Attention, spoilers - mais en même temps elle va répéter ces histoires tout au long du livre donc pas besoin d'aller bien loin pour connaître ce qui va être critiqué ci-dessous:
Tellement de choses à dire sur ce livre: tout d'abord, il faut rappeler qu'il s'agit d'un roman. Inspiré de faits réels. De ce fait, je ne vois pas d'explication pour ce désordre qu'est l'écriture. Ce roman a-t-il été édité? L'histoire de Madame St-Clair est extraordinaire mais l'excitation que pourrait inspirer ses aventures est étouffée par la narration et en fait une lecture terriblement douloureuse.
- Les répétitions sont sans fin. Oui, on a compris, elle a été dans la bande des quarante voleurs, elle est frileuse, a fait la peau à de nombreux hommes parce qu'ils lui avaient manqué de respect. COOL. Pas besoin de le répéter à chaque chapitre. ON A COMPRIS. J'ai eu l'impression de lire une mauvaise fanfiction.
- Les contradictions, notamment amoureuses: l'héroine n'a jamais connu l'orgasme, nous dit-elle, avant que, trois pages plus tard, elle nous raconte des moments de passion avec son coiffeur PUIS, à la fin du livre, avec le corse/italien.
- Cet égo surdimensionné: elle se met à parler d'elle à la troisième personne, au milieu de nulle part. Puis recommence deux ou trois fois dans le récit "excuse moi, cher neveu". Non. NON!
- Et puis ces références bourrées de fausse modesties "Mes yeux marrons-gris lançaient des étincelles" p341.
"J'étais si mince, par apport aux autres femmes" blablabla tout au long du roman.
- Ce mépris pour tout le monde, en particulier les Noirs, tous ces clichés "les Noirs ne sont pas dignes de confiance" etc. Mais moi, je suis au dessus de tout ça, je suis généreuse, eux sont tous des imbéciles, je fréquente l'élite alors que j'ai à peine été à l'école, les femmes sont toutes des salopes;
- Enfin, cette femme sans attaches, sans famille, qui est plus que ravie de raconter sa vie passionante à ce neveu qu'elle ne connaît ni d'Eve, ni d'Adam. Des "mon cher neveu" à tire l'arigot. On aurait pu penser qu'elle prendrait plus de recul par apport à cet étranger compte tenu de toutes les raisons données ci-dessus.
Donc voilà. J'ai fait preuve de patience, parce que je me disais qu'il s'agissait d'une vieille femme qui racontait son histoire, qui voulait sans doute prouver qu'elle en avait vu des vertes et des pas mûres. Mais non. C'est un ROMAN. Quelqu'un a choisi d'écrire sur ce ton et quelqu'un d'autre a accepté que le texte soit publié. Je crains que l'auteur ai transposé nombre de son mépris de race, de classe ainsi que sa misogynie dans la bouche de Stéphanie Sainte-Claire.
Il est assez rare qu'un roman français ne parle de personnages noirs sous un jour autre que pathétique, mais cette histoire à été rédigée après 2010: suffisamment tard pour une petite remise en question de ses valeurs coloniales.