Au XXIe siècle, entre deux révoltes féministes, une écrivaine se retire dans un chalet après avoir été victime de harcèlement sur les réseaux sociaux. Remontant le cours de la colère, une histoire familiale revient la hanter. Au coeur d’une tempête qui à la fois obscurcit et enlumine le paysage, elle appréhende la forêt où rien n’est tranquille. Abandonné et rongé par la mérule, le chalet voisin se dresse comme une menace. Et si on l’avait suivie ?
Tel le chevreuil qui avance dans la neige et trace un ravage, cette oeuvre haletante, lucide et splendidement ornementée provoque un nécessaire fracas et expose, au temps de la prédation, un drame trop familier pour qu’on puisse se permettre de ne pas le raconter.
Élise Turcotte is a Canadian writer. She completed her BA and MA in literary studies at the University of Quebec and later received her doctorate at the Université de Sherbrooke.
Her writing has won much praise, and among other things she has won the Grand Prix de Poésie, as well as the 2003 Governor General's Award for her novel La Maison étrangère and the Prix Émile-Nelligan for La voix de Carla in 1987, and for La terre pst idi in 1989. Her novel The Alien House was shortlisted for the 2004 Governor General’s Literary Award for Translation.
Élise Turcotte lives in Montreal, where she has taught at the CEGEP de Vieux-Montréal since 1986.
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Élise Turcotte a obtenu un baccalauréat en arts et une maîtrise en études littéraires à l'Université du Québec à Montréal. Elle a ensuite obtenu son doctorat à l'Université de Sherbrooke. Après la publication de recueils de poésie, elle aborde le roman, la nouvelle et fait paraître plusieurs livres pour enfants, tout en conservant un intérêt constant pour l'écriture poétique.
Elle enseigne la littérature au Cégep du Vieux-Montréal.
Le fonds d'archives d'Élise Turcotte est conservé au centre d'archives de Montréal de Bibliothèque et Archives nationales du Québec.
Un puissant texte sur la condition féminine mais aussi sur la force de la littérature. Élise Turcotte confirme son talent comme l’une de nos plus grandes écrivaines du Quebec. L’originalité du texte et du style littéraire, précis, rigoureux et sensible . Un autre tour de force!
C’est la veille du 6 décembre (1989, feminicide polytechnique) et je termine ce roman. La colère transpire de tous mes pores. 2025 et encore aujourd’hui, simplement être une femme suffit à faire naître la haine chez certains hommes.
J’ai mal en dedans, et il n’y a aucun remède pour ça. Je dis « je t’aime » à chaque fxmme de ce monde
C'est vraiment bien écrit, intéressant, réflexif, traite de sujets comme l'aliénation parentale, #aggressionnondénoncée, la violence conjugale, du cyberharcèlement et de la masculinité d'une façon perçue de manière très personnelle.
<< (...) longtemps après que j’ai fouillé dans les cendres, je reste là, les mains noires, à goûter la petite neige qui commence, et ce n’est pas la fin du monde. >>
Élise Turcotte n’a pas réussi à m’entraîner dans sa danse : Je ne gardais jamais le compte. Son approche littéraire saccadée ne m’a pas rejoint. Malgré la prémisse — et tout compte fait, l’intrigue en général — fort prometteuse, la chorégraphie ne m’a guère plu. Ici, c’est définitivement la forme qui tue le récit. À mi-parcours, j’attendais déjà la fin. Dommage.
« Des gestes ont dû parfois être rassurants, faire le café, sortir les petites boîtes de jus du sac à dos, rafistoler la fenêtre par où entre la neige. On peut s’accrocher aux détails de la vie quotidienne, là où il n’y a pas de chien mort ni d’ombre d’ours; on peut se faire un nid dans l’angoisse, peu importe l’intensité de celle-ci. » Un roman suspense que tu peux difficilement lâcher (lu en 2 petits jours). Une belle découverte en la plume angoissante d’Élise Turcotte. Une retraite seule dans un chalet pour avancer un livre, de la neige en masse, une famille compliquée en trame de fond.
J’ai aimé comment l’intrigue s’est construite, et j’ai été sur le bout de ma chaise à plusieurs moments. On se révolte contre la violence insidieuse qui s’installe entre les personnages et on rêve de vengeance. J’ai bcp aimé la plume de l’autrice. Une bonne lecture de vacances (peut-être plus celles de Noël comme on se retrouve enveloppés par la neige dans ce récit!!)
À la fois thriller, drame familial et commentaire social, ce roman rassemble des sujets comme la montée de la droite radicale, le cyber-harcèlement, les mouvements masculinistes, la violence conjugale et la misogynie autour du thème métaphorique de la prédation.
