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Le Cosmopolite Ou Le Citoyen Du Monde Par Mr. De Monbron ...

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172 pages, Hardcover

First published June 14, 2010

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Displaying 1 - 6 of 6 reviews
Profile Image for Yann.
1,413 reviews394 followers
May 27, 2014
La lecture des classiques est toujours enrichissante, mais il peut parfois être intéressant de se risquer sur du bizarre. C’est le cas avec le Cosmopolite de Charles Louis-Charles Fougeret de Monbron(1706-1760), un noble français issu d’une famille enrichie par le commerce, devenu mauvais sujet, misanthrope et libertin. Athènes a eu Timon, dont Lucien et Plutarque ont fait de truculents portraits, et Shakespeare une pièce. Elle a eu Diogène le cynique, célèbre par mille traits rapportés par les anciens. Lucien a envoyé son Ménippe aux Enfers. Paris a eu un Fougeret de Monbron. Comme l’Alceste du Misanthrope de Molière, il tient sa détestation du genre humain par le spectacle continuel de l’hypocrisie, sauf qu’au rebours du vertueux héros de la pièce classique, notre homme donne dans le sarcasme, la turpitude, la débauche et l’anticonformisme par défi, justifiant ses écarts par la conviction que l’humanité n’est que vice et égoïsme, et qu’il ne diffère des autres que par une conduite franche et ouvertement outrancière.

Sa figure ne lui ayant pas donné l’heur de trouver grâce auprès du beau sexe, il trouve son bonheur auprès des courtisanes et des tendrons, dans des relations tarifées dont la simplicité et la franchise brutale s’accordent avec son caractère sauvage et son insatiable concupiscence. Les quelques ouvrages licencieux dont il fut l’auteur lui valurent une grande fame, ainsi que des ennuis avec la police, ce qui le fit courir sur les routes d’Europe. Voici comment Diderot peint sa rencontre avec l’homme à l’Opéra, tandis qu’il est transporté par une musique magnifique : « Dans le transport de mon ivresse, je saisis mon voisin Monbron par le bras, et lui dis:" Convenez, monsieur, que cela est beau." L'homme au teint jaune, aux sourcils noirs et touffus, à l'œil féroce et couvert, me répond:" Je ne sens pas cela. - Vous ne sentez pas cela? - Non; j'ai le cœur velu..." Je frissonne; je m'éloigne du tigre à deux pieds. »

Dans ce petit essai, paru en 1750, Fougeret de Monbron, décrit ses voyages en Europe et en Asie, après avoir pris goût pour l’Angleterre, seule nation à trouver grâce à ses yeux car il y retrouve ce caractère et cette liberté de ton audacieuse, parfois acerbe qui lui convient, et qui tranche avec l’enjôleuse honnêteté française, pleine de caresses, de simagrées et de fausseté qu’il déteste au plus haut point. Madame de Genlis appellera « parler anglais » cette façon libre, brutale et ironique d’aborder tous les sujets. Pour ouvrir une nouvelle carrière à sa misanthropie, il part donc en Turquie, en Italie, en Espagne, au Portugal, en Allemagne, revient en Angleterre, daube sur tout, se moque des récits de voyageurs, écorne tous les mythes, fait cent frasques, et ne respecte rien. La capitale ottomane ? A part Sainte Sophie, rien qui vaille. Les sérails vantés par les anglaises ? De vilaines maisons de plâtre et de bois. Rome ? Un repère de vice et stupre. Le Berlin de Frédéric ? Il taille en pièces le marquis d’Argens. Tout ce qui peut choquer, il le fait, et s’en vante effrontément : mépriser la religion, tourner en ridicule les prêtres, séduire les nonnes avec des bondieuseries, fréquenter les catins de toutes la terre et ramasser des maladies, échanger des mains en campagne avec ses voisines de voyages, rien n’échappe ni à sa rage sarcastique, ni à ses appétits vénériens, ni à son penchant pour les traits acerbes. Il ne s'épargne pas lui-même, se montrant souvent dans un état fort peu avantageux. Son caractère trempé et entier le rend intéressant auprès de courtisanes qui recherchent le piquant de sa compagnie, le préférant à leurs dupes ordinaires, quoiqu’il ne les épargne guère. Il m’est revenu à l'esprit une infinité d’aventures du chevalier de Seingalt.

