« Il avait fallu moins d'un siècle à l'Instance pour monopoliser l'argent, l'énergie, les communications et les transports à la surface du monde. En quarante minutes, elle s'était approprié tout ce qui lui manquait encore : la terre, les hommes. Quarante minutes pour faire du monde une propriété privée. »
« Réunis ici, enfin en un seul bloc, les novellas Nulle part à Liverion et Wonderland suivis des trois tomes du F.A.U.S.T., multi-primés et multi-salués, sont une œuvre majeure de la science-fiction française. » ALAIN DAMASIO
2095, New York. Dans les plus hautes sphères du pouvoir, le contrôle du monde est en marche. Les Puissances, qui régnent sur l'économie mondiale, déploient leurs forces. De l'autre côté de l'Atlantique, un groupe de scientifiques, d'intellectuels, de diplomates et d'espions prépare la résistance. Ils n'ont pas de nom, pas d'argent, pas de statut. Mais leur détermination est digne des utopistes de la Renaissance...
C'est avec le cycle de F.A.U.S.T., publié en 1996-97, Prix Rosny Aîné et Grand Prix de l'Imaginaire, que Serge Lehman est devenu l'une des grandes figures de la science-fiction française. Romancier, nouvelliste et critique, il est aussi scénariste pour le cinéma (Immortel d'Enki Bilal) et la bande dessinée (La Brigade chimérique à l'Atalante, L'Homme gribouillé chez Delcourt).
Monde effrayant et tellement visionnaire. Pas terminé (trop démoralisant). Remarquable. Comprend: Nulle part à Liverion, Wonderland, F.A.U.S.T., Les Défenseurs, Tonnerre lointain.
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FAUST est la meilleure mauvaise série que j'ai lu.
C'est bien écrit — c'est Serge Lehman après tout. L'univers est incroyable.
Si ça avait été bon, ça aurait pu devenir le pilier de ce qu'aurait été du cyberpunk européen. À l'opposé d'un cyberpunk Anglo-Saxon défaitiste et individualiste : un cyberpunk où l'État existe toujours, et où la technocratie, avec tous les défauts qu'on lui connaît, est le dernier rempart mal foutu face au corporatisme transnational.
C'est bourré d'idées brillantes, d'intrigues juridiques, de torture psychologique originale.
il y a aussi une palette de personnages passionnants, mystérieux, que l'on a envie de suivre, de découvrir, de voir se développer.
Mais...
Mais voilà, il y a CE personnage, qui devient trop rapidement le protagoniste. Qui n'a jamais tort. Qui ne perd jamais. Qui est le plus beau, le plus fort, le plus intelligent. Il est complètement inintéressant et au fil de la saga, Lehman n'en a plus que pour lui. Il est même —soupir — l'unique personnage du dernier roman.
Les intrigues et arcs narratifs de ce personnage sont aussi sans intérêt. Il se passe pourtant un millier de trucs alentour que l'on aimerait savoir, des fils que l'on voudrait suivre. Des intrigues de grandes ampleurs que l'histoire nous fait miroiter.
Lehman est le champion, à mon avis, de la synthèse entre la littérature américaine et européenne. Ayant lu beaucoup de ses trucs plus récent, je crois comprendre ce qu'il essayait de faire — et qu'il réussira des années plus tard. Mais en faisant ici du protagoniste cet espèce de superhéro à l'américaine, au milieu d'intrigue typiquement américaine, il s'est planté.
(Étrangement, j'en recommande quand même la lecture. Le potentiel non développé est assez bon pour en valoir la peine.)
Frustrant. C’est le terme qui vient en tête à la lecture de cette intégrale. Pourtant, les points forts ne manquent pas. En premier lieu, l’univers : une Europe cyberpunk qui donne un bon souffle d’air frais au genre. Ensuite, l’histoire : l’auteur a un vrai talent pour rendre haletante une intrigue juridique complexe. Les personnages secondaires sont superbes. Et la plume est très agréable, efficace, sans rien de ronflant, avec de temps en temps un trait d’humour bien trouvé.
Alors? Eh bien, au lieu de miser sur ses forces, l’auteur s’acharne à creuser au mauvais endroit. Et c’est frustrant de voir une intrigue aussi riche et complexe coupée sans cesse par d’inutiles scènes d’action provoquées par un personnage inintéressant. C’est frustrant de voir autant de personnages prometteurs et d’être obligé de suivre à leur place le fadissime Chan Coray. Désolée, mais , on a vu ça mille fois, et le traitement n’a même pas l’avantage d’être original ici.
À mesure que le cycle avance, on sent que l’auteur s’est embourbé dans son univers et dans l’intrigue qu’il cherchait à mettre en place. C’est peut-être pour cette raison que la saga est restée inachevée. Dommage, le potentiel était immense. On a l’impression d’être passé à côté de quelque chose de génial, brièvement entraperçu tout au long de la lecture mais jamais réellement exploité.