J'ai retrouvé une fiche de lecture que j'avais faite en prépa, la voici :
La mondialisation a réduit les inégalités entre certains pays, par des phénomènes de rattrapage, mais a creusé celles au sein des pays. Pour éviter un trop grand accroissement des inégalités il faut nécessairement, et le plus rapidement possible, opérer une «mondialisation de la redistribution».
A partir des années 1980 on observe un retournement de tendance à l'évolution des inégalités entre les nations, elles se réduisent. Le développement rapide des pays émergents contribue à diminuer l'inégalité des niveaux de vie entre les habitants de la planète, c’est un phénomène de rattrapage. Cependant les écarts restent encore très importants, vers les années 1990, l'écart entre les 10% les plus riches au monde et les 10% les plus pauvres était supérieur à 100, il est de 90 en 2012. Par comparaison, dans un pays très inégalitaire comme le Brésil l'écart n'est «que» de 40.
On observe même une hausse des inégalités à l'intérieur des pays, notamment des pays développés. Aux États-Unis, en 2008, l'inégalité des revenus est aussi importante qu'au début du 20e siècle. Plus généralement, dans les trois quarts des pays de l'OCDE, la part des 20% les plus riches en termes de revenu disponibles, a augmenté d'au moins 2% du revenu total. Cette hausse est due notamment à l'augmentation du rendement du capital physique, financier et humain, au progrès technique, à un phénomène de «star system» et à la dérégulation des marchés, et donc à la mondialisation. Cela a donc des conséquences sur le chômage et l'exclusion sociale mais la mise ne place de mesures protectionnistes n'est pas une solution pertinente. Il s'agit plutôt d'essayer de combiner efficacité et équité.
En effet, une politique protectionniste efficace contre les pays émergents devrait être multilatérale, devrait concerner tous les partenaires commerciaux du pays souhaitant appliquer cette mesure, or cela semble inapplicable. De plus, les produits importés venant des puissances émergentes sont biens de consommation de masse, une augmentation de leur prix pourrait finalement rendre nul ou négatif le gain de cette politique. Par ailleurs, avec la mondialisation, la création d'un seul produit, par exemple l'Iphone, ne concerne plus un unique pays, compliquant encore l'application de ce type de mesures. François Bourguignon met en évidence que la réduction des inégalités entre les habitants du monde dépendra de la croissance des pays les plus pauvres, il dit ainsi « Il s’agit maintenant, ni plus ni moins, de faire «émerger » les pays pauvres d’Afrique subsaharienne et d’Asie centrale ». L'auteur considère qu'une solution pourrait résider dans une véritable redistribution internationale, il souligne que les pays riches consacrent environ 0,35% de leur revenu national à l'aide au développement des pays pauvres, alors que dans le système français 15% du revenu total des 20% les plus riches est redistribué au reste de la population, ce qui est 45 fois plus, montrant l'impact dérisoire qu'à actuellement l'action internationale. Les inégalités pourraient également être réduites par la fiscalité ou des politiques éducatives.