C'est un huis-clos qui se veut anxiogène mais, pour ma part, je n'ai pas tellement ressenti la tension recherchée pendant ma lecture. L'écriture poétique, la trame narrative particulière et les commentaires politiques sont excellents, mais ne contribuent peut-être pas à créer une atmosphère inquiétante. Ça ne m'a pas empêché d'apprécier ma lecture, toutefois. C'est un roman bien pensé, qui aborde des sujets importants de façon ingénieuse.
Beaucoup intéressée par le sujet du livre, peu par la forme. On dit d'Élise Turcotte qu'elle écrit d'une manière poétique, saccadée, par touche. Elle nous donne plutôt à mon avis des bouts de pains, je dirais même des minuscules miettes. Très frustrant, quand on veut la miche! On sent à plusieurs reprises qu'on touche au vrai sujet, sans fantaisie, aux vrais actions, mais ça se détourne toujours. Pas pour moi, au final.
« Certains cessent de raconter, dit-elle, parce que les autres n’entendent pas. Ils ne comprennent pas? Ils n’ont jamais vraiment entendu. Sinon pourquoi faudrait-il toujours redire l’événement? Elle a raison. C’est pourquoi je patauge si souvent dans le vide, entre le silence et les mots. »
Très bien écrit. J’ai vraiment aimé cette lecture!
Élise Turcotte reprend dans ce roman un concept d'écriture que l'auteur Ana Burns a su exploiter avec plus de bonheur dans son livre Milkman - que j'avais sévèrement critiqué au moment de sa lecture - et qui consiste à nommer les personnages de façon générique (la mère, la soeur, le beau-frère, l'enfant). D'ailleurs, Ana Burns y ajoutait une touche d'humour qui manque peut-être au présent roman en ajoutant un qualificatif (the maybe boyfriend, the second brother in law, etc.). Ceci étant dit, là s'arrête les comparaisons, sinon que les deux livres sont construits autour d'un suspense où un prédateur est prétexte aux pires inquiétudes.
L'apparition du chevreuil est un court roman que l'auteur a conçu pendant la période des dénonciations de harcèlement sexuel qui a précédé celle du #me Too. L'oeuvre est construite autour d'une narratrice féministe qui doit fermer ses comptes sur les réseaux sociaux suite à des menaces de toutes sortes. L'intrigue est menée de façon éclatée par une écriture elliptique avec des retours en arrière incessants qui dévoilent le drame par petites touches, ce qui reste contribue à garder le lecteur en alerte constamment. À travers le développement de cette intrigue viennent se greffer des petites perles poétiques largement inspirées par la nature et les animaux. Par contre, les besoins triviaux de la narratrice et ses actions au présent - le "je" jusqu'à plus soif - donnent un ton moins convainquant au récit.
Écriture moderne en ce sens que les phrases ne contiennent pas toutes la combinaison sujet/verbe/complément; les personnages ne parlent pas nécessairement au moment où on peut s’y attendre, etc.
Ce qui s’annonçait comme une histoire tranquille, i.e. une autrice qui s’isole dans un chalet pour écrire, prend une toute autre tournure. On apprend qu’elle est là pour se protéger de messages haineux, de tentatives répétées d’harcèlement de la part d’hommes qu’elle ne connait pas vraiment.
En peu de temps, la source du harcèlement se précise. Ayant pris la défense de sa sœur soumise à un mari colérique, autoritaire, menaçant et convaincu de détenir la vérité, le beau-frère se manifeste. Il considère subir un affront de la part de cette femme, artiste inutile selon lui, et la traque jusque dans ses derniers retranchements avec la ferme intention de se venger.
L’auteur brosse le portrait d’un homme blessé, un homme qu’elle dit souffrir d’une « maladie invisible » (p. 137), qui le rend inapte à s’adapter.
La première moitié est d’une lourdeur.... j’ai dû faire des efforts pour finir ce livre.
On entre dans ce roman à l’ambiance grise, tissée par une multitude de phrases creuses et mélancoliques qu’on doit relire plus d’une fois pour en saisir l’essence. Le personnage de la narratrice n’a pas su attiser ni mon intérêt ni mon empathie avant les deux tiers du roman. La seconde moitié est plus convaincante et l’intrigue prend enfin son envol et un rythme intéressant, mais il m’a semblé que c’était trop peu trop tard. Les parallèles avec les animaux et son fameux rêve de Flamme m’ont semblé boiteux.
J’ai trouvé toutefois que l’autrice abordait un thème peu exploité dans les romans d’ici: la violence psychologique d’un conjoint tordu et ses ravages sur une famille. Certains passages font mal et ne laissent pas indifférent. Elle raconte quelque chose d’important et de pertinent même si le contenant ne m’a pas plu.
J’avais bien aimé et nettement préféré « Le bruit des choses vivantes » de la même autrice.
