Paul Bénichou examine dans ce livre les rapports qui ont uni, au cours du «grand siècle», les conditions sociales de la vie et ses conditions morales. Corneille, le jansénisme, Racine et Molière se trouvent au cœur de cette étude. L'auteur, tout en reconnaissant dans le XVIIe siècle le dernier champ de bataille entre la féodalité et 1e monde moderne, précise et développe cette vue en analysant toute la complexité des doctrines qui s'affrontent à cette époque.
J aurais ete tellement heureuse dans ma vie si j avais ete un clerc janséniste du 17e siècle par exemple pierre nicole malgre le fait qu ils etaient persécutés ce qui est un peu moins bien
Conflit des morales dans ce creuset formidable qu'est la cour du roi soleil. Une réinterprétation de Corneille, de Racine et de Molière qui a fait date, notamment concernant la "démolition du héros", chapitre où l'on a certes montré que Bénichou avait complètement tort, mais qui n'en donne pas moins matière à réflexion!
Je voulais lire ce livre depuis longtemps mais je n’ai jamais trouvé le temps pendant mes études littéraires. C’est aujourd’hui chose faite et effectivement, cet essai est absolument indispensable à la critique dix-septièmiste. La lecture a été assez longue et ardue car le livre fait 300 pages et les idées sont complexes mais je n’ai aucunement eu l’impression d’un intellectuel utilisant un jargon inutile au lieu de s’exprimer normalement mais plutôt celle d’une grande richesse et nuance de pensée que je réexplorerai avec plaisir dans le futur quand j’aurai à réfléchir sur la littérature du dix-septième siècle. Un petit regret personnel cependant : le livre ne mentionne pratiquement pas Mme de Lafayette et La Princesse de Clèves _ j’avais commencé la lecture dans l’espérance de compléter mes connaissances à son sujet _ bien qu’il parle assez longuement des Précieuses et que les analyses d’autres auteurs puissent aussi s’appliquer à elle, mais je comprends bien qu’on ne peut pas tout dire et le livre est déjà très riche.