Biographie: Gisèle d’Estoc, Henriette Maillat, Berthe de Courriere, Minna Schrader, Madeleine Deslandes and Genevieve Lantelme.
Elles se prénomment Berthe, Henriette, Madeleine ou Geneviève, et on les disaient excessives. Des salons cossus aux assommoirs de la Butte, ces sept femmes ont jeté leur exubérance à la face du monde, elles ont déchiré le papier avec leur plume passionnée, fait du beau leur pain quotidien et du caprice un art, et envoyé valser l'ordre établi. Elles ont posé des bombes, tailladé des fourrures, organisé des messes noires et semé les conquêtes. Tantôt misérables, tantôt incroyables, ces femmes ont tutoyé les sommets et oscillé avec panache - et un peu de nihilisme - entre grandeur et décadence, en partageant une même soif de devenir, une volupté du trop, un mépris du qu'en dira-t-on. En s'élevant contre une époque corsetée qui les maintenaient dans une incapacité, ces amazones ont été bien plus que des divas ou des excentriques, elles ont été de véritables pionnières de la libération des femmes. Elles l'ont simplement fait différemment, en peignant, en écrivant, en jouant et parfois juste en étant, et surtout en se permettant de voler aux hommes le feu sacré, celui de la création bien sûr, mais aussi celui de la liberté d'être. Voilà pourquoi, pour leurs excès, toutes ont été jugées. L'histoire a jugé leurs histoires anecdotiques, et ainsi, muses ou crampons, elles restent aujourd'hui prisonnières des notes de bas de pages des biographies de leurs illustres amants. Il est grand temps aujourd'hui de remettre en lumière les destins flamboyants de ces grandes funambules du réel qui, par leurs outrages, ont ouvert la voie aux héroïnes de notre temps. Il s'agira de : Geneviève Lantelme, comédienne tapageuse et colérique, connue pour ses frasques et sa mort digne d'un roman policier ; Henriette Maillat, infatigable épistolière, muse et compagne d'écrivains célèbres, grande passionnée, de loin la plus touchante ; Berthe de Courrière, lié à Henriette Maillat car elles ont toutes deux inspiré le même personnage d'un livre de Huysmans, sataniste, femme émancipée, éminence grise, aussi too much que brillante. Parfaite figure de la sorcière ; Madeleine Deslandes, auteure à succès, dandy au féminin, qui a vécu sa vie entière comme une oeuvre d'art, avec tout ce que cela a d'extrême ; Minna Schrader, femme de lettres et modèle d'artiste qui fut le paroxysme de la vie de Bohème, mais aussi anarchiste, avant comme Camille Claudel de passer ses trente dernières années en asile ; Gisèle d'Estoc, féministe, journaliste et sculptrice, adepte du travestissement, duelliste et grand amour de Maupassant. La plus rebelle.
Des portraits fantastiques si un peu déprimants, faute de trop peu de changement dans la société de nos jours. J’ai particulièrement aimé les chapitres sur Geneviève Lantelme, Minna Schrader et Gisèle d’Estoc.
Un livre m’a suivie pendant plusieurs jours et toute cette nuit ! Excessives! raconte la vie de 6 femmes que l’histoire n’a pas retenues... ou plus justement que la misogynie de la société a occulté. Elles m’ont fait sourire, pleurer et il faut l’avouer, transportée d’imagination. La plume de l’autrice est unique, j’ai vraiment eu l’impression qu’elle était en face pour m’expliquer en toute décontraction les règles étouffantes de l’époque. À lire parce que ces vies sont exceptionnelles et méritent d’être sorties de l’ombre, et aussi parce qu’on est en 2020 et que les ombres misogynes de ce temps planent toujours sur nous... Je comprends mieux l’origine de certaines remarques, certains commentaires que l’on donne pour dire taire les femmes et les discréditer. J’insiste sur ce livre parce que pendant le confinement, dur pour moi de me concentrer sur la lecture, ou plutôt j’ai du mal à y rester. Celui-ci, plus structuré, m’a permis de bien m’accrocher et m’évader.
Belle lecture sur six portraits de femmes « oubliées » de la fin du XIXe. Des femmes hautes en couleur, refusants de rentrer dans le moule préconçu pour elles à l’époque. Des femmes pleines de talents ... et d’excès ? L’autrice a un style pétillant bien à elle que j’ai particulièrement apprécié! Et puis il fait toujours bon de lire une femme écrire sur les femmes.
Premier livre de Louise Ebel : Quelle écriture ! On vit sous la plume de l’autrice que l’on sent passionnée par ces femmes oubliées et excessives. J’ai découvert des femmes incroyables que je ne connaissais pas (mention ❤️ pour Madeleine Deslandes, Berthes de Courrière et Gisèle d’Estoc !).
Au travers du destin incroyable de 6 femmes du XIXe siècle, Louise Ebel nous dévoile les dessous de la vie de femmes hors du commun à une époque où les femmes n'avaient pas autant de libertés qu'aujourd'hui. Passionnant!