Gabriel Katz... On ne le présente plus en fantasy et pourtant, je n’avais encore jamais rien lu de lui. C’est une erreur qui est désormais réparée avec Le serment de l’orage, paru en 2019 chez Bragelonne, dans sa nouvelle collection Big Bang dédiée aux jeunes adultes. J’avoue, je ne m’attendais pas à quelque chose d’aussi classique, tant dans l’intrigue que dans les personnages. J’avais tellement entendu parler de cet auteur, en bien évidemment, que j’espérais beaucoup. Un peu trop peut-être…
On suit les pas de deux jeunes chevaliers, Morgien et Cynon, deux amis d’enfance. Manquant d’argent tout autant que d’expérience, ils acceptent de bon gré la proposition du seigneur de Hollow Grave de l’accompagner sur ses terres pour prendre possession de son domaine. Seulement une fois sur place, la désillusion est rude : le château n’est qu’une ruine battue par les vents et la chapelle est barricadée. Une curieuse atmosphère règne sur les lieux, comme si une force maléfique était à l’œuvre. Surviennent alors les premiers accidents mortels et la peur s’installe.
Bon, on est dans la fantasy médiévale tout ce qu’il y a de plus classique, avec seigneurs, chevaliers, code de l’honneur et quête initiatique. L’auteur essaie de tirer son épingle du jeu en y mêlant une petite dose de fantastique angoissant : cavaliers fantomatiques, épées à lames noires, lugubre malédiction et guerre imminente. Ça aurait pu fonctionner mais ce premier livre est clairement un tome d’exposition et dans l’ensemble, on se retrouve avec assez peu de cartes en main. Les personnages manquent de profondeur, en particulier les deux héros, et ne suscitent ni grande empathie ni grand intérêt. Je n’évoquerai même pas le traitement réservé aux femmes qui ne semblent être bonnes qu’à râler dans la boue ou se faire violenter. Bref !
Alors oui, c’est un roman accessible à tous, y compris aux débutants. Seulement les amateurs auront, je pense, un peu de mal à y trouver leur compte tant tout cela manque d’originalité et de pep’s. L’intrigue est prévisible au possible, les personnages se contentant de faire précisément ce que l’on s’attend qu���ils fassent. Aucune surprise ! Je m’attendais à tout autre chose, à une tout autre dimension, surtout d’un auteur dont j’avais entendu tellement de bien.
Au final, ça se lit tout seul, aucune difficulté, mais je n’arrive pas à me défaire de l’impression que ce premier tome n’est qu’un immense prologue et malheureusement, je ne suis pas sûre d’avoir envie de lire la suite.