panique en prenant plus de place, qui s'enrichit et qui s'installe dans des espaces de plus en plus vastes. Il utilise même le terme lézardeux. Pis ça se termine dans une grotte.
Une lecture complètement farfelue que j'ai adoré. C'est une histoire qui nous sort complètement de notre réalité. Je ne crois pas avoir lu ce genre d'histoire depuis l'enfance (même s'il s'agit bien d'un livre pour adulte!)
Dans ma quête de découvrir de nouveaux auteurs québécois, je suis tombée sur ce roman, choisi principalement à cause de son titre. C’était très différent de mes lectures habituelles, une histoire rocambolesque dans un univers peu vraisemblable, avec un héros qui n’en est pas vraiment un. Je n’ai pas détesté ma lecture, au contraire, elle a apporté un vent de fraîcheur après mes deux précédents romans qui étaient beaucoup plus exigeants émotionnellement.
Quel bonheur d’entrer dans cette histoire farfelue, cette grande métaphore construite par un personnage trop grand, dans un monde fait pour les plus petits. L’imagination brillante de l’auteur sait capter notre attention jusqu’au bout et certaines scènes sont carrément inoubliables! Il s’agit d’une lecture où on a du FUN.
Voici un récit fantastique et rocambolesque. L’auteur nous amène dans un délire d’abord comique mais qui tranquillement vire au cauchemar. Vengeance et frustration animent la vision du riche Hubert Medent. Un rêve troublant jusqu’à la fin.
3.6 Je confirme que ce n'est effectivement pas une histoire de dragons. La grandeur hors-norme de Napoléon inspiré un nain riche et mal engueulé. Sa mission: agrandir le monde et ce ne sera pas sans conséquences. Drôle et rafraîchissant.