Fougeret de Monbron est évidemment ambiguë, car sa recherche du scandale, ce mépris évident pour sa propre réputation, cette verve acide et sarcastique qui le caractérise, tout en le montrant sous un jour franchement désagréable, lui permettent de sortir des audaces parfois pleines de bon sens, de vérité et même d’humanité. Il ventile les préjugés et les idées reçues qui ne pourraient l’être s’il s’en tenait à respecter les convenances, quoique sa conduite ennemie de toute police jure avec la sagesse de ses paroles. Mais je suis d’accord avec ce mot du baron d’Holbach qui note dans son Essai Sur Les Préjugés que « L'homme le plus pervers peut avoir de grands talents, il peut avoir médité la politique, approfondi la Nature, étudié le cœur humain ; il peut avoir acquis des idées vraies de la morale et s'être enrichi plus que celui plus simple et plus vertueux mais moins pénétrant. La vérité, déjà si rare, le serait encore plus si les hommes ne voulaient l'admettre que d'êtres parfaits. Le philosophe n'est pas un Dieu. » Car il ne faudrait pas oublier que les plus mignons, les plus proprets et les plus lisses peuvent aussi masquer de vrais scélérats.

Et de fait, ce livre a connu un certain succès au point que Voltaire s’en inspirera dix ans plus tard pour écrire son Candide. Le livre sera aussi remarqué en Angleterre, par Byron, et d’autres. C’est un livre intéressant, tour à tour choquant, touchant, drôle, et profond, qui présente un type emblématique de la comédie humaine, et permet de mieux appréhender cet étonnant et fascinant siècle des Lumières.
Profile Image for Steve.
442 reviews593 followers
Read
July 23, 2016
Monsieur Fougeret de Monbron était un homme malheureux, et son mépris pour presque tout et tous m'était, en fin de compte, fatiguant. En fait, il y a des passages dans ce livre qui me rappelent des textes de sociopathes. Bon, j'exagère un peu, mais pas trop... Par moments ce texte curieux présage les textes confessionnaux abjects de certains écrivains de nos temps. Je n'ai aucune idée si ce livre est tout à fait singulier dans le corpus des écrits du dix-huitième siècle, mais je m'en doute.(*)

Pour le reste, je vous renvoie à la discussion beaucoup plus approfondie de mon trés bon ami de Web, Yann:

https://www.goodreads.com/review/show...


(*) Je me suis forcé à lire deux textes du maudit Marquis de Sade il y a quinze ans, mais ils étaient tellement irréals - des jeux d'enfant mauvais, des fantaisies malsaines d'un obsessif. Ici, dans Le Cosmopolite, on a l'impression qu'on voit bien l'homme lui-même.

9 reviews
January 22, 2026
Este libro es una de esas curiosidades que uno descubre esencialmente por dos razones: interés particular por una época o tema, o el mero azar. En mi caso se trata principalmente de lo primero, pues la literatura francesa del siglo XVIII es uno de mis ámbitos preferidos, pero no puedo pasar por alto también la oportuna aparición en nuestro idioma de una obra que de otro modo quedaría como curiosidad para especialistas.

Generalmente considerando entre las figuras de segunda línea (e incluso menos) en la literatura francesa del siglo XVIII, sería un error encasillar la obra de Monbron como mera curiosidad de su tiempo, sin interés para el lector actual. Ante todo, tenemos aquí una simpática, pero también sumamente cáustica y a la vez excepcional mezcla entre dos géneros de amplia popularidad en la época: el libro de viajes y la novela libertina.

