Quel est le but du féminisme : l’égalité ou la liberté ?
Les femmes doivent faire la part des choses entre le combat nécessaire pour leurs droits et la finalité ultime de ce combat : la liberté réelle. Cette liberté implique qu’elles puissent choisir d’être ou non en couple, d’avoir ou non des enfants, d’aimer qui elles veulent aimer ; qu’elles puissent choisir leur vie, enfin, libérées de toutes les formes de pression – sociale ou intériorisée.
Emma Goldman (1869-1940), considérée en son temps comme la « femme la plus dangereuse des États-Unis » par le gouvernement américain en raison de son activisme militant, est une des grandes figures du féminisme mondial.
Traduit de l’anglais et préfacé par Thibaut de Saint Maurice.
Emma Goldman was a feminist anarchist known for her political activism, writing and speeches. She played a pivotal role in the development of anarchist political philosophy in North America and Europe in the first half of the twentieth century.
Born in Kovno in the Russian Empire (present-day Kaunas, Lithuania), Goldman emigrated to the US in 1885 and lived in New York City, where she joined the burgeoning anarchist movement.Attracted to anarchism after the Haymarket affair, Goldman became a writer and a renowned lecturer on anarchist philosophy, women's rights, and social issues, attracting crowds of thousands.
She and anarchist writer Alexander Berkman, her lover and lifelong friend, planned to assassinate Henry Clay Frick as an act of propaganda of the deed. Although Frick survived the attempt on his life, Berkman was sentenced to twenty-two years in prison. Goldman was imprisoned several times in the years that followed, for "inciting to riot" and illegally distributing information about birth control. In 1906, Goldman founded the anarchist journal Mother Earth.
In 1917, Goldman and Berkman were sentenced to two years in jail for conspiring to "induce persons not to register" for the newly instated draft. After their release from prison, they were arrested—along with hundreds of others—and deported to Russia.
Initially supportive of that country's Bolshevik revolution, Goldman quickly voiced her opposition to the Soviet use of violence and the repression of independent voices. In 1923, she wrote a book about her experiences, My Disillusionment in Russia. While living in England, Canada, and France, she wrote an autobiography called Living My Life. After the outbreak of the Spanish Civil War, she traveled to Spain to support the anarchist revolution there. She died in Toronto on May 14, 1940, aged 70.
During her life, Goldman was lionized as a free-thinking "rebel woman" by admirers, and derided by critics as an advocate of politically motivated murder and violent revolution.Her writing and lectures spanned a wide variety of issues, including prisons, atheism, freedom of speech, militarism, capitalism, marriage, free love, and homosexuality. Although she distanced herself from first-wave feminism and its efforts toward women's suffrage, she developed new ways of incorporating gender politics into anarchism. After decades of obscurity, Goldman's iconic status was revived in the 1970s, when feminist and anarchist scholars rekindled popular interest in her life.
J'ai bien peur que ces deux textes aient été sélectionnés pour plaire à un public masculin, éventuellement anarchiste... On y comprend que l'oppression des femmes n'a pas à voir avec une quelconque domination mais avec l'incapacité des femmes à résister aux pressions sociales et intérieures... Dommage
Il y a du bon comme du moins bon dans la pensée d’Emma Goodman. Ce petit livre regroupe en réalité deux textes de l’autrice et une petite biographie au début, permettant notamment de la resituer dans son époque et ses combats. Je ne suis pas d’accord avec tout ce qu’elle écrit. Sa pensée est emprise d’un important anarchisme dans lequel je ne me retrouve pas toujours. Elle donne aussi l’impression de décentrer le débat de la domination patriarcale en faisant peser sur les femmes leur émancipation. Cependant ses propos sont intéressants et la réflexion est poussée. On s’interroge comme toujours pour se déconstruire.
Le livre est en deux parties, la première est une biographie légère sur Goldman, qui aborde l'essentiel de sa lutte féministe et anarchiste, de par ses conférences à travers le monde, son soutien aux luttes par la grève et les armes, etc. La deuxième partie du livre réunit deux articles de Goldman :
1. "La tragédie de l'émancipation féminine", qui évoque le problème de l'aliénation des femmes, faisant que la révolution en tant que processus extérieur est insuffisant, et qu'il est nécessaire que les femmes produisent une révolution interne de manière à s'émanciper de l'état, de la patrie, de la famille patriarcale, etc.
2. "Le droit de vote des femmes", qui s'inscrit en faveur du droit de vote des femmes, mais contre le droit de vote tout court. Goldman explique que le vote est un outil d'asservissement des populations et que le vote, en lui même, ne servira pas à émanciper les femmes, bien au contraire. Elle critique une certaine vision du féminisme qui vise une égalité des droits, ce qui serait réformiste (interprétation de ma part) plus qu'une émancipation des femmes, ce qu'elle lit avec le concept de liberté à faire naître, ce qui nécessite une révolution (interprétation de ma part).
Le livre est court (108 pages) pour un petit prix (8€), mais ça peut être une bonne capsule temporelle de la période où a vécu Goldman pour comparer sa façon d'appréhender le féminisme à son évolution actuelle.
"De la liberté des femmes" regroupe les propos d'Emma Goldman à propos du droit de vote des femmes ainsi que leur volonté de liberté, d'égalité et d'émancipation ; sans oublier un prologue très instructif et explicatif. Ce fut pour moi une très belle découverte, autant sur [la vie mouvementée] de l'auteure que sur le contenu de sa réflexion. D'accord ou non, sa pensée reste intéressante à décrypter, nous faisant voir cette vague féministe, notamment avec les suffragettes, sous un autre angle.
"Por supuesto, si la emancipación parcial ha de convertirse en una emancipación completa y autentica de la mujer, deberá acabar con la ridícula pretensión de que ser amada, convertirse en novia y madre, es sinónimo de esclava o subordinada. Tendrá que terminar con el estúpido concepto del dualismo de los sexos, o de que el hombre y la mujer representan dos mundos antagónicos."
"Le plus vital des droits c'est d'aimer et d'être aimé"
"Le malheur des femmes ne vient pas de ce qu'elles sont incapables de faire le travail des hommes, mais de ce qu'elles gaspillent toute leur énergie à essayer de les surpasser."
" La véritable émancipation ne passe ni par les scrutins, ni par les tribunaux. Elle naît d'abord dans l'âme des femmes."
Plutôt un manifeste anarchique avant d'être féministe. L'auteure défend que les femmes sont responsables de leur propre émancipation, tout en dépréciant l'importance de l'égalité "sur papier". Je n'étais pas toujours d'accord avec son point de vue, mais ça reste révolutionnaire pour son époque
"[...] qui révélera en elles une force jusqu'ici inconnue du monde, une force d'amour véritable, de paix, d'harmonie ; la force d'un feu divin, de la vie qui se donne, créatrice d'hommes et de femmes libres."
très déçu parce que j’ai entendu que du bien d’Emma Goldman, si on m’avait dit que c’était un texte écrit par un masculiniste j’aurais presque pu y croire... bref épargnez vous ne le lisez pas
Très facile à lire, beaucoup de choses intéressantes sont présentées, on remarque vite que beaucoup de points relevés sont encore pertinents actuellement