J'ai lu ce livre hier, et ce fut un choc! J'en suis encore toute retournée aujourd'hui.
Une écrivaine féministe se fait harceler sur internet en plein milieu du mouvement #AgressionNonDénoncée. La majorité de ses intimidateurs semblent appartenir à un groupuscule d'extrême-droit nommé "La souche". Incapable d'en supporter plus, et ne recevant aucun soutient de sa famille, elle décide de se couper du monde durant quelques semaines, dans un chalet isolé au milieu de nulle-part. Elle espère y écrire, sous les conseils de sa psychologue, le récit d'une violence ayant déchiré sa famille. Mais voilà : dès le deuxième jour, elle remarque une lumière dans le chalet voisin pourtant désaffecté. Quelqu'un l'aurait-il suivi jusque dans les bois?
Élise Turcotte, dont j'avais précédemment adoré le roman Pourquoi faire une maison avec ses morts, signe ici un thriller psychologique à la fois sociale et intimiste, percutant et fort, sur la notion de violence patriarcale. ❤
Mon baptême d'Élise Turcotte. Quelle grande écrivaine! Son écriture est précise, rigoureuse, ciselée - on sent la réflexion derrière chaque mot minutieusement utilisé. C'est avec une dextérité certaine qu'Élise Turcotte fait monter la tension entre les personnages à travers un récit qui ne correspond à aucune linéarité, multipliant les retours en arrière, brouillant les pistes, gardant les dialogues dans un flou parfois déroutant. Je ne suis pas certaine d'avoir trippé - quand le bien-être d'un enfant est en jeu, j'ai si peur d'avoir mal -, mais je viens assurément de tourner la dernière page d'une oeuvre remarquable.
L’apparition du Chevreuil est une œuvre qui nous parlent des mouvements très spécifique de notre âge mais aussi des problèmes anciens et universelles. En plaçant l’histoire dans le contexte de #aggressionnondénoncée et du cyberharcèlement l’autrice nous donne un sens de modernité a une histoire sans temps.
Le texte est écrit dans une style assez minimaliste et poétique qui se prête très bien à la scène hivernal et rigide. L’apparition du chevreuil avais des moments où je m’y sentais terrifier mais je n’y pouvais pas abandonner.
J’ai spontanément été conquise par le magnifique souffle d’écriture d’Élise Turcotte, tout en sensibilité et en justesse. Elle nous livre ici un court et dense roman particulièrement d’actualité, pertinent, nécessaire, que j’ai délibérément lu très lentement par désir d’en capter chaque mot et chaque sens au fil de toutes ces phrases fortes et puissantes. De très grandes qualités littéraires au cœur d’une sublime prose hivernale, où la dénonciation de la violence dirigée vers les femmes est constamment en filigrane.
Dans une ambiance onirique qui emprunte un petit quelque chose au roman gothique par son anticipation inquiétante, une écrivaine qui n'en peut plus du harcèlement sur les réseaux sociaux qui est devenu de plus en plus personnel, va se réfugier dans le bois pour écrire. Un roman qui dénonce les masculinistes et la violence envers les femmes. Un sujet malheureusement encore trop d'actualité alors que le livre date de quelques années. Je n'ai pas trop compris le bout du chevreuil (était-ce une métaphore ?) mais ça n'empêche pas de comprendre tout le reste.
Un roman percutant, qui aborde des sujets qui sont malheureusement toujours (très) d'actualité, et rendu à l'aide d'une plume parfaitement maîtrisée. J'ai pris une vingtaine de pages à m'habituer au style d'Élise Turcotte, mais une fois entrée dans le récit, je ne pouvais plus en sortir. Malgré la difficulté du propos, je ressentais le besoin profond de savoir comment tout allait se résoudre dans ce livre qui rassemblait habilement des éléments du thriller, du drame et de la critique sociale.
Je ne suis pas capable de statuer sur un nombre d’étoiles. Même s’il y a plusieurs passages desquels je n’ai pas saisi le sens, plusieurs autres me sont apparus très puissants. Autant je fus captivée par l’intrigue, autant je fus dérangée par la forme. Sûrement qu’en le relisant je serai à même de mieux comprendre les bouts qui m’ont échappé, mais ce ne sera pas pour demain. J’ai besoin de le digérer.
Une réflexion sur la condition féminine, les médias sociaux et l'isolement vécu par certaines femmes qui ne trouvent pas de ressources pour se sortir de leur condition. La prose est très saccadée, mais prenante. Le côté du stalker /rôdeur près du chalet vient cassé le côté contemplatif et réflectif. Le livre est à la fois trop court pour bien développer cette intrigue et trop long pour un essai sur la condition féminine au XXIe siècle de manière naturaliste. Une belle découverte tout de même.