El primer aspecto, reforzado por el propio título, no se limita a la simple crónica o descripción de los lugares visitados; el registro de impresiones sobre la sociedad y costumbres de los países ajenos no eran vistos como simple curiosidad, sino como medio de crítica social de las costumbres propias. Sometidas éstas a una suerte de "relativismo racionalista", el autor propone un cuestionamiento activo de los prejuicios de la época, propios y ajenos, resaltando, en el clásico espíritu ilustrado, los puntos en común de una humanidad casi siempre extraviada en la exaltación de particularidades sin otro origen que la mera costumbre.

Por otra parte, el marcado parentesco de la obra con la novela libertina, otro popular medio de crítica de la época (de sobra conocido por sus representaciones disolutas de la vida íntima de la nobleza y el clero), viene poco menos que de la propia trayectoria del autor. En efecto, entre el resto de su breve obra literaria, se recuerdan sobre todo dos piezas en esta línea ("El canapé color fuego" y "Margot la Remendona"), de estilo y temática no lejanos a los de un Laclos y sus "Amistades peligrosas" o un Prévost con "Manon Lescaut", y que sin llegar a la fama o maestría de ellos, al menos sirvieron para dejar a la posteridad un juicio aprobatorio —aunque algo indulgente— por parte de Denis Diderot, de quien por otra parte nos queda también el testimonio más conocido sobre el carácter amargo atribuido a Monbron, hecho mencionado oportunamente en el informativo epílogo que cierra la edición española de Laetoli.

Tenemos, en suma, una obra entretenida y algo pícara, que mereció incluso una mejor valoración del mismísimo lord Byron, y si yo le doy 4 de 5 estrellas no es por ir en contra de tan célebre opinión, sino simplemente porque, con su brevedad, puede decirse que a uno "le supo a poco", quedando con ganas de algunas páginas adicionales. Queda, en todo caso, como una invitación casi intemporal a un siempre necesario examen de nuestras propias costumbres, con máximas tan válidas hoy como entonces como la que abre la obra: "el mundo es una especie de libro del que sólo ha leído la primera página quien no conoce más que su país" 😌

Algo más puede agregarse sobre la fortuna de Monbron en español: sus dos novelitas más célebres se incluyen en el excelente volumen titulado "Cuentos y relatos libertinos", publicado por Siruela al cuidado de Mauro Armiño. "Margot la Remendona", por su parte, apareció hace años en la colección de literatura erótica "La sonrisa vertical", si bien esa edición es hoy bastante difícil de hallar.
Profile Image for Eduardo Gavín.
102 reviews5 followers
March 27, 2019
Se dice cosmopolita y no es más que un paleto viajando sin enterarse de nada. Habla mal de los del.sur y se masturba deseando ser inglés. Decía Ambrose Bierce, ese sí un verdadero misántropo, que un americano en el extranjero se sentía un miserable y un francés en el extranjero hacia miserables a los demás. No es más que eso, un francés que cree ser más gracioso y elegante de lo que suelen serlo.
Profile Image for Litterae Dependens.
153 reviews10 followers
April 26, 2023
Pensé que nunca conocería a nadie más ácido y corrosivo que Cristóbal del Hoyo, pero Fougeret me ha sorprendido.
Pocas personas han odiado tanto o más al ser humano como este escritor. Su ironía, muy fina y agresiva, sumada al desprecio hacia la raza humana, hacen de Fougeret de Monbron uno de los mayores descubrimientos de mi corpus literario. Es una delicia ver lo desagradable que puede ser.
Profile Image for Etienne Mahieux.
553 reviews
September 14, 2023
De nos jours ceux qui se disent "citoyens du monde" en tirent généralement gloire. L'expression sous-entend une bienveillance et une ouverture d'esprit qui permettent de se sentir bien même transporté hors de sa culture d'origine, et d'observer la marche des temps en se mettant à la place des autres, en ne réfléchissant pas uniquement dans l'optique des intérêts de sa nation.
Quand Fougeret de Monbron publie cet ouvrage en 1750, le titre ressemble plutôt à une provocation cynique. Il s'agit en somme d'un récit des nombreux voyages de l'auteur, qui nous emmène avec lui à Constantinople, dans de nombreuses régions différentes d'Italie, en Prusse, dans la péninsule ibérique et en Angleterre... en à peine plus de cent pages ! C'est qu'il a décidé de ne rien avoir à faire avec ces récits de voyage qui abondent en détails superflus et donnent l'impression de tous se recopier. Monbron, lui, ne jugera que de ce qui est de sa compétence, et ne parlera que de ce qui l'intéresse. De là à conclure qu'il en faut beaucoup pour l'intéresser, il n'y a qu'un pas, qu'il nous invite lui-même à franchir. Et s'il se dit citoyen du monde, c'est bien parce que les différents pays traversés lui semblent tout aussi peu intéressants les uns que les autres (la fin du récit accélère même pour accentuer cette impression d'indifférence) et que les humains, par toutes les latitudes, lui paraissent massivement être des fripons impossibles à racheter. Chose intéressante : il rapporte les prémices de "L'Uniformisation du monde" déplorée par Zweig dans l'opuscule que j'ai lu juste avant. On comprend qu'un tel livre ne puisse que décevoir ceux qui, attirés par le titre et par le fait qu'il s'agisse d'un ouvrage des Lumières, s'attendent à quelque exhortation idéaliste et enthousiasmante.
Une anecdote rapportée par Diderot, et rappelée par la préfacière, présente Monbron comme un homme au "coeur velu", selon sa propre expression, incapable de sensibilité ; or elle rentre presque littéralement en contradiction avec sa prise de position anticipée dans la "Querelle des bouffons" opposant les partisans des musiques d'opéra française et italienne. Dès lors, à moins que Diderot ne se soit mépris ou ne nous méprenne, il est permis de se demander si la misanthropie de Monbron n'est pas en partie jouée, s'il ne se donne pas un personnage d'Alceste ou de Timon pour mieux assaisonner ses charges au canon contre la nature humaine et un bon nombre d'aspects de la culture européenne, au premier rang desquels la religion catholique - ou peut-être, sans dessein rhétorique, feint-il d'être (plus ou moins) insensible pour masquer et protéger une sensibilité blessée. Il fait penser, quelques années avant la lettre, au Pococurante de "Candide", dans lequel on voit souvent un autoportrait de Voltaire, mais qui, s'il a de meilleures manières que Monbron, dont le style se fait volontiers canaille et familier, partage son regard blasé.
"Le Cosmopolite" offre donc un assemblage, monté à grands coups d'accélérateur (l'auteur n'ayant aucune bonne fortune vénitienne à rapporter se moque du caractère vantard de ses compatriotes, et nous annonce qu'il passe en Toscane pour couper court à ce sujet embarrassant !), de vacheries bien senties, systématiquement anticléricales mais qui arrosent large ; et pour commencer Monbron assaisonne comme il faut les Français et sa propre personne, pour saborder toute position de hauteur dédaigneuse qu'il pourrait se donner. Ce faisant, s'il propose quelques points de vue curieux et extravagants, il rencontre souvent les idées de ses contemporains philosophes, qu'il expose sans filtre ni gaze, avec une modernité qui m'oblige à croire à la datation (1750) de ce texte qu'on croirait volontiers postérieur de quelques lustres - à moins qu'il n'ait fait l'objet de retouches que la préfacière ne signale pas. La conclusion toutefois retrouve la tradition stoïcienne : c'est presque une réécriture d'un des beaux passages de la "Consolation à Helvia" de Sénèque. C'est curieux, drôle (si l'on n'est pas papimane) et revigorant.
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